A MONSIEUR PERRAULT. 684 äa.
«lue vous apportez du defaut de Vision qui se fait fur la bafe duNerf.
La premiere est presque semblable a 1’une de celles que donne Mon-teur Pecquet , sinon qu’au lieu d’une houpe de petits fibres qu’il faitLortir de la bafe du Nerf, vous la couvrez d’unfagot de fibres ferrees.Mai s cerre Hypothese est contraire aux observations, car ces fibresU’ont jamais ere apper^ües de personne. J’ai manie & presse entre*nes doigts plusieurs Retines de plusieurs sortes d’Animauxj je les aire gardees avec d’excellens Microscopes, Lc je n’y ai jamais pü remar-«Juer qu’une mucosite uniforme , sans autres silamens que ceux des pe-ctes veines & Arteres: Sc c’est en consequence de ces observationsque je nie 1’existence de la premiere caule que vous donnez du defautde Vision qu’on remarque dans man experience.
Je nie auffi 1’existence de la seeonde , c’est a dire, que' je foutiensqu’il ne passe dans l’Oeil aucune lumiere sensible par derriere au tra-vers des Nerfs-Optiques. La raifon est , que la lumiere qui a faitplusieurs reflexions, est plus foible que la lumiere directe : or si jecouvre exactement mes deux yeux avec mes deux mains, & que je lessienne fermez en meme tems , j’apperqois une obscuri te a ussi enti ereen me tournant vers un objet fort eclaire, qu’en me tournant vers uniieu tres-obfcur. Cependant la chair des mains & les paupieres ne sontPas plus epaisses, & fönt auffi transparentes que les muscles de 1’Oeil,öt que les fibres & les envelopes duNerf-Optiquej 8t par consequentL lumiere devroit pasier directement avec autant de fadlite ä traversLs mains, Sc ä travers les paupieres, qu’ä travers les muscles del’Oeil,& ensuite par reflexion a travers le Nerf-Optique : d’oü je conclusqu’il nepeut passer par derriere aucune lumiere sensible ä travers laba-te de ce Nerf.
II m’est encorefacile de prouver que si cescaufes etoient veritables,£’est ä dire, s’ilyavoit un vaisseau de fibres qui etöupät la bafe du^erf-Optique, ou s’il y passo it une lumidre considerable par derrie-£ e > ces choses fupprimeroient auffi bien la Vision dans le reste de la'Urfhce anterieure de la Retine , que dans le petit cercie qui reponddirectement ä cette bafe : car puis que cettc petite surface circulaire^'est p aS moins polie que celle ou passe 1’axe de la Vüe , puis qu’ellestent egalement contigues a 1’humeur vitree ; 1’impreffion que 1’unele §oit de la lumiere ne s’etendroit pas plus facilement que celle quep$oit 1’autre a travers ce faisseau de fibres, pöur se communiquer auLerveau j & le mouvement precipite des esprits Visuels, que voustepposcz en cet endroit, n’empecheroit guere moins leur tranquilitel’ axe de la Vüe, que vers la partie qui est directement expofee
c es fibres ferrees. II m’est encore impoffible de comprendre comme1 fe pourroit faire que la lumiere qui passeroit par derriere parl’ouver-^re que laisse la Choroide , ne püt faire fon impreffion que preeise-
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