XXXVI
INTRODUCTION.
Monnaies. Nos monnaies A'argent sonl les plus recherchéesd’Europe . Elle ne contiennent qu’un dixième d’alliage. Nousavons des pièces d'un franc, d’un demi-lranc et d’un quart defranc; des pièces de deux francs et de cinq francs. Les pièces ditesde quinze sous et de trente sous ont seules un cours toléré parmiles anciennes monnaies.
Notre monnaie d’or n’est point aussi recherchée que celle d’Es pagne : les pièces sonl de vingt francs et de quarante francs. Lespremières sont à la taille de 155 pièces au kilogramme.
La tolérance du titre pour l’argent et pour l’or, soit en dessussoit en dessous, est de trois millièmes et de deux millièmes. Nousdonnons ci-dessous le tableau des valeurs en francs des princi-pales monnaies de l’Europe (d’après l’Annuaire du bureau des Ion.-giludes ).
La quantité de numéraire fabriquée en France pendant l’année18315 s’élève à la somme totale de 48,039,437 l'r., savoir : 43,242,307francs en argent, et 4,707,040 Irancs en or. Voici dans quelle pro-portion les différents hôtels des monnaies s’y trouvent comprises.
pièces o’on. pièces d’auoent.pour 4,589,780 francs 10,504,355 francs.
Monnaie de ParisMonnaie de HoucnMonnaie de LilleMonnaie de StrasbourgMonnaie de MarseilleMonnaie de BordeauxMonnaie de LyonMonnaie de Toulouse
207,200 »
i
ensemble.
13,501,070 »8,297,414 »0,148,115 »
4,791,443 »
Double Souvorain-d’or.Species Reichslbalcr. .Florin (Gulden ). .Ducats de François II . .Garoline-d’or de Bavière.Maxiniilien-d’or id. .Florin-d’or du Hanovre.
34
11
25
10
8
89
10
56
69
74
89
09
SUEDE.
Ducat.11 58
PRUSSE.
Frédériod’or.20 f. 54 c.
Heickslhalerde24groschen. 3 59
HOLLANDE.
Ducats (or).11 01
Buyder (or). 31 28
DucaloiV (argent . ... 6 05
La Belgique à le môme système quenous.
Cbristians-d'or.5 55
Species Beiclislhalcr. . . 20 80
RUSSIE.
Rouble à 100 kopecks..
Piastre à 30 paras. . .
Fondue. . . .
Zèri Mahmoud. .
Piastre.
Pesetas de 4 réaux. . .
Pistole.
Real.
Scudo..Oucalo.
4f. 01c,
2 099 470 45
5 291 0420 69» 52
5 044 18
SUISSE.
F,cii de Bdle à 30 batzen. .
Florin de Zurich à 40 schil-lings.
ROME.
Zerchino sequiti. . . . Il
Teslone.1
4 f. 23 c.2 114 07
2 34
03
56
ETATS SARDES.
Lira.1
Scudo.4
ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.
Dollar.5 16
84
60
§ 2 . Agriculture.
La France est un pays essentiellement agricole, et dans lequell'agriculture doit être et sera toujours la base de la richesse pu-blique. Favoriser l’industrie au préjudice de celle branche foncièrede la fortune nationale, acté cependant le système suivi danslassiet ledes impôts, ou plutôt est le système résultant de cette assiette. Lesgrands bénéfices de l’industrie manufacturière ont d’ailleurs séduitd'excellents esprits qui l’ont mise au-dessus de l'agriculture ; et sil’on n’y prend garde, celle-ci, malgré le perfectionnement de sesmoyens, perfectionnement dû surtout à une instruction agricolerépandue depuis peu avec persévérance dans les campagnes, soitpar les comices des divers départements, soit par les institutspar-t iculiers ou publics, celle-ci, disons-nous, est menacée d’une véri-table dépréciation.
En effet, en admettant l’évaluai ion du revenu net agricole ou fon-cier avec M. le ministre Uuinann, à un milliard cinq cent mil-lions (1), et défalquant de ce revenu les divers impôts, et d’abord,200 millions d’impôts fonciers, puis26 millions pour portes et fenêtres,
00 millions de droits d'enregistrement et de mutation,
44 millions pour hypothèques,
On n'aura plus que 1 milliard 81 millions.
De plus, en admettant le chiffre des capitaux hypothéquésporté, par les documents olliciels en 1834, ait milliards, et entaxant l’intérêt de ce capital immense, que doivent paver les fondsà seulement 500 millions; eu défalquant enfin les eenlimes addi-tionnels, nous serons obligés de nous écrier avec M. Rlanqui : Quereste-t-il aux agriculteurs? — Des yeux pour pleurer!
Et cependant, nul pays n'est plus que la France propre à l’agri-culture, puisque l'on n’évalue qu’à un 13 e de sa superficie la tota-lité de ses parties incultes, et à un 20 ou 30° seulement, celle de sesparties incultivables. A l’appui de celte assertion, nous plaçonsici un tableau résumé ,jle la Division physique cl agricole de laFrance,par nature de surface, (elle qu’elle existait au ("septembre1834, suivant les documents officiels.
PROPRIÉTÉS IMPOSABLES.
Terris labourables. 25,559,152 hcctaies.
Pré*. 4,834,021 »
(0 M. Mathieu de Dombaslcs évalue le produit total dè l’agriculture à4,980,000,000 de francs.
Vignes. 2,134,822 hectares.
Bois. 7,422,314 »
Vergers, jardins. 052,099 »
Oseraies, aulnaies. 04,489 »
Etangs et abreuvoirs. 209,431 »
Landes , bruyères. 7,799,072 •
Canaux de navigation. 1,031 »
Cultures diverses. 951,934 »
Superficie des propriétés bâties. 241,842 •
49,872,007
PROPRIÉTÉS NON IMPOSABLES.
Routes et chemins, places, etc. 1,215,115
Lacs, ruisseaux, rivières. 454,305
Forêts, domaines non productifs. 1,209,432
Cimetières, églises, établissements publics. 17,774
Total général. 52,709,293
Tonies ces superficies lerritorialcs sonl possédées par 10,806,682propriélaires, et forment 23,360,338 parcelles. Nombre prodigieux,sur lequel 9 millions île propriétaires ne payent que 20 fr. d'im-pôts, c’est-à-dire li’ont qu’un revenu annuel de 360 fr.
Sur les 25,559,152 hectares de terres labourables : 5,338,000 sontensemencées de froment ; 875,000, de méteil ;2,638,000, de seigle ;1,300,000, d’orge; 803,000, de pommes de terre ; 700,000, de sarra-sin ; 508,000, de mais et de millet ; 2,840,000,d’avoine; 317,000, delégumes secs et 287,000 d’aul res menus grains.
M. le comte Cbaptal évaluait, en 1819, la réeolle annuellemoyenne à 51,500,300 hectolitres pour le froment ; 30,290,101 pourle méteil et le seigle ; 6,302,316 pour le maïs ; 8,409,473 pour le sar-rasin; 12,576,603 pour forge; 1,798,613 pour les légumes secs;19,800,741 pour les pommes de terre; 32 066,58 pour l’avoine,et 1,103,177 pour les autres menus grains. En comparant ces chif-fres avec ceux des documents olliciels postérieurs , on trouve quede meilleures méthodes de culture employées, des défrichementsassez nombreux ont fait augmenter la récolte du froment d’envi-ron un huitième : celle des pommes de terre a presque quadruplépar la propagation v raiment étonnante de celte plante précieuse.Celle du maïs a seule diminué. Le même auteur rangeait les dépar-