DES FONTiUNES, II. Partie. 793
C'eß par unesemblable rdtson que. ces mares £s? ces foff'ez conservent leitrsediix cüfflme Von voii: car les eaux troubles qui s'y resident venant ächircif par le repos , laiffent aller au fohch le limon gras dont elles etoienttroublecs , lequel bouche les pores de la terre & fält ßü semblable courrbi ,qui empcche que Veau ne paffe plus avant ; £s? de fält qui voudra foülllefclans le foncls de ces mares il y trouvera la terre dure £j? prefque seche. IIen est de mime de^ces foffez & vuidstnges dont nous avons parle.
Mais paffons plus oütre , ne nous arritons point , hi au raifonnement deSeneque , ni d nos experientes de ces caiffes d' arbriffeaux , de ce monierde terre , de ces mares , foffez , £s? terres noyees par les eaux , ni d ce rai-ßnnement du limon des eaux troubles Entrons dans le solide de la terre £5?voyons , s'il efi poffible , Comment eile efi faite au dedans , & de quelle qua-lite eile eß quand on la foüille un peu avant ; defcendons jusques für cetteglaise , ou les eaux orit acoütime de defcendre & de s’arreter , comme ilsdifent.
Le mime Seneque affure que les eaux de la pluye n'entrent point dansla terre plus avant que dix ptis , ce qu il affirme comme un bon vigneronqu' il dit qW il eß , qui a fouvent creufe la terre. Pour moi , par les expe-riences & par les remarques que j'ai fait es en des tems differens: je nai pastroitve que cette penetration dllat ß avant ; j'ai fait ouvrir la terre fur desmontagnes , für la pente des collines , dans ie bas des plaines , dans des jar-dins cultivez , apres de grandes (ff longues pluyes , je n'ai jamais trouve laferre momllee plus avant qu' un pie £5? demi du deux pies , & immediate-ment apres je Vai trouvee de maniere qu' on la pouvoit dire seche , & durede teile forte qu' il faloit la besoche ou le pic pour Ventamer , la besehe ni lahone ne pouvoient y entrer. ffai fait creuser des puits ; j'ai cherche’ deseaux für le penchant des montagnes ; j'ai trouve pareille chose d I' Ouvertü-re de la terre , c'eß d ehre pareille humidite d l'entree , ö* pareille feebe-reffe plus avant fans aueune apparente qu' il y eüt coule de l'eau , ni qu' eileen eut jamais ete moüillee ; j'ai trouve que cette fechereffe de terre conti-nuoit toüjours , jusques d dixhuit ou vingt pies de profondeur , quelquefoisplus , quelquefois moins : tantot c'etoit de la terre , tantöt du fable , d'au-tresfois du gravier ; j'y ai rencontre une fois parmi des demolitions de mai-fons de la cendre tellement seche , que le vent la pouvoit empörter d peu prescomme celle que Von viendroit de tirer du feu , (ce qui efi d remarquer ,fource que ces demolitions devoient avoir plütöt donne paffage d Veau de lapluye pour venir moüiller cette cendre , qiV une terre neuve non remuee .)Enfin apres avoir foüille' jusques d dix-huit ou vingt pies , j'ai trouve dufable un peu humide , ou bien de la marne , du crayon blanc , ou glaseblanche , pareillement humide , £5? qui continuoit de l'itre ainfi de plus enplus environ un pie £5? demi : & apres j'ai vu de Veau paroitre dans le tuf ,entre des cailloux für un lit de glaise , sortant d gros bouillons plus cu moinsfelon que la veine etoit feconde.
Foila en quel etat j'ai trouve le dedans de la Terre quand j'y ai cherche *
Tome F. lii ii des