SE CONDE PARTIE. Chap. VI. i 97
dans la detente qui fuit, lorfqu’on la laifle foudainement retburner ä sonpremier etat. Cela fe fait avec un effort, qui la saisant passer outre versJa partie oppofee la contraint encore dc retourner; ce 1 qui fe continuepai plusicuia Vibration« uu secoulies , qui font aller 8t venir la cordealses long temps. Ces fecoufles, qui- occupent toute la longueur de lacorde , ont analogie avec les mouvemens de compreffion 8t de dilata-tion,qui font le mouvement ovalaire, 8c que le coupde marteau pro-duit dans tout le timbre , 8t elles caufent 1’ondoyement des parties dela corde, dont l’ebranlement 8c le froissement des particules s’enfuit.
Quand les cordes font raclees par un archet, comme dans les vio- Iorfqu’el-löns , dans les violles, 6c dans les lyres; ou par une roue , comme ,es f ° ncdans les vielles; ou par une ceinture, comme dans les arcliiviolles} ra * u e *les particules , dont le retour produit le'bi'uit', font emües & pliees chet" a ^a-peu-pres de la meme maniere que dans le pincement, si Ton con-sidere que 1’effet de 1’archet 8t de ce'qui 1’equipollc est de retirer lacorde ä plusieurs reprifes , 8t qu’ä chäque foisque la corde echape,il lui arrive la meme clfofe que quand eile estpincee par le doigt oupar la pium e d’un sistre ou d’une mandore, ou par celle du fautereaud’une epinette ; c’est-ä-dire , qu’alors eile fouffre les meines fecoufies6t les memes ondoyemens, qüi ne different de ceux du pincement, •.qu’en ce qu’ils n’önt pas le loisir de durer si long temps, parce qu’auf-si-töt que la corde a echape a l’archet , eile est auffi-tot reprife a caü-fe de l'aprete gluante de la colophone de l’archet.
Les ondoyemens sensibles qui arrivent aux Cordes pincees, non plus 'que ceux qui fe remarquent dans les timbres , dans les' cloChes , 8cdans les autres Organes qui fonnent par la pereuffion , ne font point la -caufe immediate du fon qu’ils rendent : cela s’explique par cette Ex-perience; lorfque la corde d’un clavefsin qui a ete pincee cesse de fon-ner, 8c qu’elle continue encore ä avoir une emotion dans tour-förr corps6c dans les parties , Jaquelle fe connoit a l’ongle , par le moyen du-quel on fent un fremissement manifeste, qui n’eit (ainsi qu’il a ete dit)que le mouvement des parties', il arrive une autre chofe fort conside- •rabie , qui est qu’alors, quoiqu’on touche la corde si legerement del’ongle, que cet attouchement ne feroit pas cäpäble de idi faire faireaueun bruit, si eile n’avoit ce mouvement qui lui reste , cet attouclre-ment ne laifle pas de la faire fonner : car il est difficile de compren-dre, que lorfque cet attouchement excite ce nouveau bruit, ce foit cnfaisant recommencer les vibratiöns de toute la corde 8c de fes parties, .cet attouchement etant auffi leger 8t auffi delicat qu’il est ; 6c-prin-cipalement si l’on considere la maniere dont il ie fait , qui est d’appro-eher l’ongle en forte qu’il ne frappe point la corde , mais feulcrnentqu’il en foit frappe ; car il est constant que cette maniere de touchcrune chofe, qui le remue toute entiere ä la faqon d’un pendule , est >phnot capable-d’aneter ou dimintier fon mouvement que de l’augmeu-
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