INTRODUCTION.
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INTRODUCTION.
Est-il rien de plus naturel que d’aimer sa mère, elde considérer même au-dessus d’elle, sa pairie! Maisencore, pour aimer celle pallie, la faul-il connaître,tl combien de prétendus enfants de la noble France oui ouvert devant leurs yeux, le livre où sont inscritesen pages presque toujours glorieuses, les ressources etla vie de leur mère première, et dédaignent de lefeuilleter!
Que ne leur est-il donné, un jour qu’ils auraient gravil'une des plus hautes cimes de l’Auvergne , de pou-voir, l’histoire à la main , embrasser d’un eoup-d’œil levaste ensemble de ses populations si différentes, si va-riées, el toutes pourtant si françaises ; ses innombra-bles diversités de sites, de territoires, de productions,d’industries. Là, sans doute, en la voyant sur tous lespoints opposer aux nations voisines des provinces,dignes rivales des leurs, à toutes les renommées étran-gères, d’égales renommées, cl réunir à elle seule tousles genres de gloire qui font l’orgueil des divers peu-ples européens, ils regretteraient de n’avoir pas connuplus tôt ce tableau magnifique. Plongés dans l’admira-tion el le respect de leur patrie, n’apercevant plus queses titres à leur amour , ils descendraient pleinsd’ardeur pour elle, ne conservant qu’un désir, celuide lui consacrer leurs talents, et de contribuer, parleur patriotisme, à lui faire oublier ses malheurs.—Ainsi des fils insouciants sont quelquefois rassemblésdans un entretien solennel par leur père, qui, leurreprochant d’abord leur indifférence, leur raconteensuite ce qu’il a lait, et déroule ù leurs yeux le romande son existence. Les fils émus et pénétrés d’unamour tout nouveau, se jettent dans ses bras, en pro-mettant de ne plus vivre que pour la vertu cl pour lui.
Humbles géographes, gravissons donc une de ceshautes montagnes, ou tout autre sommet qui com-mande un vaste horizon ; et avant d’aborder ses dé-tails, embrassons l’ensemble de ce vaste tableau quenous voudrions faire voir aux Français indifférents,- à tout étranger dédaigneux.
Tout là-bas, au nord ouest, vers la commerçante elindustrieuse Angleterre, nous verrons d’abord son an-cienne dominatrice, la commerçante el industrieuseNormandie , autre Albion couverte de sites riants elboisés, de pâturages superbes, de villes maritimes, etde manufactures lloi issanles, s’étendre le long de laManche. A sa droite se dérouleront les excellentesplaines de la tourbeuse Picardie, sa digne émule en in-dustrie, en richesses, sinon en variété; puis les petitscoteaux el les petites vallées de l’Artois , plus sablon-neux. Amiens , à la magnifique cathédrale, Calais , laville d’Euslache de Saint Pierre, dans celle là; Arras dans celui-ci, nous rappelleront de beaux faits denotre histoire. A sa gauche, voici la Bretagne avec
ses pâturages d’un vert sombre, scs forêts de chê-nes noirs ; soucieuse fille qui garde religieusement lessouvenirs de pierres des vieux druides, ses ancêtres;terre de granit contre laquellevienncnl sebi iserlesllolsde l’Océan , el l’invasion des flottes ennemies. Voyezcomme dans Brest el Cherbourg , elle atteste.que laFrance n’a pas renoncé à l’empire des mers; connueelle se couronne des noms immortels de Dugueselin,de Jacques Cartier , de Chàteaubriand!
Ici au nord, opposée à la Belgique , contrefaçon vi-vante de la France et de l’Angleterre, c’est la Flandreau sol engraissé par tant de batailles glorieuses pournous, Bouvines , les Dunes , Dcnain , el vingt autres ;véritablefourmillière d’ouvriers, où le laboureur sèmeau-dessus du mineur qui creuse, où pas un pouce deterrain n’est perdu; sorte de grand faubourg, de fermes,de manufactures , de forteresses agglomérées. A côté,déjà vers l’est, c’est la Champagne , moins industrielle,mais non pas moins renommée dans l’histoire : moitiéforestière, moitié vignoble, ici et là stérile; scs vins ontpeut-être plus contribué à faire connaître la France au dehors que les campagnes de Louis XIV . Outrecela, elle a Mézières, sauvé par Bayard, à côté de Ro-croy gagné par Coudé , de Reims , le grand el le sacrésouvenir île la monarchie, de Valmy, de Monlmi-rail, de Champ-Aubert. La Lorraine lui confine surles frontières de la Prusse : excellente province quiréunit aux belles forêts de la Mcurlhe et des Vosges ,les jolies vallées de la Meuse el les eôleaux renommésde Bar, Toul el Ligny; qui nous garde derrière ses for-teresses de l’imprenable Metz , de Tliionville, de Sar-guemines, el cache dans ses montagnes, au sud-ouest,le village à jamais célèbre par la naissance de la viergeinspiréequireconquilàCharlesV'll son royaume. Entreelleelle Rhin,c ’est l’Alsace,fertile el induslriellecommela Flandre, allemande de langue, française de cœur,magnifique à voir du haut de sa montagne féodale etsacrée de saint Odile, ou de sa prodigieuse cathédralede Strasbourg .
l’iùs vers nous sur la lisière ouest de la montagneuseSuisse , voici la Franche-Comté , calme, sobre clmontagneuse comme elle dans son Jura ; mais moinsfroide, témoin ses vignobles de Salins et d’Arbois ;pall ie de Cuvier, posée à côté de celle de Rousseau.Celle autre province qui s’étend à son ouest et ausud de la Champagne , plantée de tant de vignes,couvertes de tant d’usines : on la nomme Bourgogne .Elle a été plusieurs fois le siège de grandes puissances,elle est la patrie de saint Bernard, Charles-le-'J’émé-raire, Bossuet , BulTon, Monge, Carnot el Lamartine.Le Lyonnais la touche au sud : amas de richesses etde misères, pays où l’intérieur du sol immole plusque l’extérieur ; où tout alteslela puissctîîeedel’rmlus»