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Tome second.
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807
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DES FONTAINES, II. Partie. 807

fieurs etages , Tone tantöt de niveau , tantöt en pente 8c inclinez d’ut»cote ou d’un autre , tantöt crcux en forme de baßins ou goutieres,tantöt relevcz en boffe 8c failant peme des deux cötez ou lout alen«tour , comme des goutieres ou des bassins renverfez ; quelqueföis fecontinuant les uns avec les autres quand ils fönt d’une pareille eleva*tion , d’autres fois fe separant 8c laisiant des efpaces de terre entredeux plus ou moins grands, 8c cela en toutes les rnanieres , formes,figures, lituations, grandeurs 8c capacitez qu’on fe peut imaginer.

Que fur cette glaile ainsi dispofee , il y a de la terre graveleuse en-tremelee de cailloux 8c de pierres de toutes groffeurs, qu’on appelletus. Qu’il y a beaucoup d’endvoits , foit dans les montagnes ou ail-leurs , oii il n’y a point de ces lits de glaife ; mais feulement de Jaterre pure, ou du fable, fablon ou autrement.

11 n’y a perfonne qui ne convienne de cette difposition de terre audedans, 8c l’on peut remarquer que quand on tranche une partie dequelque montagne un peu profondement, Pon voit que la terre quireste est quelqueföis entrecouppee de differens lits de glaife avec letuf au deffus qui marquent des lignes droites 8c courbes en haut 8c en-bas en toutes lortes de faqons.

Je fuppose aussi que la terre qui est entre ces lits de glaife , n’est pastout-a-fait solide: mais qu’elle a des pierres cntremelees , 8c qui ne fejoignent pas si bien Pune a 1’autre qu’ il ne reste des intervalles vuidesoit il n’y a que de Pair ; 8c qu’ il y a de ces pierres-la en grande quan*tite 8c de differentes groffeurs dans le corps des montagnes, entasleesles unes fur les autres qui leur servent de fondemens 8c de foütiens ne-ceffaires. Ces pierres 8c intervalles fönt ce qu’on appelle , cavernes,canaux 8c conduirs fouterrains , qui en s’elevant de la forte depuis lebas des montagnes jufques en haut , les percent 8c traverfent avec leslits de glaife qu’ils rencontrent en leur chemin , foit a plomb, foitde cote ou obliquement.

II n’y a perfonne qui puiffe difeonvenir de ce fair pour peu qu’il aitfoiiille dans une montagne , .foit en, haut foit en bas , 8c qui n’y aitrencontre des pierres en grande quantite.

Je fuppose encore , que desibus toutes les plaines basies ou coulentles Rivieres , il y a un Iit de glaife continu , foit qu’ il foit de niveairou non, qui va fous les Rivieres 8c Ibus les plaines fur lesquelles ellescoulent , & auffi fous les montagnes memes quelque elevees qu’ eile»foient. Que fur ce lit de glaife continu 8c universe! il y a non feule-ment du tuf, comme fur tous les autres .* mais beaucoup de fable purd’une hauteur ou epaiffeur considerable, entrcmele de cailloux de tou-tes les groffeurs , 8c quelqueföis entrecoüpe par etages de ces autreslits de glaife avec leur tuf, dont nous avons parle.

Cette difposition est pareillement constante , par les experiencesqu’on fair tous les jours de cette verite en batissant de grands edisi-