D E L A MUSIQ^UE
gout Sc que leurs grands genies ont produit dans Ia Peinture , dans 1’Afchitec-desouvra-ture , dans Ia Sculpture , dans Ia Poesie, &c. ne sont point indignesgcs des ^ ^ es g ran( j es louanges que les Ecrivains leur ont donnees , nous devonsnciens. p r £p umer q U » en esi de meme de leur Musique.
Car je repons que si nous sommes perfuadez de la grandeur incom-parable de toutes ces merveilles , il fe peut faire que ce n’est que sau-te d’y avoir pense asses attentivement; & que les miracles que Ton al-Qii 1 est-re legue de leur Peinture, pour ne point parier des autres, ne sont pointquel’on plus croyables que ceux que Pon attribue a leur Musique, si Pon exa-doitcroire mine ce que cette Peinture pouvoit etre par les temoignages que lesde leur re ß es <j e pAntiquite nous peuvent fournir, qui se reduisent a leurs ou-& de leur vrages de Sculpture , qui leuls ont ete comervez , £x aux conjecturesSculpture > que Pon peut tirer de ce que leurs Auteurs ont ecrit de la Peinture.
Or pour ce qui est de la Sculpture, il est vrai que nous en avons defort beaux ouvrages > mais la perfection des ouvrages de Sculpture nedoit point faire conclure celle^le la Peinture > parce qu’il n’y a au-cune comparaifon de Part &C de 1’industrie qui est necessaire pour reiif-sir dans la Peinture, avec cd qui suffit pour la Sculpture. La raisonde cela est , qu’un Sculpteur n’est a Pegard de la nature qu’il imite,,que ce qu’un Peintre copiste est a Pegard d’un tableau qu’il.copie»;ou que le Maqon , qui moule une statue, est ä Pegard du Sculpteurqui l’a faite.
Ce(]iTil y L’art , qui est partieulier ä la Peinture pour reprefenter les distan-adediffi- ces Lc les reliefs, Lt la veritable sigure des corps par Papparence desdistances & des reliefs, est une chofe tres difficile , dans laquelle lesAnciens pourroient n’avoir reiiffi que mediocrement, quoiqu’iis eus~fent excelle dans la Sculpture j mais ces memes ouvrages de Sculptu-re , qu’ iis nous ont laissez , nous sont connoitre qu’ iis ont ignore lesin de la Peinture , puifqu’ iis sont voir qu’ iis ont manque dans lesprincipes les plus communsj cela fe prouve par les bas-reliefs que nousavons d’eux , oü Pon remarque qu’ iis n’obscrvoient point les reglesnecesiaires a la reprefentation des distances dans leurs Peintures, puif-qu’iis ne les obfervoient point dans les bas-reliefs, qui sont des ouvra-ges que Pon peut dire participer autant de la Peinture que de la Scul-pture: car 'il fe trouve dans leurs bas-reliefs que les figures qu’ iis veu-lent reprefenter eloignees ont la meme force & la nsome grandeur quedans leurs ce ]] es cj U ’ iis veulent faire paroitre proches.
liess' 6 " Pour ce qui est des particularitez que nous lisons dans leurs Auteurs,qui peuvent nous ifaire connoitre quelle etoit Pexcellence de Part queIis etoient] es Peintres employoient dans leurs ouvrages , ie me contenterai d’an-cezdans porter quelques uns des temoignages , qui sont en grand nombre,kssecrets pour faire voir combieq iis etoient peu avancez dans la connoissancedela Pein- des fecrets de la Peinture. Pline au Ihre XXXVI. chcis. XXV. rapporte
com’-
Mirabilis ili columba bibens, & aytam umbra capitis infuscans.
In quotdifferentun Scul-pteur Lcun Pein-tre ?
eile dansIa Peintu-
Les An-ciens ontignore lefin de laPeinture.
Iis n’ob-servoientpoint deregles
ture.