INTRODUCTION.
trie humaine et son néant; car le bruit des marteauxet des métiers y retentit presque seul, et ceut milleouvriers y languissent dans la misère lorsque ce bruitvient à cesser quelques joui s. Regardons plutôt versla Savoie , pauvre province qui, hier française , aujour-d’hui gémit d’être sarde; regardons plutôt le Dauphiné,si célèbre pour ses merveilles; s’incliner majestueuse-ment des Alpes couronnées de neige vers le Rhône , oùviennent aboutir ses rivières torrentueuses cl ses gran-dioses sites de montagnes , annonçant déjà dans sesplaines, vers le grand lleuve,la nature chaude, vigou-reuse et élégante de la Provence . A son tour, celle-cis’incline des Rasses-Alpes vers le Rhône inférieur, etdu Dauphiné vers la mer. Ses fruits sont plus savou-reux, ses plantes plus odorantes; elle a des bosquetsd’orangers cl de citronniers, au milieu de prairiestoutes brûlées par le soleil. La première, elle reçut l'in-fluence de la civilisation antique, et sa Marseille esttoujours la ville des Phocéens, la rivale de Carthage ;mais Toulon a remplacé Fréjus où se tenaient les Hot-tes romaines.
Après avoir jeté un dernier regard au sud -est, loin dela côte, sur cet amas de rochers couverts de bonnesterres et de forêts qu’on nomme Corse; sur celle île,quia fait son apparition dans l’histoire de la patrie parNapoléon ; voyons plus près de nous le Languedoc : teRhône à l’est, la mer et les Pyrénées au sud; la Garonne moyenne à l’ouest, cl nos monts d’Auvergne au nord,sont ses limites principales. 11 est plus diversifié d’as-pccl qu’aucune autre province. Il réunit les produc-tions les plus opposées et les populations les plus con-traires, le froid excessif et la chaleur accablante, lescontrées les plus fertiles, et celles où manque mêmele châtaignier : Toulouse , Alby , Castres , Narbonne ,Carcassonne , Montpellier , Agde , Béziers , Nîmes , Alais ,Reaucaire, Le Puy , Annonay , sont ses villes les plusdistinguées. Que d’oppositions ! Maintenant, aux piedsdes majestueuses Pyrénées s’étendent le Roussillon,sentinelle üdèle, qui garde les portes de ces monta-gnes; le comlé de Foix , le Réarn, patrimoine deHenri IV , magnifiques pays de richesses naturelles;puis entre l’Océan et le Languedoc , la Guyenne et laGascogne, avec leur Roueigue houiller, semé d’usi-nes à l’est, et leurs landes à l’ouest; avec bor-deaux, son commerce et ses vignobles, au nord; etles belles campagnes d’Aueh, Agen , Cahors , Montau-ban, au centre. En remontant du côté du nord, abais-sés aussi vers l’Océan, voici les grasses campagnes dela Sainlonge et de 1 Angoumois , sillonnées par celle
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La France esleomprise entre 7degrés 9minules de lon-gitude occidentale et ÔdegrésàC min.delongi ludeorien-lale(méridiendeParis); entre51°55’ et 42°20’delatitudenord. Sa forme est à peu près celle d’uu hexagone trèsirrégulier dont les angles ont leurs sommets ou leurspointes, 1° au nord , un peu au dessus de l’extrémitéN. E. du Pas-de-Calais ; 2° au N E. au confluent de laI.auler^l du Rhin ; 3° au S. E. à l’embouchure du Var dans la ftfediler ranée; 4° au S., quelques lieues au- J
Charente que Henri IV appelait le plus beau fossé deson royaume; voici tout près de la Rochelle punie parRichelieu, Rochcforl, autre Rresl, crée par Louis XIV ,peut-être pour la surveiller. Au nord de ces provinces,c’est le Poitou , pays orageux de guerres religieuses etciviles; aujourd’hui versant son sang le plus pur pourla ligue, demain, leversanlavec la même fidélité,pourle roi : il ressemble de loin à un vaste hallier d’arbresà fruits et de haies. Plus loin, toujours au nord, l’Anjou ,d’où sortirent les Planlagenels d’Angleterre, fournil unjour des princes aune partie de l’Euiope. 11 se consolede sa grandeur passée par l’industrie et l’agriculture,etn’est pas moins fertile que le célèbre Maine,son voisin.
Laissons sur notre gauche l’Orléanais et Orléans ,tout célèbres qu’ils soient, la Touraine , si riantequ’elle apparaisse; rapprochons-nous de cet immensebruit qui s’élève des rives de la Seine moyenne, aucentre de l’ancienne Ile-de-France , berceau de la mo-narchie capétienne. Nous verrons une cité que Césartrouva composée de cabanes, et qui vingt sièclesaprès, capitale d’un empire, dont la ville des descen-dants de César 1 n’était qu’un chef-lieu de préfecture,remplissait le inonde de son nom. Nous verrons Pa ris , la métropole de l’Europe continentale , à la foisson Athènes et sa Rome ; Paris , l’immense creuset, oùla France entière jette ce qu’elle a île plus pur et deplus impur, mêle toutes ses idées pour les répandresur le monde en principes fécondants ; Paris . qui faitcl défait toutes les renommées, dont toute l’aris-tocratie d’Europe parle la langue ou imite les mœurs.Eblouis du spectacle de celle grande capitale, nousne pourrons plus jeter qu’un coup d’œil distraiten-deçà de l’Ile-de-France et de l’Orléanais , sur leBerry, le Nivernais , le Bourbonnais , le Limousin , laMarche, l’Auvergne; et cependant quels beaux pays cesont : celui-ci avec ses pâturages; celui-là avec ses fo-rêts ; cet autre avec ses ruines châtelaines; ce qua-trième avec ses coteaux si verts et si bien arrondis ,ses valléessi bien plantées de hauts châtaigniers, ce der-nier avec son immense Gantai déchiré, cl sa magni-fique Limagne ; puissante réserve de la Fiance , contréespresque neuves, la patrie ne les a point encore lancéesdans l’arène de la haute industrie : elles viendront àpropos la soutenir, quand ses travailleurs faiblirontsur d’autres points.
Mais il est temps de quitter ces hauteurs, d’où toutapparaît en masses grandioses, mais confuses, et d’a-border une description précise et détaillée
*■ Home.
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dessus de celle de la Tech, dans la même mer; 5° auS. O. tout près de celle de la Ridassoa, dans l’Océan ;6° au N. O. au cap Finistère , sur le même Océan.
De la pointe N. à la pointe S. on compte environ230 lieues de 25 au degré ; de la poinleN. O. à la pointeN. E., à peu près autant. La plus grande ligne droiteque l’on pourrait tirer sur la surface du pays, irait dela pointe N. O. à la pointe S. E. (cap Finistère , embou-bouchure du Var ), elle aurait environ 240 lieues.