DES FONTAINES, II. Fartir. 7S9 ♦
Ja Penetration de la terre far ces eaux-lä ; £ 5 ? leur arrit jurmelquefondsde terre grajse £ 5 ? argileufe , pierre , ardoise ou mineral , cornm dit Paiifiy,vr-r/ar quelque autrefonds-solide £j? non spongieux , comme dit Vitruve.
Pa« yae c'est dorn la leur pensee , £ 5 ? prohablement celle de tous ceux quifuivent cette opinion , examinons-la , £s? voyons quellet fönt les difficultezqu' on peut y remarquer. Tour moi j'y en trouve deux principales. La pre-' <?/? cette pretendue Penetration de la 'terre par les eaux de la pltiye,
yaz «e WS femble pas poffible de la maniere qu' ils Ventendent ; la feconde eflque je ne croi pas qu' il tombe ajfez d'eaux de pluye & de neige , pour quela terre en puijfe etre abreuvee autant qu' il le saut , {3 qu' il en p'uijserefler encore ajfez pour faire couler les fontaines , les rivieres & les fieuvesqui en fönt produits , comme ils difent , par les moyens qu. ils fuppofent.
Avant que d'entrer dans la difcujfion de ces deux difficultez , je veuxr apporter ici une experience que j’ai faite , qui pourra donner quelque lu <■miere ä ce que mus avonsffi dire.
. Il effodit ci-devant dans T opinion du Pere Schottus Jefuite , ya’Ema-nuel M agnanus aiant mis du fable dansmn cayal , l'eau y etoit montee juf-ques k la hauteur de trois palmes. Pour voir fi cela hoit vrai , fiar enfait d'experiences d' Auteurs de nouvelles decouvertes on ne peut etre tropdefiant ) j'ai pris un tuyau de plomb de vingRlignes de Diametre (3 de deux Wpies de long & I' aiant ferme par enbas avec de la toile , comme le decrit
Mag'nanus, (3 I' aiant rempli de fable de Riviere fec 13 paffe au gros fac ;je Vai pofe perpendiculairement dans un vaiffieau d'une large superficie (3 depeu de profondeur plein d'eau , la partie fermie en bas , (3 enfoncee dansl'eau de quatre lignes feulement , 13 Taiant laifj'e en cet etat l'efpace de 24heures , je trouvai que l'eau du vase avoit monte dans le canal jufques d "
18 pouces de hauteur , dont le fable etoit moüille. J’avoüe que j'en fusajfez etonne , ne nietant pas imagine qu' eile püt monter fi haut ; £ 5 ? con-tinuant de verifier cette experience , je voulus voir fi cette eau ainfi montee'pourroit s'ecouler de cbte £3 d'autre pour faire des fources -, que Magnanusdit de faire de la forte , (3 en merne tems il me vint en la pensee que ß celapouvoit itre ainfi , le mouvement perpetuet feroit trouve. Pour etre dorneclairci de tout , je fis au canal une Ouvertüre de fiept ou huit lignes de dia-metre , deux pouces au dejfus de la furface de l'eau du vafe , ä laquelle'Ouvertüre je joignis une petite goutiere de deux pouces de long , allant en pen-chant vers l'eau , dans laquelle goutiere je mis du meme fable fec , qui fijoignoit ä celui du canal ; £s? defius ce fable, dans la goutiere, j'avois misun papier gris dont le bout fortant hors de la goutiere pendoit a plomb ä de-mi pouce prfo de l'eau du vafe , m'imaginant que ce fable allant en pentvdans la goutiere donneroit quelque commodite de l'eau qui etoit montee dansce candl, £s? qui devoit fi communiquer au fable de la goutiere , d'y dejcen-dre 13 de couler plus facilement , d quoi ce papier gris devoit aujji fervir dequelque chofe d ce qu il me fembloit : m'imaginant aujji que Teau du vafe •fourniroit ce qu il faudroit pour remplacer. ce qui pourroit firtir par cette ;
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