Band 
Tome second.
Seite
784
JPEG-Download
 

7 «4 D E L’ O R I G I N E

Reflexions fur Vopinion de M. Rohault.

L A difference qu'ily a de Vopinion de M. Rohault a cette de Lydiat (fide M. Du Hamel, efl que ces deux-ci donnent raifon de la chaleurqu' iis difent caufir les vapeurs de la terre , en suppos ant un feu fiuterraincontinu (fi continuel qui Vechaufie , au Heu que notre Auteur non plus queM. Descartes meme nen rend aucune ; se contentant de dire que les vapeurssont causees par la chaleur qui se rencontre dans la terre , Jans dire ce quicause cette chaleur: comme s'il vouloit faire croire que naturellement laTerre e fi chaude au de dans , ce que pas un Philosophe que je flache n'a ditencore , au contraire on lui attribue entre autres qualitez celle de froide ,comme dit Lydiat; car s'il vouloit dire qu il efi inutile de prouver une choflqui efi connue , U que cette chaleur , comme il dit ensuite , se trouve etreplus grande , plus on descend has , il fi pourroit meprendre , cette chaleurpretendue n'itant pas aSluelle , mais fiulement apparente £ 5 ? comparative äla chaleur ou ä la froideur du dehors , comme il a eti dit bien au long furVopinion de Lydiat ; £ 5 ? s'il veut s'en tenir ä ce que Von fent dans la terre ,ilfaudra qu' il demetire d'accord qu' il y fait froid en Efi e , ce qui caufiroitune autre dijficulte a son opinion s pource que par cette raifon de fraifcheurii ne fi feroit point de vapeur , (fi les fontaines cefieroient de couler , (fi parconfequent les rivieres dont elles sont les. amas , comme il dit ; car [elon qu' ille fait entendre le cours (fi la fiibstance des fontaines n'est fonde que fur cet-te vapeur convertie en eau ä mesure que la converfion s'en fait , (fi c'eft laraifon que rend Aristote pourquoi les montagnes rendent leurs eaux petit apetit.

Les autres difficultez itant les memes qui ont ete remarquees fur les opi-nions de Lydiat (fi de Du Hamel, il n'y fera pas fait de nouvelles re-ponfis.

LE PERE FRANCOIS.

J Ean Franfois Jesuite , dans fon livre intitule la Science des eaux , im-prime a Renues en Bretagne en l6;y. condamne 1’opinion de ceuxqui donnent les eaux de la Mer pour principe des Fontaines, 8csoutient qu'elles tirent leur origine des vapeurs humides que les ventssont entrer dans la terre par les endroits qui leurs sont opposez : com-me sont les collines Lc principalement celles qui regardent le couchant,d’oü viennent les vents les plus humides , & que ces vapeurs se con-vertissant en eau sont les fontaines , qui sont par cette raifon plus or-dinaires aux Jieux qui ont cette expolition , qu a ceux qui 1’ont con-traire ; que s’il so trouve qu’ il y ait de ces lieux-la ou il n'y ait pointde fontaines , &qu’au contraire il y en ait fur ceux qui regardent lelevant, c est que ces eaux ont trouve un fonds de glaife dont la peri-te