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Tome premier.
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209
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SECONDE PARTIE. Chap. X. '209

Tont visibles dans les cordcs, & meine en quelque fncon dans les gran-des cloches, & qui se font auffi sentir fort distincrement ä 1’oreille,principalement dans les cloches , ne sont point ceux qui par leur len-teur ou par leur frequent mouvement font le ton grave, ou le tonaigu .} car quoique ces battemens foient plus lents dans les grandescloches qui sonnent un ton grave , que dans les petites qui en fon-nent un aigu, parce qu’en esset ces battemens visibles de tout le corpsreformant tont la caufe des battemens invisibles qui arrivent aux par-ties > il est pourtant vrai qu’ils ne produifent point immediatement leton , Lc que cela n’est du qu’au mouvement invisible des parties , quiest le mouvement d’ondulation : la raifon de cela est , que ce mouve-ment visible n’est point asses frequent ; qu’il est trop diicontinue ; &que l’oreiile remarque aifement qu’entre ces battemens il y a un foncontinu , qu’il est absolument necessaire d’attribuer a une autre caufe.L’assemblage Sc la rencontre de ces battemens lents Lc rares , commeiis font , ne fqauroit ausii produire les consonnanees , lefquelles resul-tent d’un melange plus exact: & plus parfait que ne peut etre celuides parties ausii grandes & auffi etendues que font celles que ces bat-temens de tout le corps reformant marquent : car ce melange desfons qui produit les consonnanees est pareil a celui des couleurs, quide deux differentes, par exemple du bleu & du jaune, en produifentune troisieme, fqavoir, le verd , pourvü-que les corps qui ont cescouleurs foient divifez en des parties si petites, qu’elles puisient etreexactement melees ; car la verite est , que le melange ne fast pointcet effet, si les parties font asses grandes pour pouvoir etre vues distin-güees leparement.

La tension ou le relächement des corps, qui produit ou la force Lc n dependla vehemence jointe a la frequence des petits battemens des parties, de Jäten,ou leur foiblesie jointe a leur lenteur , est donc la caufe du ton aigu, sion desou du ton grave : mais il faut considerer cette tension & ce reläche- f 0 nnans"rnent ou comme absolus, ou comme ayant rapport a la grandeur ducorps tendu : cela fait qu’une meme tension absolument prile fait destons differens a proportion de la grandeur du corps tendu. Ainsi deuxCordes tendues par un meme poids , dont 1’une est d’un pied, parexemple, & 1’autre de demi-pied, sonneront diverfement, & la plusgrande sonnera 1’octave en bas de la plus petite. La meme chofe ar-tive par la meme raifon dans tous les corps, mais eile est plus remar-quable dans ceux qui refonnent; car une grande cloche , une longuebarre, une longue lame de mctail, une longue flute, Lc generalementtous les corps etendus , quoiqu’ils ayent une meme tension , etantd’une meine matiere sonnent un ton plus grave que ceux qui fontpetits Lc ramasiez, & ces differences de tons font moins sensibles dansfos corps dont le fon est sourd , ainsi qu’il fera explique ä la sin decette feconde Partie, en pariant du tambour Lc de rinstrument appelleciaquebois. Feme IL Dd Quoi-