DES ANIM-AUX. I. Partii, Chap. II. 339
Chapitse II.
§lue les organes des cinq fens.sont differens par Ja diverßte desparties , qui les defendent , ou qui les rendent sensibles .
M Ais pour venir aux merveilles des sens, dont les caufes ne nousLesam-font pas si inconnues , il saut parier de la prevoyance 6t de lamaux plusfin que la Nature s’est propofee dans les fens des Aniraaux parfaits, &P arfa . ltsdes moyens lngemeux qu eile a invcntez pour y parvenir. p ens .
Les fens etant instituez pour faire fcavoir aux Änimaux quelles föntles chofes desquelles iis ont interet d’avoir la connoiffance, comme acau ^ ecette connoiffance a du etre plus parfaite & plus distincte dans les au- ^ rffcftres Animaux qu' eile n’est dans les Huitfes, dans les Mouches, 6tb!esontdans les Vers.de terre , il a fallu que leurs fens fu stent capables de lesdcscircon*instruire 6t de les informer de toutes les circonstances qui fe peuvent^Vfremarquer dans les objets j & ces circonstances etant differentes en te ' s eietl *gerne ne pouvoient etre connues bien precifement par un feul fens.
Car comme les objets eil general fönt ou proches 8t joints au corps,!?^ 11 ® 1 '® 5ou qu' ils en fönt eloignez y les objets conjoints fönt connbitre leur(j ans lesmouvement, leursigure, leur grandeur, leur pefanteur, leur durete,objetslern* froideur , leur chaleur , 6t les autres qualitez de cette nature par con j°. !t \ ts >le toucher, & leur faveur par le gout; les objets feparez fönt connoi-tre leur odeur par l’odorat ; le froistement que le choc leur fait fouf- f ent parlefrir par l’ou'ie ; 6t leur couleur , leur mouvement, leur grandeur, 6t tqucher Seleur figure par la vüe. P ai ' ' e
Les moyens , que la Nature employe pour parvenir ä ces fins , font° ou *premierement de rendre de certaines parties du corps tellement delica- ou danstesqu'elles ne puistent etre touchees par les objets , tant ceux quijvfönt proches que ceux qui fönt fort eloignez , qu'elles ne foient «m-emües chacune de la meine efpece de mouvement qu’il est necestaire noissentde fuppofer dans les objets pour faire qu' ils foient sensibles. par l’odo-
Pour cela les nerfs destinez a la sensatio n ont une fubstance moste,delicate, 6t pleine d’efprits, que le cerveau leur prepare, par lefquels avue "cette fubstance est rendue tellement subtile, quoique compacte, 6c Pour ren-tellement mobile en chacune de fes particules, quoiqu’arretee 6t per- dremanente en tonte fa mäste , qu’il ne fe peut rencontrer de mouvement s^capa-afses subtil 6t afses delicat dans les objets qui n’en produife un pareil bles dedans cette fubstance. sent "‘» ll
Le fecond moven necestaire ä la connoiffance , que les Animaux ? a d ® u c Kpeuvent avoir par les fens , a ete ae faire en forte qu£ ces parties si f ?a y 0 ir,delicates püsient etre ainsi ernstes par les moindres agitations de leurobjet, fans etre blessees par les plus rudes 6c par les plus violentes,?® donner
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