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Tome premier.
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2So DU BRUIT

servir de aisement Comment 1’habitude a le pouvoir non feulement de faire quelunettes ä des actions difficiles deviennent aisees, mais meme d’effacer la memoi-deuitver- r£ des difficukez qu’elles ont caufees : car s’ils font reflexion fur lav ex g°"on t faciIite qu' iis ont aquife a se servir de ces fortes de lunettes , Lc furiaanili be- peine qu’ iis ont eu e autrefois ä les adressier comme il faut fur les objets,soind’em- en haussant la lunette pour voir les objets qui font en-bas , & en laces so'-tes kournant a droit pour voir ce qui est a gauche ; & Comment iis lede pen- font a la fin fans y penser & sans en avoir destcin ; iis ne trouverontßes. aucune difficulte a concevoir que nous pouvons avoir oublie toute la-peine que nous avons eue dans les premiers jours de notie naiflance,& meme avant notre naiflance , a conduire toutes les actions necesi-faires ä 1’entretenement de notre vie , & que nous ne nous apperce-vions point encore a prescnt de 1’attention que notre arae y a conti-nuellement.

Je crois que cette hypothefe de 1’attention de 1’amc pour la condui-te de toutes les fonctions de 1’animal, & dont nous ne nous apperce-vons point, ne nous femble paradoxe que faute d’y avoir fast reflexioni& je trouve que plus cette conduite , qui est si admirable dans lexnoindre animal , est furprenante , plus il y a de raifon de 1’attribuera 1’ame , n’y ayant point d’autre puissance qui en foit capable. Et ilfaut encore demetirer d’accord , que si c’est 1’ame qui conduit les fon-ctions du corps , il n’y a pas apparence qu’elle le fasle fans y penser;puisque le propre de 1’ame etant de penser, il n’est pas croyable qu’el-le fasle des actions oü la pensee est si neceflaire fans l’y employer.Ensi n n’y ayant dans les animaux que le corps & 1’ame, il faut quela conduite de leurs actions foit attribuee a l’un ou a 1’autre ; Le pourdecider la-desius il ne faut que faire reflexion fur 1’excellence de cetteconduite.

Q«e !a Car ce n’est pas astes que les parties dont le corps des animaux estpeusee compofe ayent une structure merveilleufement commode pour toutesn est pas ] es & que 1’ame ait trouve tous ces Organes de ja faits quand

cefilire eile a ete unie au corps ; il faut encore qu’elle s’applique a connoi-

pour ia tre & a manier tous ces ressorts pour les faire jouer , qu’elle les en-

conduite tretienne 6c les repare , & qu’ enfin eile fasle autre chofe que 1’officededehoiT^’ un cotl t re P°ids , qui n’est qu' une partie des Organes qui compofentque pour 1’horloge , & que bien-qu' il femble faire moüvoir toutes les autrescellcdes parties, ne remue que celle qu’il touche. Mais fur-tout 1’ame estnanu-e° nS P nnc 'P‘^ ement disterente d’un contrepoids par la chofe qui femble de-j e ‘ s> ’ voir faire croire qu’elle lui ressemblc davantage , qui est de caufertous les moüvemens du corps fans penser le faire : car il est impoffiblede concevoir , quelle peut etre la raifon qui fast qu’un animal ait be-foin de Ia pensee pour fa conduite ä 1’egard des chofes de dehors,comme de pourvoir a la faim , au froid , aux dangers , & qu’il s’enpulste passer pour les affaires du dedans , pour lelquelles il faut uneia geste incomparablement plus grande. L’on