zzF LA M-E-CHANIQUE
erneut sensiblement un Insecte ne caule aucun sentiment ä un grandiAnimal.
Les Anciens, qui ont fait beaueoup d’Experiences & d’Observationsfur tout ce qui appartient aux Abeilles, n’ont point cru qu’ elles ouiT-fent le fon de 1’airain que l’on void qu’elles solvent. Aristote temoi-gne que c’est son sentiment. Mais ce Systeme , que je propose duseus unique & universel des Insectes, expiique (ce me semble) assesbien ce Phenomene : car soppofant cette extreme delicatesse qu’il y aapparence que ce sens a dans ces petits Animaux , on peut dire qu’ ei-le va jusqu’ä etre egale ä celle que 1’organe de 1’oui‘e a dans les grands:c’est-a-dire, que 1’emotion, que . 1’air regoit dans le bruit, & qu’ilcommunique ä 1’organe de 1’ou‘ie , laquelle est trop delicate pour etresensible au toucher des grands Animaux., est proportionnee ä celui desInsectes.
Enfin pour expliquer ce qui nous paroit du sentiment de ces Ani-maux , on peut dire que si 1’exhalaison-, qui sei t d’un Lion mort, Sc.du suere enferme dans une boite , touche de si loin une Mouche Sc.une Fourmi, Pexhalaison de la main , qui savance pour prendre uneMouche , peut recevoir par le mouvement une alteration capabie detoucher cet Animal d’une maniere qui l’oblige a s’envolerj & d’ail-seurs on ne peut pas croire, qu’une Mouche ou une Sauterelle voye lamain qui s’approche > parce que de quelque cote qu’on s’avance , eilela sent egalement, n’y ayant pas plus de facilite a la prendre par der--riere que par devant: au contraire pour attraper une Mouche il la.faut prendre par devant, parce qu’ eile ne manque'jamais a s’aller jet-ter dans la main , le mouvement ordinaire de son vol erant en devant:ce qu’ eile ne feroit pas neanmoins , si eile voyoit la- main , & que laconnoisiance qu’ eile a de ce qui Tapproclie fut auffi parfaite que. celledes au tres Animaux , qui ne connoisient pas sculement la presence desob jets, mais qui sent capables d’en discerner toutes les circonstances, .telles que sent celles de la situation , de la grandeur , de la figure , & .de la couleur , qui sent des choses que les Animaux dont il s’agit neconnoisient point, puisque la Mouche,, qui a fui la main qui s’appro-choir d’elle ,. y vient un moment apres qu’ eile ne se remue plus : Sc1’on peut dire que quand un Papillon se jette dans la flamme d’unechandelle, il est attire par la chaleur , & non par la lumiere; de me-ine que quand une Mouche a miel va frapper contre un chasiis , parlequel la lumiere entre dans une chambre oü la Mouche est ensermee, .la iumiere ne 1’attire point comme un objet visible , mais parce quela: lumiere du seiest produit toujours quelque chaleur : car pour ce quiest des parties qu’on decouvre dans les Insectes avec le microscope,qui paroissent etre des yeux , & dont on en void trois fur la tete des.Mouches, & plus de cent fur celle des Scorpions, on n’e'st point con-waincu qu’elles soient des yeux veritables- .