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Tome second.
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837
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DES FONTAINES, II. Partie. 837

ve, puis que les nues qe nous paroistent pas bleues; il saut que cetteeouleur bleue vienne de taute l’epaist'eur de l’air dans toute ton eten-due, qui va beaucoup au dessus des nues, oü la lumiere etant toüjoursegale ne doit pas ebloüir davantage en un tems qu’en.un autre. Cen’est donc poiht ny de la t-rop grande lumiere du Soleil ny de l’ombredes nues, ny de l’opposition de leur eouleur blanche que la eouleur .bleue de l’air est plus ou moins vive.

J’ai fait encore une autre remarque , qui est que quand les nues fönten pelottons , quelquefois elles sc dissipent St deviennent ä rien ; enforte que st l’on veut prendre la peine Sc la patience de regarder äten-tivement une des plus petites nues pendant trois ou quatre rninutesfeulement , l’on verra que fa figure se changera, Stqu’ä la fin eiles’evanoüira , fans fqavoir ce qu’elle fera devenue > & lors que cela fefait le bleu de fair qui auparavant etoit vif Sc fonce devient pale Sctrouble. -

J’ai remarque auffi que quelque-fois le contraire arrive : car une pe-tite nue qui paroitra feule au milieu du ciel, fe grofstra , & s’etendrade teile forte qu’au baut d’une beute eile couvrira toijt l’Horifon ;&cet accroislement fe fait imperceptiblement fans qu’ on purste juger d’oüil vient : J’en ai fait la remarque une fois entre aütres oü une petitenue que j’avois obfervee feule au milieu du ciel, Sc dont la figure äst-fez particuliere avoit attire man attention , s’aeerüt Sc s’etendit parl’efpace d’une heure ou environ , de teile forte que non feulement eilecouvrit taut l’Horifon : mais auffi eile donna une pluye qui dura toutela nuit, ce qui me sit fouvenir de cette petite nue que le Prophete Heüvit s’elever de la Mer lors qu’il fit pluvoir en Samarie apres une lan-gue fecheresse , laquelle s’aeerüt st fort en peu de tems qu’ eile cou-vrit tout le ciel Sc le fendit obseur , comme remarque I’Ecriture ; &le Roi Achab fut averti par le Prophete de fe retirer promtement avecson chariot de peur d’etre furpris par cette grande pluye. Le Prophe-te dit que cette nue avoit la figure du pie ou vestige d’un homme; Sc(st j’ofe parier comme lui) celle que je vis avoit la figure d’une ver-gelte a nettoyer des habits, Sc ne paroifibit pas avoir plus de deuxpies de hauteur. Qui voudra fe donner la patience de faire de fem-blables obfervations dans les rencontres , verra que ce que je dis des-nues tant en decroiflement qu’en äcroissement est veritable. ,

La confequence que je tire de ces obfervations, est que l’air est toü-jours rempli de vapeurs , Sc que quand on le voic fans nues Sc un peu<pale Sc brouille , c’est que les vapeurs fönt difperfees Sc etendues ega-lement par toute fa capaci te z Sc quand il paroit plus brun & qu’ il y ades nues en pelottons, c’est que les vapeurs fönt ramaslees enlemblp en-plusieurs monceaux.

Ce qui me porte ä croire ce difperfement univerfel de vapeurs dara^toute l’etendue de l’air, est pfemierement, que quand le ciel est net,.

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