TROI SI EME PARTIE. Cha p . IV. x% T
on A tourne de 1’eau avec violence dans une bourfe de cuir attachee aubaut d’une corde , on croid qu’ eile devient plus froide ; & quand ontouche le bout d’un bäton avec les deux doigts croisez Tun fur Pautre,.il semble que Von touche deux batqns. Or pour etre assute que 1’airagite n’est point plus froid que celui qui ne fest point, il ne suffit pasde sqavoir par le raisonnement que le mouvement des corps erant pluscapable de les echauffier que de les refroidir , la chose ne iqauroit etreteile qu’ eile paroit , & qu’il faut croire que quand 1’air agite avec uneventail paroit froid, c’est parce que son mouvement chasie & empör-te la vapeur chaude qui fort de la peau , & qui s’y attachant quand1’air n’est point agite , empeche qu’elle ne sente la froideur de 1’air,
& que quand Peau que l’on a agitee dans une bourfe paroit froide,,c’est principalement parce qu’ on s’est beaucoup echauffe en Pagitant:car pour etre bien certain de la verite que ces raifonnemens insinuent,,il faut encore que Pexperience la confirme , en falsant voir qu’uneventail ne fast aucun effiet fur un thermometre ; ce qui devroit arri-ver, si 1’agitation de 1’air etoit capable de le refroidir, & que pariameme epreuve on connoit que Peau ne devient point plus froide pouretre agitee.
La meme experience est encore neceffaire pour confirmer les raisonsq^qui peuvent faire croire que ce n’est point la fourrure qui echauffe le fourrurecorps, mais que ce font les vapeurs que la fourrure retient qui l’echauf- P asfent: car on void que les corps qui ne jettent point de vapeurs chau- ^J^aufdes ne font jamais echauffez par la fourrure , & qu’elle ne fast aucun f er ”‘effiet fur un thermometre, lorfqu’ eile y est appliquee.
Ain si quand les doigts ,etant croisez on touche le bout d’irn bäton, Que lesil arrive que parce que cette situation est caufe que le cote externe de doigtsehacun des doigts touche le meine bäton , le raisonnement confus &habituel fait conclure, que les deux cotez de deliors des doigts sclon qU ’ im bä-1’ordre naturel ne pouvant toucher en meme temps le meme bäton, ton,c)nandiil faut que puifque chaque cote externe des doigts touche un bäton , l!il y en ait deux. Or pour corriger cette erreur il ne suffit pas que le ?ouchcv.B.railbnnement expres & distinct fasse connoitre que Phabitude feuie & deux.Paccoutumance est caufe que le jugement confus eonclud mal , parcequ’ il ne eonclud qu’ en confequence de ce qui a accoutume d’arriverlorfque les doigts font en leur situation ordinaire 5 mais il faut quePexperience, par le moyen de la vüe & de. Pattouchement de Pautremain ,. siisse distinctement connoitre que les doigts ne touchent qu’ un,bäton , Lc que la situation extraordinaire. des doigts, quand iis fonccroisez ,.les rnet en etat de toucherun fcul bäton avec le cote de de—bors de deux doigts.,
Ce qub arrive ä ceux qoi apres qcfbn leur a • coupe un. Kras-föntent Qüeess«-.-une douleur qu’ils croyent etre ä la main qu’ iis n’ont plus, est fonde*^ la ,'fur une pareiile erreur,, qui a. hesomd’uue .parcillc eorrection j,de me>“ 3 u 'V^