%z(i DE V ORIGINE
' M f .Dvsmrtes , que plusieurs ruisseaux des fontaines asiemblez com*posent des fleuves.
* Gaffendi dic, que les fleuves tirent leur origine des fontaines.
r Schottus dit auffi que les fontaines sone 1’origine des fleuves.
M r . Rohault , que les Rivieres sone les amas des fontaines.
5 Le Pere Franpis , que toutes les eaux ont pour principe 1’eau depluye , qui etant tombee dans la terre fe fait eau de puits , en sortantdevient fontaine 8c de fontaine riviere. II die auffi que les sources sonela eaufe de eous les amas d’eaux visibles.
Enfin Fon n’auroit jamais fait si Fon vouloit rapporter tout ce qu’ily a de temoignages fur ce fujet , eant il est constant que toute la Phi-losophie amcienne & moderne a toujours cru que les fontaines etoientle principe des fleuves ; & c’est ce qui est eaufe que tous les Philoso-phes qui ont parle fur ce fujet , n’ont point trouve de plys grande dif-ficulte que dans la recherche de la matiere de ces grands ecoulemenscontinuels, fur ce faux principe que les fontaines en etoient la eaufe jLc c’est. ce qui a fait recourir les uns aux eaux actuelles de la Mer , lesautres a des eaux vives & naturelles fans dire quelles elles sont, ama-fees dans la terre en grande abondance & retenues en referve dans degrands lacs qu’ iis s'y sont imaginez , les autres a des convertiflemensde vapeurs en eaux par le moyen des feux fouterrains, ou de 1’ele-ment meme de Fair en celui de Feau; Lc ce qui les a empeche de son-ger aux eaux des plüyes , a ete qu’ils ne les ont pas estimees fuffifanrres , a eaufe qu' iis- voyoient qu’ il ne pluvoit pas toujours & que laplus grande partie de ces eaux defeendoit des montagnes dans les rivie-res & de la dans la Mer ; Lc que le furplus tomboit ou fur les plainesbasies, ou elles ne pouvoient rien contribuet ä la production des fon-taines qui sont aux lieux elevez, ou bien tomboit fur les plaines bautesou eile etoit confumee , ou en vapeurs pour faire d’autres pluyes, ouen nourriture pour les plantes, les herbes & les arbres.
Mais outre ce faux principe ou iis fe sont arretez, iis fe sont encoreimagine qu’ il y avoit bien plus de fontaines qu’ il n’y en a en effiet, iisont appelle de ce nom tout ce qu’ils ont vü d’eaux softir & coulerhors de terre, foit au haut des montagnes fbit au bas , soit dans lesplaines , ou au fonds meme des Rivieres Lc de la Mer ; en quoi iis fesont bien mepris, Lc par la fe sont fait de grandes affaires, Car il fautqu’ iis demeurent d’accord qu’ il n’y a de veritables fontaines que cel-les qui viennent d’un lieu plus eleve que n’est le couraht d’une riviere
pro-
1. Vtscartesp\ 119. Ibi fontes scaturiunt 3. Schott, p. 9. Fontes qui sunt fluminumquorum rivuli multi simul congregati flu- origines.
mina componunt.' 4. Rohault p. 150. La phlpart des sources
2. Gaßend. p. 1071. De origine fontium ne tariß'ent point CS les rivieres qtn en sont.a quibus deinceps fluvii originem ducere di- les amas.,
euntur.