DE
V O R I G I N E
täines leur arrive avec une proportion plus reglee que n’est Parrivee& la cessation des pluyes , qui etant toüjours subites , inegales & sanscertitude , ne fgauroient produire que des effets semblables. II faucdonc concevoir pour la eontinuite de ces eeoulemens , reis qu’on lesvoit 5 une autre caule que les pluyes de toute une annee ; vu memeque quelques pluyes qu’ il fasse en Ete , 1’on ne voit point que lesfontaines en regoivent aucun accroissement pour cela, ny au contrai-re que quelque fecheresse qui arrive en Ete , les sources en foient di-minuees dans l’annee meme: leur accroifiement ne leur arrive qu’a-pres les grandes eaux & les grands debordemens de 1 ’Hiver, qui reta-blislent tout d’un coup ce que la fecheresse de 1’Ete sembloit devoiravoir mine, & leur diminution ne leur arrive qu’ apres une fecheref-se d’une annee qui n’a pas ete reparee par les pluyes & les deborde-mens de PHyver fuivant. Or il y a bien plus d’aparence d’attribuercerte eontinuite d’ecoulemcnt egalement inegale a une distillation 8 cconvertiflement de vapeur en eau , comme je l’ai dir , & comme lecroit la meilleure Philosophie ; pource que cette caufe ne peut souf-frir d’alteration que par la consumtion de la matiere , qui se faifantpetit ä petit , par les mojens que j’ai decrits, caufe auffi la diminu-tion des sources petit a petit, aux unes plus, aux au tres moins.
Quelle que soit donc une source ou forte ou foible, eile ne sgau-roit couler continuellement fi eile n’a une autre principe que la Pe-netration de la terre paiQes eaux de la pluye & des neiges fondues deTHiver , 8 c fupose meme que cette penetration se fasse , comme j’ensuis demeure d’accord en un certain cas, & par des dispositions par-ticulieres de la terre & des lieux : certe penetration se fair plus rare-ment, & en bien moins de lieux , qu’il ne se voit de fontaines vives;& leurs eaux sont en beaucoup moins grande quantite que celles desveritables fontaines vives dont je parle.
Il y auroit une infinite de queitions a faire fur plusieurs cas singu-liers qui arrivent aux fontaines , comme ce que I on dit , qu’il y en aqui ont des augmentations & des diminutions alternatives qui fe rap-portent avec le flux & reflux de la Mer , d’autres qui en ont d’unemaniere oppolee , d’autres qui fönt chaudes , d’autres qui sont mine-rales & qui ont des saveurs & des odeurs particulieres , & quelquefoisdes vertus medecinales, & de cent au tres manieres. Mais toutes les'questions que 1 ’on me pourroit faire fur ces differens accidens ne re-gardent point mon opinion , & je ne suis point oblige d’y repondre;ce n’efl pas qu’ il ne fut peut etre asiez facile de le faire par les prin-cipes de Mechanique , de Medecine & de Chimie , mais il faudroicpour cela un volume plus gros deux fois que celui-ci.
Pour moi qui n’ai entrepris de parier que de 1’Origine des Fontai-nes, il me suffit de 1 ’avoir fait, & de leur avoir par ce moyen donnela naiflance. Leur destin est de courir fur la Terre 6 c par le Monde,