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Tome premier.
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i] 2 DU BRUIT

poßint avec raison que cette promptitude fait faire ä l’air le meine es-set qu’il seroit s’il etoit un corps solide. Mais il me semble que lebesoin, que l’air a de devenir comme solide pour recevoir le coup ducorps qui lui doit faire faire du bruit, se rencontre avec autant de ne-ceffite dans- toute forte d’autre bruit, oü cette meme solidste doit etre

fuppofee , pour faire que l’impulsion caufee par le choc de deux corpssolides puisse avoir fon esset jufqu’ä l’oreille.

Pour expliquer le fecond Phenomene , je dis que cette vitesse, queje fuppose dans l’agitation particuliere qui est caufe du bruit, fait qu’el-le 'n’elt point empechee par les autres agitations de l’air, parce queleur mouvement est fans comparaifon plus lent : en forte que la vitefibruit n’est fe du mouvement que l’air a dans le vent n’etant prefque rien en com-paraifon de celle qu’il a lorfqu’il est agite par les causes du bruit, cepar les au-mouvement du vent n’ajoute rien a celui qui fait le bruit 8c ne dimi-tres agita- nue rien qui foit sensible , si ce n’est qu’une tres longue distance rcn*tions, par-de considerable ce qui dans le vent ne Pest de foi que tres peu.ce qu e es lroisieme Pbenomene est, que chacjue agitation qui fait fon

II.

L’agita-tion del’air quicaufe le

fönt troplentes.

III.Chaqueagitationest com-pofee deplusieursautres, acaufe desa promp-titude quiproduitdes refle-xions con-jointes.

bruit particulier est composee d’une infinite de differentes agitations,qui naissent de la premiere, 8c qui jointes 8c confondues toutes en-femble compofent un feul bruit. Je dis que cela arrive , parce quecette promptitude si foudaine de l’agitation de l’air lui.donne une tei-le force , qu’elle est caufe que s’etendant comme eile fait de tous lescotez eile frappe non feulement l’oreille , mais meme tous les autrescorps; 8c la promptitude ayant dans la percusiion une force incroya-ble, il est aise de comprendre qu’il fe fait une reflexion, que j’appelleconjointe , qui caufe dans l’air la reproduction d’une infinite d 'au-tres agitations, qui compofent le bruit, 8c qui fönt que la meme col-lision de deux corps excite des bruits differens , felon que la naturedes corps voisins, qui fönt cette reflexion conjointe , est differente.C’est pour cela que les lieux fönt appellez fourds ou reformans 8c re-tentiflans, par la differente difposition des corps voisins, qui fönt re-flechir diversement l’air agite par la premiere collision 8c pouffe con-rtre leurs furfaces.

I. Expe- Pour faire connoitre quellfe eff la puiffänce de la promptitude qu’ifpou| C< faire ^ aut ^??ofer dans l’agitation caufee par le choc des corps qui fönt duconnoitre bruit , il y a une Experience qui me semble asses particuliere 8c afsesla force de convaincante, qui eff de frapper deux cailloux ou deux morceaux de ferlim contre l’autre , etant plongez darts un vaisseau plein d’eau : carle bruit, , on remarque que leur choc rend dans l’eau un fön tout-ä-fait differentde celui qu’ils fönt entendre lorsqu’ils fe choquent dans l’air , 8c quece fon est celui non du fer ou du caillou, mais de ia matiere dont levaisseau est fast: en forte que s’il est d’argent , le fon est pareil ä ce-lui qui fe seroit si l’on frappoit le vaisseau d’argent avec le caillou; 8Cs’il est de bois-ou -deterre , il rend le meme fon que si l’on frappoit le

yaif-