SECONDE PARTIE. Chip. V. ,yz
promptitude de l’impulsion de l’air, qui feule eft capable de froisserleS particules de I’eau fuspendue dans les nuees , desquelles l’exhalaisonest environnee. Or lorfque les eclairs ne redoublent point, on nepeutpas donner d’autre raison du redoublement du bruit que fönt leseclats qui fuivent le piemier coup , qu’en supposant que l’impulsioacausee par le retour des particules de l’eau des nuees froissees dans cepremier coup cause un pareil froissement dans les particules des corpsvoisins, lefquelles etant froissees en plus grand nombre dans des corpsplus solides que ne fönt ks nuees produifent ordinairement un plusgrand bruit, qui va quelquefois en s’augmentant, felon que le hazardfait qu’il v a des lieux dispofez plus favorablement que d’autres pourla reflexion.
Le bruit de l’artillerie est different de celui du tonerre , en ce que& ceiuil’inflammation de la poudre fe faifant dans un lieu enferme, c’est-a- öe l'srtil'dire, dans un canon , qui est un corps plus solide que n’est l’eau des lene 'nuees, 6c ce corps etant ordinairement proche de la terre & des mai-fons , le premier coup est toüjours plus fort ä proportion de la refle-xion de ses echos, que dans le tonerre : car il saut concevoir, que lepremier bruit du canon est cause par le froissement des particules, nonieulement du metail dans lequel la poudre est enfermee , mais austides particules de tous les corps voisins , que l’air agite par une refle-xion conjointe, produite par le retour des particules du canon, freiste& ebranle puissamment, 6c que le bruit feroit beaucoup moindre fanscette reflexion : car l’experience fait voir , que le petard d’une fusee,quand eile creve en l’air, ne faxt pas la tnoitie du bruit qu’il fait quandil creve fur terre .a une egale distance ; par la raison que quand il cre-ve dans l’air , il n’y a que le retour des particules du carton creve 6cdu bois de la baguette, qui lui est attachee , qui cause dans fair l’agi-tation particuliere qui fait le bruit; 6c quand il creve ä terre , il y abeaucoup de corps solides fort proches qui fournissent un grand nom-bre de particules a froisser,foit par la premiere impulsion de la poudrequi rompt le carton , fl la rupture fe fait fort pres de terre ; foit parla feconde impulsion causee par le retour des particules froissees dansle carton rompu , par laquelle les corps qui fe trouvent afses prochesfönt fuflisamment ebranlez pour faire une reflexion capable, etantjointe au premier bruit, de l’augmenter considerablement.