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Tome second.
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DES FONTAINES, II. Partie. 819

peur, Si l’on veut pousier encore plus avant cette reflexion, l’on peutdire que si les Medecins n’ont pas ordinairement bonne couleur , c estä cause qu’ils fönt continuellement dans des lieux remplis de vapeursmauvaifes qui fönt für eux un femblable esset quoi que contraire.

II y auroit encore beaucoup d’autres choses lemblables ä dire, com-me des odeurs, des maladies contagieufes , &C autres , qui ne peuventavoir leufs effets que par une maniere d’evaporation 8c de separat iondes parties les plus subtiles, que j’obmets, pour dire que l’eau , com-me toutes les choses humides , elf naturelleroent difpolee ä l’evapora-tion,8c que cette evaporatio» n’eft qu’une elevation de. fes parties lepa-rees fans aucun changement, & que quand ces parties peuvent so join-dre,elles reprennentla meme forme 8c consistence qu’ellesavoientaupa-ravant, ce qui arrive ä l’eau plus particulierement & plus efficacementqu’a quelque autre chofe humide que ce foit a cause de fa simplicite.

Mais quelles que ioient les raifons que j’ai donnees & que Ton pour-roit donner de l’evaporation, il est certa in qu’ils’en fait une tres-grande dans la terre & principalement durant l’hiver. Cela fe voitdans les caves de l’obfervatoires Royal, oü pendant le plus grand froidla vapeur est prefque palpable , & fe convertit en eau contre la voutedes divers sonders qui y sont d’oü cn Ja voit couler 1c lang dds mu-railles jufques^ en bas oü eile fait de petits ruisieaux.

Dans les caves des maifons de Paris qui ne fönt pas si profondes , ilfe voit une femblable vapeur qui rend humide , & qui fait ä la sinpourrir tout ce qu’on y mis, les foüpiraux au’on y fait ne ferventqu’a donner issue ä cette vapeur , laquelle l’on voit fortir en hiver , &des puits auffi comme une fumee qui so gelant aux bords de ces foü-piraux & de ces puits , y fait une maniere de neige qui devient eauen so fondant.

Le bois qui a fejourne quelque tems dans ces caves , rend beaucoupd’eau quand il est mis au feu , quoi qu'il ait ete mis fec dans ces ca-ves, & que quand il en fort il ne paroisie point etre humide.

11 n’y a pas feulement des vapeurs humides dans les caves , & dansles puits: il y eh a auffi dans le corps de la Terre epais & maffif com-me il est. Ce que l’on peut juger par les grands arbres plahtez dansdes Courts de quelques grandes maifons de cette ville, ils fe nourrisienc& croisient tous les jours de plus en plus; & comme la nouniture nepeut pas leur venir des pluyes ä cause que ces cours Tont pavees äehaux 8c a ciment, il saut quelle leur vienne du fond de la terre , 8ccette nourriture ne peut etre autre chofe que les vapeurs humides dontje parle , qui s’elevent julques a la raciue de ces arbres 8c qui les nour-rislent quelque grands qu’ ils foient.

Le Pere Frangois Jefuite , dont nous avons raporte l’opinion , ditdans Ton livre de la Science des eaux , que dans TEiclavonic il y a uneMontagne appellee Odaiilaost j für la cime de laquelle , comme on

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