DES FONTAINES, I. Partie. 785
te les porte vers la colline expofee au levant , en leur saisant faire letrajkt de toute l’epaifleur de laamontagne. II süpose que cette reib'lutfon de vapeurs en eau est faire par la chaleur du feu soüterrain dontil a ete parle ci-devant. 11 croit auffi qu’ il entre dans la terre , parPenetration , beaucoup d’eaux de pluye que la meine chaleur fair eva-porer au haut des montagnes, & resoudre en eau : Et conclut enfitfquertoutes les eaux ont pour principe les pluyes & les vapeurs humi-des, lesquelles penetrant la terre forfl les puits , 8c en fort^it devien-nent fontaines , & de fontaines deviennent rivieres. 11 tiic auffi queles terres horisontales laillent entrer dans eiles toutes les eaux de pluyes,que les verticales n en re^oivent point, & que les penchantes en re-solvent une partie plus ou inoins felon leur pente.
Reflexions für Vopinion du Pere Jean Franpois.
L Es reflexions que Von pourroit faire für cette opinion , fönt celles-lä me-mes que nous avons deja sattes für d'autres femblables : A quoi Vonpeut ajouter , qu' ä l'egard des fources qu' il dit etre plus ordinairement auxcollmes expofees au comhant , qu' d celles qui jönt expofees au levant ; ce~ fentiment n'eft pas le plus ordinaire : car Von croit avoir remarque par expe-rience le contraire de ce qu' il dit , ce que Von fonde yneme für le cours du,Soleis qu' on dit avoir beaucoup de puiffance für la produbiion des fources ,(ß für les lieux de leurs sorties : mais cela n'efl qu' une opinion fans fonde-ment valable ; l'objeSlion qu' on j pourroit faire feroit auffl bien legere , quoique la remarque de notre Auteur ne foit pas plus ajfüree. Pour ce qüi re-gar de la penetration de la Perre par les eaux des pluyes , nous en parleronsamplement dans la fuite de ce Difcours : Mais a l'egard des puits qu il ditetre caufez par les eaux des pluyet , il me femble qu' il devoit en avoir parleavec plus de reflriäion qu' il n'afait , Iß ne pas attribuer la cauje de tous-les puits fans referve aux eaux de la pluye-dans le fens qu' il l’entend ,.
P A L I S S Y.
B Ernard Paliffy , inventeur de rustiques figulines , dans son traitedes Fontaines , imprime ä Paris en l’annee ip8o. dit, qu’ayant con-sidere de pi es la caule des fources des Fontaines naturelles, il a connuqu’eiles ne procedoient & n’etoient engendrees que des pluyes; Et au-paravant il dit-, pariant des puits , que leurs eaux fönt feulement desegoüts des pluyes qui tombent alentour; & en un autre endroit, par-,laut des petites ifles de la Mer ou il y a de l’eau douce, il dir que cen’est que des egoüts des pluyes traverfant la terre jusques ä cg qu’ diesayent trouve fonds. Et en un autre encore il dit, qu’on ne rrouverajnmais de fontaines en une terre fablonneuse, pource que les.eaux depluye qui tombent fur la Terre s’en iroient toüjours tnbas jusques au
‘Tome V. Hhh hh cen-