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Tome premier.
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mventeespour cela.

*85 DU B R U I T

sentir bien plus fortement la chaleur du jour , qu’ on ne la fent auxZ^ones teraperees , oü la longueur des jours , & la chaleur qui conti-nue pendant la nuit , rend par l’accoutumance la chaleur du jour moinssensible. Mais il saut encore , que l’experience soit jointe ä ces rai--fonncmens pour etre bien aslure qu’on ne fe trompe point quand ondit, que positivement Sc effectivement les caves ne fönt pas plus froi-des en ete qu’en hivcr , St que dans la Zone torride la chaleur nemonte pas a im plus haut degre qu’en France. Et c’est pour celaque l’Äcademie a fait des experiences für ce sujet avec beaucoup d’ex-actitude Sc de precision , qu’il ne fera pas hors de propos de rappor-ter ici.

Experien- On a garde plusieurs annees des thermometres fort justes Sc fort de-ces que le licats dans les lieux fouterrains , qui fönt enfoncez fous terre plus deju^etnent quatorze toifes ä l’Obfervatoire, & Ton a remarque qu’en hiver,sonne- 1 ' lorfqu’ on trouvoit l’air fort chaud en descendant dans ces lieux , lereent di- thermometre ne marquoit point un autre degre , St que quelquefoisIhnctont meine le thermometre defcendoit plus bas qu’en ete , quoiqu’alors on"sos y p ent j t une chaleur remarquable. La meme experience a ete faltea ‘ avec de parcils thermometres, qui ont ete portez dans la Cayenne, Scqui en ont ete rapportez , lefquels n’ont point monte ä un plus hautdegre en ces pays-lä qu’ ici , tant avant que de les transporter fous laLigne, que depuis qu’ils en ont ete rapportez.

Et pour On a fait encore une autre cxpericnce , qui fert ä ce fujet , Sc«treassürcqui fonde un autre paradoxe, qui n’est pas moins furprenant , fga-que le so- voir , que la chaleur du soleil aux jours les plus froids de l’hiver effcsi cliauT ^* Lelle des jours les plus chauds de l’ete. On a trouve queen^iTver miroir ardent de la Bibliotheque du Roi, par le moyen duquelqu’en ete.on fond en tres peu de temps , non feulement les metaux les plusdifficiles ä fondre , comme l’or, le fer, Sc le cuivre , mais meineles pierres Sc les briques qu’il change en verre, fait Wut ces effets fur-prenans auffi facilement en hiver qu’en ete: car il s’enfuit de cetteexperience , que le soleil n’echauffe notre maln Sc meine les corpsinanimez autrement en hiver qu’en ete, qu’ä cause des dispositionsdifferentes qui y fönt introduites par l’air rempli de fels, qui pene-trent tous les corps, Sc qui ont le pouvoir de les rendre capables d’etreplus ou moins facilement echauffez felon les differentes faifons , danslefquelles ces fels fönt plus ou moins abondans ou differemment dilpo-fez.

Que l’ag;. 11 y a encore d’autres rencontres dans lefquelles il paroit , que pour«non de n -£ tre p as trompe par le sens du Wucher il saut outre fon jugementsrnicldc 13 habituel y employer auffi le jugement distinct Sc precis , Sc de plus ypoint de joindre l’experience. Lorfqu’on agite l’air avec un eventail, on leso>. fent beaucoup plus froid que celui qui n’est point agite ; quand ontient les mains dans un manchen , on croid qu’ il les echauffe ; quand

on