DES ANCIENS. 313
©ordez ensemble ä la ticrce 5 ce qui ne fait point un concert fort.agreable , 8t qui n’est point auffi i plusieurs parties, quoiqu’il soitcompose de plusieurs instrumens.
Or les grandes douceurs , qui fönt dans l’Harmonie de nötre Musi-Ses g ra n-que,, n’etoient pas feulement inconnues aux Änciens, parce que le c ' es Rau-pen qu’ il y en avoit dans leur Musique les charmoit asses pour les em- ceurs in 'pecher de penser ä quelque chose de plus beau j mais il etoit meine au^An-defendu par leurs loix de rendre la Musique trop agreable , de crainte .ciens.
.qu’ en amollisiant les efprits eile ne corrompit les moeurs: il femble,meme que Plutarque prevoyoit le reproche que l’on devoit faire a Ia 11 «tottde-Musique de fon temps für la pauvrete, lorfqu’il dit , que ce n’etoitpoint par ignorance que la Musique des Änciens a fon egard etoit si cienl desimple 8t si nue, mais qu’ils la vouloient ainsi par politique. rendre la
Mais cependant le moyen d’avoir des penfees si basies pour une Mu- Musi< l ue ,sique , qui avoit bäti Thebes , qui avoit apprivoise les animaux les ^ agce “plus farouches , qui avoit attire les fqrets, qui avoit artete les vents e ‘
8t les fleuves, enfin qui avoit chasse la peste , 8t ressufcite les morts?EfFet sJe ne repondrai point a cela , que pour en trop dire les .Änciens don- merveil-nent lieu de ne rien croire de tont ce qu’ils disent für ce fujet: je Ieux r de,a-dirai feulement que toutes ces expreffions fabuleuses ne prouvent rien ^7“*autrc chofe, sinon qu’ ils etoient fort contens de leur Musique teile ciens,qu’ils l’avoient, 8t qu’ils n’aüroient pas peut-etre exprime moins for-tement le plaisir qu’eile leur causoit quand eile auroit encore ete L . esAn ~rsloins bonne qu’eile n’etoit. On void tous les jours des gens trans- f CI ® ns ‘v .portez d’un exces d’amour pour des ohofes que tout 3e reste du mon- contens 01 'de ne trouve que mediocrement aimables : parce que la grandeur de de leurJ’amour depend autant de la difposition de ceux qui aiment , que de,1’excellence des objets de leur amour. Les Änciens pouvoient etre^.iujets ä des tendresies pour des beautez dor,t nous ne ferions point. ton-,chez. Nous en faifons l’experience dans les divers natutels des na- rfansdestions, 8t meine des performes differentes. Les Asiatiques fönt sensi- differensbles jufqu’ ä l’extafe pour des douceurs qui ne nous emeuvent que le- 1>eu P' es -geremenc : un bracelet de cheveux qir’unÄmant a de fa Maitressc,une adtion d’efprit qu’ une mere remarque en fon enfant qu’ellC a ä lamammelle, donne des plaisirs dont la grandeur n’est point proportion-nee au merite de ces chofes-lä.
il ne saut point dire que ces tranfports excefsifs n’arrivent qu’ ä des Que ia■perfonnes dont le jugement est affoibli par la paffion , qui etant une paffion nemaladie de l’efprit ne doit point faire avoir une raauvaile opinion de d oi f pointla justesle du jugement, dont ce raeme efprit peut etre-capable iors-qu’ il est dans Ion erat nature! ; que la honte du gout des Änciens eil jugemeat.asies averee par les-autres choscs qu’ils ont cstimees avec raifon , puil-que l’excellence de ces cböses nous est connue » 8c enfin qu’etant per- Qy’eff-«suadez comme nous le fommes, que'les autres ouvrages admirables,J? 1 ’ 01 * P eBt' ' Sme //.. Rr que L “