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DU BRUIT
ses, certaines : car pour ce qui regarde la distance & l’eloignement,dies fe prenent de la force ou de la soiblesse du bruit, mais principa-lement de la perception distincte de l’egalite ou de i’inegalite quel’oreille y apperqoit. Cela fe prouve par la facilite que l’on a ä distin-guer la parole d’un 1 komme qui parle fort haut etant fort eloigne , dela parole du merae komme lorfqu’ il parle fort bas etant proche : carpour riefequoique ces deux bruits ayent une egale force , on ne prend point i’unpastrom- 'p 0Ur p a utre , ßc il fe rencontre toüiours dans les fyllabes profereesparence pvoche dc nous qu il y en a queiqu une plus torre que les autres , quide Ia di fäit connoitre que l’adoucissenient qu’ on tacke de lui donner est tout-stancedes a-fait different de celui qui vient de l’eloignement, ou les fyllabesfonsd^ 111 ^ ont toutes necessairement affoiblies avec une uniformste parfaitementUruit, egale. Enfin la meme cliofe arrive ä l’image du bruit dans cette ren-contre , qu’ä l’image des objets de k vüe , qui (ainsi qu’il a ete dit)appercoit aifement la difference qu’ il y a entre les affoiblissemens quela Peinture imite pour reindre l’eloignement, & ceux que la Natureest capable de faire.
Gest par cette raifon que ceux qui (ainsi que l’on dit) parient duventre , parce que lern* voix femble ne pas fortir de leur bouche , &paroit d’une perfonne eloignee , ne fqauroient trompet quand on yprend bien garde j parce qu’ ils n’affoiblissent jamais afses uniformc-raent leur voix, pour imiter parfaitement l’egalite que la distance don-ne aux parties qui compofent le bruit eloigne , parce que la distanceetant egale, eile apporte neceßairement un egal affoibliflement ä tou-tes les parties du bruit.
Stal’äp* Pour ce qui appartient a la connoissance de l’endroit d’oü le bruittJeT’en 6 vient , le jugement habituel fe fonde aufli für des obfervations qui dc-
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pendent des reflexions dont chaque bruit est compofej parce qu’elles-fönt differentes felon les endroits d’oü le bruit vient ä l’egardde l’oreille:car lorfque le bruit vient de devant ou de derriere , du cote droitou du gauche , d’au-deflus ou d’au-deffous de nous , les reflexionsetant differentes dans toutes ces efpeces, & propres & perpetuelies achacune , l’animal ne manque guere ä les reconnoitrc quand il y estaccoutume.,_& le feul defaut d’accoutumance est caufe de l’erreur dans-laquelle ce jugement peut tomber. C’est par cette raifon que le bruitqu’on entend par les fenetres & par la porte d’une chambre ne trom-pe point, & qu’on n’est point en peine de quel cote il vient , parcequ’on est accoutume a Tentendre par ces endroitsj mais celui que l’on-entend par la-cheminee est toüjours incertain , parce qu’ä l’egard decet endroit on n’est pas exerce dans le difcernement, qu’il est necef-kire d’apporter pour connoitre toutes les disterences qui fönt effecti-vement dans tous les bruits, felon les differens lieux d’oü ils vien-nent.
Il y a pourtanc des rencontres oü le jugement habituel n’est pas
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