802 DE L’ORIGINE
•volt se deborder en Automne se secheroit comme les autres s’il n'e'toit fieccu-ru par Jes neigcs qui se sondent dans les lieux ou il prpnd son origine , (fidont les eaux font long-tems en chemin avant que d'arriver en Egypte en-core ne le fi roient-elles pas deborder fi les bords de son lit n'etoient fort bascomme iis sont: car il ne deborde point ailleurs j auffi dit■ on qu' autresois1'Egypte etoit fubmergee , (fi qu eile n'efi devenue habitable qu' en suite desfrequens debordemens de ce fleuve, qui lui ont amene des terres que les eauxde ces neiges qui le font deborder y ont entrainees en fondant fur les mon-tagnes s (fi en effiet , des sept embouchures dont parle 1'antiqnitf il n'y ena plus que deux qui coulent dans la A4er (fi qui soient navigeables , deuxqui n' ont que tres-peu d'eau (fi les trois autres font entier'ement comblees deterre , au rapport de Pierre de la V alle e.
Si donc il y a une fi grande difproportion entre la maffie de la terre (fila hauteur des montagnes , qu' elles ne soient en comparaison d eile que cequ' eft la poudre sur ces globes terrestres , (fi qu' une boule de marbre bienpolie est encore trop rabotteufie pour reprefienter fia rondeur Et fi, les Ri-vieres font d l’egard des montagnes ce que les montagnes font d l' garcl dela Terre , comme il eft aife de le juger pour peu qu' on ait confidere dedeffius quelque haute eminence les Rivieres qui coulent dans les plaines , quine paroiffient que comme des filet s luifans s (fi fi la profondeur des Rivie-res eft encore moindre stans comparaison que leur largeur que nous avonsevaluee a la quinzecentieme partie de Vepaifieur d'une feuilie de papier dProportion du diametre de ces globes , y a-t-il apparence apres tout cela decroire que les eaux qui coulent dans de fi petit s efpaces , puifi'ent egaler cettemäste prodigieufe de toute la Terre ?
Je fi$ai bien que ces meditations ne font pas des argumens convainquanscontre la propofiition /Aristote: mais elles peuvent toüjours donner quelquelumiere , pour faire juger que ces eaux des fle uves n'egqleroient pas la maf-fie de la terre non pas en un an , comme il dit , mais en mille ans ; (fi quequand il a avance cette propofiition il s'eft laiffie empörter d la grande ideeque le tiombre (fi la grandeur des fleuves lui mettoit dans Tefprit . fansfaire refiexion fur la grandeur immense de la Terre.
L'on me pourroit dire que quand Aristote a avance cette propofiition tc a (te moins pour foütenir que Veau des Rivieres durant une annee egaloitla grandeur de la Terre , que pour donner d entendre que les eaux des pluyesnc pouvoient pas suffire aux ecoulemens contimels des Rivieres : De forteque quand bien Von voudroit fe rendre d la conclufion que je tire de mesmeditations , (fi abandonner Vobjedion /Aristote d l'egard de 1'ctbondancedes eaux des Rivieres , il refleroit encore celle de la modicite des pluyes yqui est une objeStion fioütenue du fientiment de toute la Philosophie ancienne(fi nouvelle.
Je repons , que fi les fontaines (fi les fleuves font engendrez , comme ledit Aristote, de 1'air condense (fi refiolu en eau dans les cavernes de la ter-re , c'eft d dire , comme 1'explique Lydiat , de la vapeur que son humiditi
exha -