Band 
Tome premier.
Seite
184
JPEG-Download
 

184 DU BRUIT

de quelques Experiences, qui contiennent des Phenotnenes propres äconfirmer ce qui a deja ete dir fur ce fujet, parce qu’ils fönt expli-quez, ce me femble, alses commodement par ces hypotheses.

Je dis donc qu’il y a quelque raifon de croire , que le seul mouve-ment imperceptible des particules froisiees dans la rencontre des corpsest la caofe immediate du bruit, s’il est vrai que quelquefois , quoiqueles parties d’un corps soient senfiblement ebranlees, il nefie fair pour-tant point de bruit, 6c s’il est vrai aufli qu’il fe fait quelquefois dubruit fans que les parties soient emües. J’ai pour cela deux Experien-ces.

parce que Lorfque la corde d’un luth ou d’un clavecin cesse de fonner, si l’onfouvent approche doucement l’ongle pour la toucher, on la fent fremir , 6cles parties ce f re missement n’est autre chofe que l’emotion des parties caufees parparoisse'rn l’ebranlement de tout le corps de la corde : car il saut fuppofer qu’a-sensible- lors cette emotion continue encore fuffilamment pour fe faire fentir äment e- l’ongle , mais trop foiblement pour emouvoir les particules avec unes / n f- vehemence qui foit capable de les froisser de la maniere requife ä lafassede* production du bruit.

bruit,, Or pour etre assüre que l’emotion que l’on fent ä l’ongle est une•emotion qui doit etre distinguee de l’ondulation 6c des vibrations detoute la corde , j’ai fait l’Experience en un tres grand volume. J’aitendu une corde ä boyau de la longueur de trente pieds, afin que lesvibrations de toute la corde fussent asses grandes pour n’etre pas ne-cessairement confondues avec les vibrations des parties , ainsi qu’ellesfönt quand la corde est courte, oü l’on ne fent que les ondulations quetoute la corde a allant & venant comme un pendule , Sc en esset j’aitrouve qu’on remarque aifement que l’ongle est frappe par des coupsque la grande corde donne , Lc que l’on peut compter , que ces coupsqui fönt les vibrations de toute la corde fönt compofez chacun d’uneinfinite d’autres petits coups, qui fönt si ferrez Tun contre l’autre,qu’on ne les peut compter , ne faifant qu’un fremissement : Lc il n’estpas difficile de concevoir que ces petits coups fönt ceux que caufent lesvibrations des parties.

k qu’ü L’autre Experience , qui fait voir que quelquefois des corps föntfait du du bruit fans qu’il y ait aucune emotion dans leurs parties , 6c que cebruit lors-bruit fe fait par le feul ebranlement de leurs particules, est , que lorf-remment fi ue ^ cs Falles d’arquebufe fönt tirees elles fönt un chifflement dansiln’y aque l’^ir prefque toüjours pareil, quoiqu’elles soient de matiere disserente,les parti- en forte qu’une balle de plomb & une balle d’argent ne rendent pointsoientT ^ on < fiß' erent » ce stui fait voir que ce n’est point le mouvementbranlecs, ^ es parties qui caufe ce chifflement: car si les parties etoient ebran-lees elles feroient des bruits disserens, ainsi qu’il arrive quand on faitfonner des timbres de differente matiere , un timbre d’argent Lc untimbre qui scroit de plomb ayant des fons differens , ä caufe que la

dif-