SECONDE PARTIE. Chap. XII. 219
les instrumens ä vent a encore quelque rapport avec celle qui produitces modifications dans lcs instrumens qui sonnent par Ia percufston,en ce que la grandeur des instrumens produit les tons plus graves >par la raifon qu’il s’y fait une emotion d’un plus petit nombre de par-ties & de particules a proportion de la grandeur de 1 ’instrument, äcause que le vent passant avec moins de loree & de viteste dans lesgrands instrumens, lon effort est plus languislant.
La voix est un bruit de verberation,que 1’air enferme dans la poitri-dans 13ne excite en sortant avec violence & frottant les deux membranes dont Y01ICla glotte est composee ; en sorte qu’il en ebranle les parties , & enfröstle les particules, dont le retour cause une agitation dans 1 ’air capa-ble de faire im preisten fur 1’organe de 1'ouie. Or cet air agite avec lapromptitude , qui est particuliere au ressort des particules, va/rap-per dans la cavite du palais les particules des membranes qui le reve-tent, & le retour de ces particules produit une nouvelle agitation,qui est ce que l’on appelle la reflexion : or cette reflexion cauiee parun si grand nombre de particules froistees dans tout le palais fait 1 ’aug-mentation du premier bruit cause par le froiflement des particules dela glotte, £t la modification de ce bruit ai usi augmente se fait par lemouvement des levres & de la langue , qui font les organes qui don-nent la forme aux accens de la voix , 2 c aux fyllabes dont la paroleest composee.
Le son des instrumens a vent, qui depend de l’augmentation d’un & danspremier bruit reflechi , tel qu’est le ion des flutes, est pareil au son Ies in Q ra *de la voix , en ce qu’il se fait par 1 ’impulsion de 1 ’air ferre en sortant “ t a eJgparia sente de la bouche de la flute , qui va frapper le tranchant-deque sontla languette, dont il ebranle les parties & les particules, qui par la les flutes,promptitude de leur retour agitent 1 ’air avec une forcc. capabled’ebranler un asses grand nombre d’autres particules au dedans de laflute j pour faire que leur cbranlement cause 1 'agitation de 1 ’air quifait le son de la flute. Mais ce son scmble etre different de celui de par 1 ’aju.la voix, en ce qu’il depend d’un ajustement des parties de la flute tel-stementlement exact qu’il n’y peut manquer la moindre chosc sans le faire ces- ex d ct .'^ esicy ; car 11 la languette elt un peu plus tournee ou en dehors ou en de-dans qu’il ne saut , ou qu’il se rencontre la moindre sente dans le ca-mi, par-oii quelque peu de 1 ’air puisie s’echaper , eile ne sonne point.
On peut neanmoins croire que les memes conditions se doivent auffirencontrer au son de la voix des animaux , & que les muscles du la-rynx sont faits pour 1 ’ajustement de la glotte & de toutes les partiesqui compofent la cavite de la bouche; parce que s’il manque quelquechosc a cet ajustement, la voix ne se fait point. Cela se remarqueaux enfans , qui crient quelquefois d’une teile maniere que la voixleur manque tout a coup , quoiqu’ iis continuent a faire les efforts ne-ceflhires pour leur cricar il y a apparence que cela arrive par queJ-
Ee i que.