DES FONTEI NES, II. Partie. 791
que cette terre feche , comme elle^ etoit , %e pouvoit etre disposee d etre pe-netree pur l'eau qu' apres avoir ete moüillee de trois phioles ist demie d pro--" portion des 18 pouces de haut & du diametre du canal oh eile etoit , lef-quelles trois phioles ist demie*font 'la troifieme partie de la hauteur desdits* 18 pouces. Enfin pour achever cette derniere experience , toute Veau quej’avois jettee fur cette terre et ant paffe e , comme f'ai dit , je laiffai le canal. ist la terre en Vitat qu' iis etoient durant trois jours , apris kfiquels j'y ver-sas une phiole d'taups mais il n'en paffa que les trois quarts d cause , commeil y a apparence , que le deffus de la- terre s'etoit un peu feche y ist y aiantenfuite jette une aut re phiole d'eau , eile paffa toute.
Cette experience me fit songer d me autre chofe qui etoit de voir , fi del'eau salee monier oit dans ce fable avec fion fefousienfe percolant enmontant de bas en haut , eile le quitt er oit comme quelques chimistes m a -voient affure : mais Veau salee monta jusques aux 18 pouces , ist le fableit oit sale en haut comme, en bas , ist sil paroiffoit V etre un peu moins , je 'croi que c'efi qu il n'etoit pas fi moüille.
Je tire beaucoup de consequences de cette experience. Premierement jeconnois que Vopinion-de Magnanu s n'est pas recevable , (F qu' eile nefit fon-dee que fur uns ait qui n'efi vrai qu' d demi surquoi je r emar que en paffantque ce que f ai dit ailleurs e fi bien veritable , que la plüpart de ceux quifönt des experiences fur des decouvertes dont iis veulent pajfer pour les Au-teurs , ne les veuleqefp, regar der que du cote ' qu e-lles servent d leur dessein , ,>comme a fait Magnanus qui vouloit seulement prouver le succernent< de Veau-par la terre.
Secondement je verifie ce que j'ai dit ci-devant fur Vopinion des Connim-bres, que les chofies qui attirent , comme Veponge , le fable r ,istc. ne rendentpoint ce qu' elles ont attire. ' r -
En troifieme lieu r que la Terre n'est point penetrde par Veau pour la laifi-fer passer toute , qu eile ne foit moüillee entierement r , V qu' eile ne foitmolle comme du mortier.
En quatrieme lieu-, que pour momller de la terre ist la rendre disposee dla Penetration , il saut de Veau la troifieme partie de la-hauteur ist. epaiffeur'de la terre.
En ciyquieme lieu , que quand.il cejse de couler de.Veau d travers la ter-re , la terre perd sa dijpofi-tion. d la penetratian , laquelle ne se peut reparerqu' avec perte de partie de Veau qui y sera jettee de nouveau plus ou moinsfielon le tems de la ceffdtion y oufelon le hafle ist le chaud qu' il aura fait.
Enfin que la terre d travers laquelle il a paffe de Veau est moüillee da--vantage- en bas qu' en haut , foit que Veau y foit ^mantee comme en Texpe-rience de Magnanus, foit qu eile y foit defcendue apres que la terre yete preparee comme en mon experience.
Pour reprenclre donc notre Difcours S- examiner les deux dijficultez que"f ai remarquees fur Vopinion Commune ; a legard de la premiere , qui eficette penetration que je croi ne Je pouvoir faire ^ comme iis croyent y. Je diraz-