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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. Chap. XII. 227

devroient changef de ton , la vehemence du coup ou moindre ou plusgrande , qui est capable d’emouvoir les parties avec des forces diffe-rentes , devant faire de differens effets & produire des tons differens,ce qui fe trouve n’etre point verkable ; parce que la force des coups,dont on frappe une cloche ou une corde , n’est point capable d’en fai-re changer le ton , maß seulement d’en augmenter ou d’en diminuetle fon.

Pour repondre a cette objection, qui tire une consequence de lacomparaifon qu’ on fait de 1’emotion des parties que le coup caule dansles cloches & dans les cordes, avec 1’emotion que 1’haleine pouffeeavec violence produit dans les trompettes, il saut faire voir la disse-renes qu’il y a entre ces deux emotions. Cette difference est, quedans le fon des cloches & des cordes tout le corps & toutes ses partiessont ernues enfemble : mais dans les trompettes il n’y a que quelquesparties de la surface interne qui soient ebranlees : 8c c’est ce qui faitqu’une trompette , quoiqu’ empoignee de la main & entortillee deCordons & de banderolles , ne laiffe pas de sonner ; ce qu’ une clocheni une corde ne fqauroient faire pour peu que quelque chofe les tou-

che.

De cette difference il est aise de conclure , que les corps qui fon*nent par 1’ebranlement de toutes leurs parties, etant toüjours ebran-lees d’une meine maniere, quand la grandeur de leur corps est pareille,c’est-a-dire , que les ondoyemens de la cloche & de la corde etanttoüjours d’une meine efpece dans une metue grandeur, iis doivent toü-jours rendre un meine ton, quelque difference qu’il puiffe y avoir dansla vehemence du coup qui les erneut; de meme que lespendules, qui,parce qu’ iis fe remuent tous entiers , ont leurs vibrations toüjoursproportionnees ä. leur grandeur , quelque difference qu’ il puiffe yavoir dans la vehemence de leur mouvement, laquelle est proportion-nee a leur pefanteur. Mais les parties de la trompette quand eile son-ne n’etant emües que dans la surface interne , leur ondoyement n’estproportionne qu’ ä la violence du soufHe qui les ebranle diverfement.L’experience peut aifement confirmer cette theorie, si l’on veut m un-ter dans un clocher pendant un grand vent : car on*entendra assesdistinctement qu’ä mefure que le vent s’augmente & fe diminue pardes bouffees differentes, il tire des cloches qu’ il frappe un fon diffe-rent , & qui est beaucoup plus aigu quand il s’augmente ; & il estaise de juger que cela arrive ainsi , parce que le vent n’ebranle que lesparties, pu meme les particules qui sont en la surface, & n’a pas cetteforce qui fait que toutes les parties du corps reformant sont ebranleesä la fois, ainsi qu’il arrive dans la percuffion faite par un corps dur &'solide; en forte que le grand vent , qui peut emouvoir un plus grandnombre de particules dans un certain efpace , est capable de produireun ton aigu , de meme que quand il est moindre , il produit un ton

Que dansles autrescorps re-fonnanstomes lsspartiessont e-branlees.

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