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8z6 DE V ORIGINE
Si donc il reste si peu de veritables fontaines, il est aife de croireque ceiles qui meritent ce notn peuvent etre causees par des vapeursreduites en eau, & cela dautant plus que ceiles qui font de cette qua-lite ne font pas copieules Sc abondantes : car quand on considereraqu’ un nuage qui fe fera forme en Fair en deux heures de tems lequeln’elt compofe que de vapeurs de la terre, produit des pluyes qui inon-dent tont un pai’s, l’on pourra s’imaginer qu' il se peut faire la memechose fous la terre, 8c que n’y ayant pas les divers changemens St agi-tations dans ces lieux cachez 8c retirez, qu’il y a dans Fair : ces va-peurs qui montent continuellement de ces eaux qui font enbas, peu-vent auffi se condenser St fe convertir de meme 8c encore plus facile-ment en eau , St caufer ces ecoulemens continuels des fontaipes telsqu’on les voit en plusieurs lieux.
Car si l’on considere de quelle faqon les nues fe font dans l’air , 8sen fuite Comment elles y produifenc la pluyeil sera facile de s’imagi-ner Comment la meme chose se peut faire au dedans de la terre.
J’ai assez fouvent obferve que lors que le ciel ou l’air est net d’unbout ä l'autre , 8c qu’il n’a point de nues , le bleu en est ordinaire»iment pale ; 8c si l’on y veut bien prendre garde , il paroit trouble 8sbroüille , au lieu que quand il est rempli de gros nuages , comme degros pelottons de cotton ou de laine , le bleu que l’on voit entre lesnues paroit plus vif 8c d’une eouleur plus foncee.
Je s§ai bien que l’on me peut dire que cette eouleur bleue est toürjours egale , 8c que si eile paroit foible quand il n’y a point de nues,c’est que la grande lumiere du Soleil ebloüit 8c fair für eile, ce qu’ei-le fair für une chandelle allumee qui n’a nulle clarte quand eile lui estexpofee , 8t qui femble reprendre fa vigueur quand on la met dansquelque lieu obfeur; 8c que par cette rasten le bleu de l’air paroit plusfoible dans cette grande lumiere , 8t plus fort lors qu’il est vü entreces grosses nues , qui lui faifant quelque ombre femblent lui rendre sä.eouleur plus vive, ä quoi meme l’opposition. de la grande blancheurdes nues peut fervir de beaucoup , 8c qu’ainsi cette difference de Cou-leur n’est qu’ aparente.
Mais cette raifon ne fatisfait. pas, pource que si cela etoit de la for-te, 8c que la grande lumiere du Soleil avec l’opposition de la blancheurdes nues en pelottons fissent cette difterence ; l’on devroit voir l’airdans fa verkable eouleur •, en le regardant de dedans un lieu obfeur oucette lumiere n’ebloiiit pas les yeux , 8c en le. comparant ä quelqueblancheur voisine , comme de quelque bätiment furquoi le Soleil jet-teroit ses rayons,. ce que l’experience fait voir n’etre point. L’on de-vroit pareillement le voir pale quand il y a de ces nues en pelottons,,de meme que quand il n’y en a point, pource que le bleu de l’air n’esteaufe que par fa grande epaisseur ; 8c comme cette epaisseur depuis lafierre jufques aux nuces n’est pas süffisante pour caufer cette eouleur vi-
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