TROI SIE ME PARTIE. Chap. I1L : 2 Sr
L’on peut objecter, que par cette raison !es plantes devroient avoirSilesplan^tine peniee pour la direction des fonctions naturelles , dont ellcs som tes or -dcscapables, & dans lesquelles on peut remarquer une conduite , qui P en ^ ces -femble ne requerir pas raoins de fage sie que celle des fonctions natu-relles des animaux.
Pour repondre a cette objection je dis premierement, que par IcSq^jjfonctions naturelles des animaux il faut entendre principalement cel- sonHe”les qui leur tönt particulieres, sgavoir, celles qui appartiennent au fonctionssentiment & au mouvement , pour lesquelles il y a apparence qu’ il naturellesfaut de la pensee & du jugement. En second lieu je dis, que comme deS am 'nous ne pouvons pas connoitre bicn distinctement en quoi la nourri- mauX ‘ture, 1’accroissement, & les autres fonctions communes aux plantes& aux animaux font differentes dans les uns Se dans les autres, nouspouvons prefumer que leur perfection dans les animaux surpasie assescelle qui est dans les plantes, pour faire qu’elle doive etre attribuee aufoin que fame prend de cette conduite , & que ce foin n’a gueremoins befoin de la pensee que celui qui leur est necesiaire pour la con-duite du mouvement & du sentiment , a cause de la connexion queces actions ont enfemble ; par la raison que les esprits destinet au sen-timent & au mouvement font produits par la faculte meme qui pre-side a la nourriture. A quoi il faut ajouter , que de meme que lespenfees expresies, quand dies fe font avec une attention extraordinai-re, nuifent aux actions du sentiment Sc du mouvement, parce qu’ el-les entrainent avec elles les penfees confufes on void que la memechose arrive aux fonctions de la nourriture , lorsque le foin & ie Cha-grin emmaigrit les animaux , que la tristeste leur ote 1’appetit , quela crainte leur arrete le sang dans- le coeur , ou que la colere le pousledehors avec vehemence, les penfees expresies ayant alors le pouvoird’entrainer les penfees confufes, par lesquelles fame a de coutume deconduire les fonctions de la nourriture.
A la verite les fonctions, par lesquelles les plantes fe nourrisient,Qy e j esfe forment, s’accroislent , s’engendrent , font asses admirables pour fonctionsfaire avouer qu’ elles approchent en quelque fagon de fexcellence de natlll 'd!escelles qui font du meme genre dans les animaux: mais elles n’ont pour~ des P' aa ’tant rien qui porte a erone, que la peniee y ait aucune part , oc qu el- p ( ,; nt be _les fe fafient avec la moindre connoisiance ; parce que 1’on n’y remar- foin de la -que rien qu'on ne puisie aisement rapporter a une suite necesiaire, & pensee.a un enchainement de causes mechaniques, qu’on ne void point etrechangees & gouvernees par une puislance propre & interne a la pian-te , mais qui fuivent toüjours un meme ordre , quand les meines cau-les externes fe reneontrent : car si une piante paroit etre plus vigou-reufe & fe mieux nourrir , parce qu’elle est proche d’une autre pourlaquelle on tient qu’elle a de famour , on n’est point convaincu quecet amour pretendu foit festet d’aucune connoislänce , &qu’il Ibit
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