TROISIEME PARTIE. Chap. II. 249
explication, il est vrai pourtant que les Remarques particulieres, qui or ganesont ete faites dans Phistoire de Porgane , etant accotnmodees cotnme r esautresdies le fönt dans ce qui fuit avec ce que l’analogie peut fournir d’in- lens *duction , etablissent une probabilite , 6c apportent une clarte , quetoutes ces chofes n’auroient point eues les unes fans les autres.
Les fens, qui ont ete donnez aux animaux pour leur faire avoir la Qi ,e tonteconnoisiance de ce qui est 6c de ce qui fe fait loin d’eux , tels que fönt ^" si ! tIoala vüe & Poui'e , fe fönt par un moyen que les Grecs 6c les Latinsont appelle image avec beaucoup de raifon , 6c que les Philofophessioi/de *Scholastiques ont fort mal interprete par le mot ü'espece. Getto ima- i’imngc Jege, qui est un mot metaphorique principalement ä l’egard de Pouie, l olj ' et 'signifie feulement que ce qui va de Pobjet ä Porgane de Pou'ie, fcavoir,
Pair agite , a le pouvoir de faire für cet organe un effet pareil ä celuiqui a ete produit en lui par l’objet; de meme que ce qui fe void dansun miroir ou dans un tableau fait le meme esset für l’oeuil , que seroitla chofe meme que le miroir ou le tableau represcnte ; c’est-ä-dire,que fair agite Porgane de Pou'ie de la meme maniere qu’il a ete agitepar les particules des corps froiflez par leur choc mutuel, 6c qu’ il yfait une impression pareille ä celie qu’il a recüc.
Mais comme il fe rencontre toüjours deux chofes dans la fenfation, & P ar Jafqavoir , la maniere dont fe fait l’imprefiion , qui consiste principa- j. onnois ‘letnent dans Palteration que Porgane regoit de Pobjet, 6c la rna-liiere dont Panimal s’appergoit de cette alteration ; il est ä propos dea de cetteparier premierement de ce qui appartient ä cette impression, reservant im P re fa traiter l’autre partie au Cbapitre qui fuit. sion>
Dans tonte forte d'impression il y a trois chofes ä considerer , sqa- Qite toutevoir , Pinstrument qui imprime , la puislance qui Papplique , 6c la '«?-eC-matiere qui recoit Pimpreision. Les deux premieres choles ont ete ^ ^7
expliquees, 8c il resuite de ce qui a ete dit für cc fujet, Que dans tou- di 0 ses° 1Stes les efpeces de bruit, foit qu’il ait ete cauie par le choc de deuxi"savoir,corps solides , foit qu’il n'y en ait que l’un des deux qui foit solide,il y a toüjours des particules du corps solide qui fönt froisiees : Que ^
ce froisiement consiste dans la flexion de ces particules Que ces par- fmpdmeticules pliees par le froisiement ayant resiort retournent ä leur etat na- e>turel avec une promptitude extreme : Que frappant Pair avec cette la pulsis,promptitude ils Pempechent d’efquiver 6c de pouvoir fe retirer ä cote c y quiavant que Pimpulsion foit achevee , ainsi qu’il arrive aux autres im-* a Ppsi-pulsions qui fe fönt avec moins de vitesle : Que la partie de Pair pouf-^ 156 'fee par la particule du corps solide avec cette vitesse , pousianr celiequi est devant eile avec la meme promptitude , celie qui est encorcdevant est ausii pousiee de la meme facon, 6c toutes les autres dememe, en forte que de cette fuite dsimpulsions il ne s’en compofequ’une, qui s’etend depuis les corps choquez jufqu’a Porgane de
Pou'ie , qui est frappe par la derniere partie de l n.tr agite ,
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