SE CONDE PARTIE. Chap. XIII. rzz
accent remarquable , comme il se void en certaines nations.
Cette maniere est encore propre &C particuliere au chant naturel des Le chantoifeaux & au jeu de quelques instrumens de Mufique, tels que sont natu, eIcelui que 1’on appelle vulgairement trompe a Laquais, & cette especede chifflet, qui a Paris est appelle roffignol du mois d’Aoüt : car dans ‘ 'toutes les inflexions qu’ils ont, lesquelles font une si grande diversitede fons, il ne se trouve pas en effet que l’espace d’un quart de tonsoit parcouru; ou plütot il faut dire qu’il n’y a point de ton en effet,
& que ce n’est que la diversite de 1’articulation qui rend ces inflexionsdifferentes , par la differente promptitude de 1’impulsion de 1’air , parses entrecoupemens, & par toutes les autres modifications, qui peu-vent etre diversifiees en des manieres infinies sans changer de ton.
Ainsi dans 1’inflexion de la parole de 1’homme, 8c dans celle duchant naturel des oifeaux , les particules de la glotte, & meme sesparties fönt toüjours emües presque d’une meme maniere , son Ouver-türe n’etant differente que quand il y a Variation de ton ■, la Variationdes accens ne venant que du plus grand nombre des particules quifönt emües dans la cavite de la bouche & des narines par 1’augmen-tation de 1’impulsion de 1’haleine , qui fortifie le mouvement de 1’agi-tation que l’air a reqüe par le retour des particules de la glotte, 8cqui le rend capable de freister dans toutes ces cavitez plus de particu-les par le moyen de la reflexion ; mais cela fe fast neanmoins de teileforte que le ton n’en est point change , la reflexion n’etant jamais ca-pable de changer le ton que dans les flutes, ou le premier bruit fefait par 1’emotion des particules plütot que par celle des parties, com-me il arrive dans la voix & dans les anches des regales , ou le premierbruit cause par 1’ebranlement des parties de la glotte & de la languet-te est trop fort , pour fouffrir que son ton foit change par la reflexionqu’avec beaucoup de difficilste, ainsi qu’il se fait dans les hautbois.
Par la meme raifon dans les instrumens, ou le ton n’est auffi capa-p e c Iu'/Hetble que d’un tres petit changement, les accens, qui font la differen- appellece des fons que l’on y remarque, ne font principalement differens quc ', of % no! -par la difference de 1’impulsion de 1’air. Ainsi dans le chifflet appel- 1Sle roffignol du mois d’Aoüt , oü au lieu du tuyau , qui a accoutumede recevoir les reflexions,defquellesdepend le changement de ton danslds flutes, il y a une cavite large proche de la bouche du chifflet, danslaquelle il y a de 1’eau , le chifflet ne fcauroit changer de ton , parcequ’ il est constant que la grandeur de la cavite dans laquelle la refle-xion fe fait demeure toüjours la meme , le different mouvement de1’eau qui y est contenue n’etant capable d’en changer que la figure.,
Lc non d’en augmenter ou d’en diminuer la cavite > & le gazouille-ment, par lequel ce chifflet imite le chant des oifeaux , n’est caufeque par le mouvement de 1’eau agitee par la pai tie de 1’air qui estpoussee au dedans; dc ce mo.uvement de 1’eau , qui rend celui de 1’air
l’ome II. Gg ine-