IV
PRÉLIMINAIRES GÉNÉRAUX.
lierait trop loin. 11 nous suffira île dire que l'or pur ou natif se trouvetantflt dans des liions de quartz que traversent certains terrainsprimitifs, tantôt en grains presi|ucinvisil>Ies, au milieu des sulfuresde mêmes terrains, tantôt dans les psammites de certains terrainssecondaires, tantôt enlin dans les sables de certains (louves.
Que l’argent natif ne se trouve jamais que dans les terrains pri-mitifs , et très-rarement pur, contient presque toujours de l’or, ducuivre, du fer ou de l’arsenic ; ente le mercure se rencontre quel-quefois mêlé avec lui, mais alors à l’étal solide, et en pci îlesgouttes, au milieu de roches qui forment certains terrains secon-daires (psammite,argito)ilhe);que le cuivre natif est celui de tousles métaux qui existe dans cet état en plus grandes niasses. Il pa-raît appartenir principalement à la quatrième série des terrains detransition, Le plomb se trouve rarement natif. Le 1er se rencontresurtout à l’état d’oxide, et, dans cet état, constitue deux espècesdistinctes, le fer oligiste qui appartient aux terrains ignés, et lefer oxydé hydrate, aux terrains de sédiment. On le trouve carbo-nate dans les terrains liouillers et les terrains primordiaux.
L’étain n’existe dans la nature qu’a l’état d’oxyde, et, en de raresendroits , à l’étal de sulfure.
l.es sulfures de fer ne s’emploient jamais comme mines de fer ;les sulfures de cuivre constituent au contraire les minerais dont onextrait le métal. 11 en est de même des sulfures île plomb : on lestrouve dans des terrains très variés des 5 e , 4 e et même 3 e ordre.
§ A. Roches.
On nomme généralement Hoches les substances minérales, ouassociations des substances minérales qui se rencontrent dans lanature en masses, ou plutôt en séries un peu considérables. Lesroches contiennent d’ordinaire plusieurs sortes de minéraux. Cel-les qui ne sont composées que «l’une seule espèce, portent le nom«le Hoches simples; les autres, le nom «le Kociies composées, et sonten meme temps les minéraux composés. On donne d’ailleurs auxmies et aux autres différentes épithètes, selon la substance «piiforme leur base. Celles qu’on nomme carbonifères , quartzifères,micacées, argileuses, feldspathiqiK'S, ferrifères, talcqueuses, pyro-xéniques, auiphiboliques, d’agrégation, forment les principalesfamilles dans lesquelles on peut les ranger toutes.
Détailler les menés simpli’S, ce serait revenir en quelque sortesurune partie d«'s minéraux sus-dénommés. Le calcaire bit umineux,le calcaire magnésien ou dolomie, etc., etc., sont des roches sim-ples. Nous ajouterons néanmoins (famille des roebi's l’eldspalhiqucs),l’obsidienne, sorte de verre v olcanique, la pierre ponce, les diver-ses sortes de laves homogènes, entre autres la pierre de Yolvic( tépbrincs), puis ( famille des roches argileuses ), les schistes qu’onsubdivise en scbisles luisants ou ardoises, schistes coliculcs oupierres à rasoir, schistes marneux, etc., le tripoli, enfin (rochespyroxrnupiest le basalte, les wackes d’origine volcanique et (rochesauiphiboliques), les trapps, dont une variété forme la pierre «letouche.
Les roches composées sont, les unes, formées uniquement decristaux de diverses substances plus on moins intimement mé-langées ; les autres présentent une pâte homogène, dans laquellesont disséminés plusieurs sortes «te cristaux : une troisième classerésulte du simple rapprochement ou «le l'agrégation de fragmentsde minéraux , tantôt roulés ou arrondis sur leurs bords (en pou-dingues), tantôt anguleux et non usés (en brèelu's). Les premierslions offrent le granit composé de feldspath et de mica , le prolo-gyne, qui constitue presque tout le Monl-lllanc ; les syeniles, dontles Hgypticns faisaient leurs obélisques , les gnéiss, roche presqueleuilleléc, formée d’une assez grande quantité de mica en paillet-tes, et de feldspath, lamellaire ou grenu, les micaschistes, dansU'squcls le mica, eni'ore plus abondant , se trouve mêlé avec lequartz, l’armi les secondes, nous devons noter les porphyres(l’eldspatliique), les trachytes !Jd). l’armi les troisièmes, nous ‘dis-tinguons les grès de houillères, les arkoses (quartz et mica), lespoudingues, siliceux ou calcaires, les brèches calcaires.
CHAPITRE 11.
DES DISPOSITIONS DES HOCHES ET TERRAINS.
§ J". Disposition des roches.
Les roches «pie nous venons d'énumérer, ne sont pas distribuéespêle-mêle à la surface ou dans les profondeurs de la terre. ( >n netrouve , par exemple, jamais de craie au milieu des granits. Le selgemme est toujours accompagné «te gypse; les lephrincs n’existent(lue dans le voisinage des volcans en activité ou éteints. Il va doncdans la disposition des roches un ordre véritable. L’ensenihle desfaits (pii peuvent nous amener à connaître cet ordre, constitue lascience nommée Céognosie ou Ceologie , comme nous l’avons dit.
Une chose frappe «l’abord ceux qui se livrent à ce genre d’etodes.Dans la masse menu’ de certaines roches, on trouve des débris devégétaux ou d’animaux, tantôt plus ou moins conservés, tantôtn’ayant gardé de leur état primitif «pie l'apparence extérieure,c’est-à-dire pétrifiés. D’anlres roches, au contraire, ne renfermentjamais aucune espèce de débris organiques. Quelle (pie soit lacause de cette grande dilférenre, on ne peut s’cmpêchcrd’admettre(pie les premières de ces roches ont «de formées seulement aprèsl’existence des êtres dont nous trouvons les restes au milieu d’el-les; c’est ce que l’on veut faire connaître en leur donnant le nomde Hoches secondaires : les autres , par opposition, s’appellent Ho-ches primitives, ou plus exactemenl, Hoches primordiales.
Ue premier fait reconnu , fou ne larde pas à voir (pièces deuxclasses do roches ont dû exister pendant un certain temps dans unétat de mollesse ou de liquidité complète (comme tout le reste du
globe. On donne pour cause ou agent de la liquidité des premières,l’eau, et cela pour dillérenls motifs très plausibles, mais trop longsà exposer ici ; on donne pour cause de la liquidité des secondes, lachaleur: les unes se nomment en l'onséquence Hoches desédimeivt,ou Neptlmennes , ou encore Sthatifiées , parce (pi on les trouvegénéralement «ai couches horizontales ou incliiiéés, ce (pii est uneconséquence de leur origine aquatique. Les autres s’appellent
I’lGTONIENNES , NON STHATIFIÉES, Oll CIICOIT CRISTALLINES , pai’CC
qu’elles ont une slrui’turo cristalline. La limite «pii sépare ees deuxgrandes classes de roches n’est d’ailleurs pas tellement tranchée,que l’on ne se trouve parfois embarrassé pour classer toutes cellesque l’on rencontre. 11 en existe «pii paraissent tenir |cs unesdes autres; on les nomme ue transition, ou roches intermédiaires.
C'est un fait bien constaté, que toutes les roches «pii composentchacune de ces elassi's n’ont pus été formées en même temps.Quelques unes sont plus anciennes (pie d’autres. L’ensemble decelles qui ont été formées dans les mêmes temps et sous l’inllueneede circonstances analogues, constitue une formation. La plupartdes naturalistes donnent le nom de terrains à certains groupes deformations liées par quelques caractères communs, dans la struc-ture, dans la composition, dans les accidents que prési'iitent lesroches.
§ 2. Terrains.
Suivant le mode de leur formation, les terrains se divisent d'a-bord comme les roches en neplunirns, sédimentaires, ou stratifiés«’l en plutoniens ou non stratifiés ou ignés.
Les premiers se «'(imposent principalement de roches calcaires ,argileuses, schisteuses, carbonifères, de sables et de cailloux rou-lés. Ils sont le plus souvent disposés par couches, et présententune texture compacte on une réunion de fragments roules, et abon-dent en restes de corps organisés qui s’v trouvent disséminés etconservés de diverses manières.On les subdivise en quatre ordres.
1° Terrains modernes ou de transfort, formés en grandes par-ties de substances peu coherenti's, comme sables, cailloux, et dis-tingués des autres, en ce qu’ils contiennent des corps organisésfossiles, semblables à ceux (pii «'xisU'nt aujourd'hui, et même desmonuments de l’industrie humaine. On les subdivise en plusieursséries, parmi lesquelles nous distinguerons surtout le terrain dé-tritique formé des détritus ou débris de roches de diverses natures,de substances végétales ou animales en décomposition, et «piiforme la couche terreuse dont est couverte la majeure partie dusol dans tous les pays.
2" Terrains tertiaires, appelés aussi, mais improprement ter-tiaires. Os terrains se distinguent des précédents, surtout, en cequ’ils renferment des débris de corps organisés appartenant à desespèces (principalement mammifères) «pii n’existent plus, mais(lui diffèrent peu des espèces actuellement vivantes. Ils contiennentdéjà des roches cohérentes, «'omme les pierres meulières, à plâtre,à bâtir, le grès de Fontainebleau , etc. On les subdivise aussi enplusieurs sortes (pii nous offrent en particulier le terrain diluvienoù l’on trouve le plus de débris animaux.
3“ Terrains ammonéens ou secondaires; ceux-ci ont conservé desrestes d’animaux , diflérenls de ceux qui vivent aujourd'hui : on ytrouve surtout de très grands reptiles analogues a nos salaman-dres ; des ammonites ou cornes d’Ainmon, des bèlemniles, coquillesqui ont appartenu à des animaux aujourd Imi inconnus.l’armi leurssubdivisions, on remarque le liTrain crétacé formé des différentessortes de craie, .Iiieassiqee ou calcaire jurassique qui constitue engrande partie la «'haine du Jura , etc., «Te., terrain ceupriquecompose de marnes, etc., etc.
4° Terrains hémïi.isiens ou de transition ; ces terrains ne ren-ferment plus quedes débris d’animaux aquatiques ou desvégélanxtrès différents de ceux (pii vivent aujourd'hui, et quelquefois n’enrenferment pas du tout ; la structure de leurs roches , est parfoispresque cristalline. On distingue parmi eux les terrains liouillers,anthracifércs, ardoisiers, talequeiix ; celui-ci, l’un des plus répandussur le globe, et l’un des plus iulércssanls , comme étant le gîte desprincipales mines d'or, d’argent, d’étain, de l’Allemagne et duNouveau-Monde.
Les Terrains pletoniens non stratifiés ou ignés sont, ainsi «pienous l’avons dit, composés de roches qui ont le plus souvent unestructure cristalline, et se présentent par masses, coulées oudvkes (sortes de filon). Les restes de corps organisés y manquentabsolument ou du moins ne se trouvent que dans certaines partiesvoisines des terrains neptuniens. Ils se divisent en «leux ordres.
1" Les Terrains agai.vsiens ou primordiafx , appelé's aussi pri-mitifs se présentent le plus souvent en grandes masses inférieuresaux terrains précédents ou en roulées qui semblent être venues(i’en bas, avoir traversé certains terrains neptunii'iis et s’être ré-s entre eux plus ou moins abondamment et à d«'s hautt'ursdiverses. On les divise en terrains granitiques, comprenant l«'s gra-nits, sycnites, pegmatites, etc., et en porphyriques, comprenantles porphyres ronges et noirs , les serpentines.
Les Terrains pyroïdes ou volcaniques se composent principale-ment dénichés feldsphat biques vilreuseson dérochés pyroxéniques«pii se présentent souvent en eoulees, en couches peu étendues,eu amas; on les divise en terrains basaltiques, trachythiqncs(constituant le l’uy-de-Dôme), volcaniques proprement dits.
(les terrains ne ‘se superposent pas tous, et partout les uns auxautres, depuis le terrain primordial jusqu'au terrain moderne.Par exemple, celui-ci, en bien des endroits, repose immédiatementsur le granit, ailleurs, le granit est à d«‘ooiiv«Tt. delà tient à descauses cl à des révolutions qu’expose la géognosie, et (pie nous uepouvons expliquer ici.