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Tome second.
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8i8 DE I/ORIGINE

pas de se faire evaporation sans l’aide ni du chaud ni du froid. De1’eau laiflee dans un vaisseau en quelque endroit retire oü-il ne fair nichaud ni froid , comme dans un cabinet, garderobe, ou armoire, s’e-vaporera , Lc au bout de| quelque tems, foit en Hiver foit en Ete , levaisieau se trouvera vuide. 1 L’on voic auffi quelquefois au mois de Juins’elever des brouillards qui garem les bleds, & alors on ne peur pasdire que ce foit le grand froid qui les eleve , ni aussi le grand chaud ,pour ce que quand cela arrive la chaleur diminue, & que si c’etoit lcgrand chaud il devroit y avoir de scmblables brouillards au plus fore dctous les Etez, il faut donc que ce foit une autre caufe qui produise untel esset & ce pourroit bien etre celle que je dis.

L’on peut donc dire que la vapeur de 1’eau peut etre excitee aussibien par le froid que par le chaud Lc autant par le mouvement des par-ties de 1’air que par celui du seu.

L’eftet de cette evaporation , foit qu’elle foit caufee par le chaudou par le froid , ou par la feule agitation des parties de 1’air , elt tou-joui s femblable , je veux dire que 1’eau evaporee demeure toüjours cequ’elle etoit , 1’eau evaporee est toüjours eau Lc fon evaporation n’e*tant qu’une leparation de fes parties , eile ne manquera pas de redeve-nir eau austi-tot que cette leparation cessera & que fes parties ecarteespourront fe rejoindre. Il est vrai que 1’evaporation qui fe sint par lemoyen du seu , est plus visible que celle qui fe fait par les autresmoyens, mais l’effet ne laisle pas d’etre toüjours pareil. Le vis argentse diflipe par le seu, & s’evapore fans qu’on s’en apper^oive & s’ele-vant en haut quoi qu ii foit tres-pefant, s’arrete au premier corpsqu’il trouve difpofe a le recevoir , & la il reprend fa premiere signi e& consistence , le fuif d’une charvdelle , la cire d’une bougie aliumees’evaporent a peu pres de meme en brülant , Lc une partie de leurfubstance qui est vrai femblablement ce qui est de plus pur ou ce quela trop grande action du seu a ecarte fans le brüler , reprend par apresfa premiere figure, forme Lc consistence en s’attachant ä quelque cho-fe. J’en ai fait 1’obfervation par hazard a la cire d’Efpagne que jebrülois , au bout de laquelle je trouvois ou du fuif ou de la cire fansavoir touche ni la chandelle ni la bougie oü je 1’avois fait cbauffer.

L’on voic que les viandes qu’qn fait cuire rendent une fumee quiporte avec eile les qcialitez des viandes memes: cette fumee engraisiele linge & l’etoffe oü eile touche , eile nourrit & raslasie ceux qui yfonc continuellemerit expofez , Lc leur fait perdre 1’appetit fans les ren-,dre malades. Tous les cuisiniers fönt gras , les Chaircuitiers le fontaussi, Lc les Bouchers de meme, quoi que ces derniers ne fasient pointchauffer leurs viandes. La feule vapeur de la viande Lc de la graisscqui s’eleve par 1’action de 1’air, & qui porte avec eile les parcelies hu-mides Lc plus subtiles de la viande > les pourroit nourrir en un befoin,.Lc raieux que la viande meme, s’il pouvoient humer affez de cette va-

peur.