XVXVIII
INTRODUCTION.
Los départements du Nord et du Nord-Ouest compensent leurdéfaut de vignes par un nombre immense d'arbres fruitiers dontla récolte leur permet de fabriquer annuellement pour plus de neufmillions d’hectolitres de cidre, évalués par l’administration a en-viron 07,500,000 francs. Ils fabriquent, en outre, une quantité con-sidérable d’eaux-de-vie de cerise, de pomme de terre, de cidre etde grains. Enfin ils joignent encore à ecs boissons la bière dont ilsfabriquent près de 2,900,000 liectilotres. Les houblonnières quifournissent à une partie de celle fabrication, occupent 00,000 hec-tares.
Les 4,834,621 hectares de prés, les pfiturages des forcis, demontagnes, dont on évalue subsidiairement la superficie à 3,525,000hectares, fournissent 1» au fourrage de 2,700,000 chevaux.
* 2" de 391,000 taureaux.
2,032,000 bœufs.
4,028,000 vaches.
2,078,000 veaux ou génisses.
3° de 35,000,000 bêles à laine.
En tout à 40,829,000 têtes.
Nous allons exposer brièvement ce cpi’il im orle à savoir surl’état actuel de chacune de ces trois espèces.
a. Chevaux. Le gouvernement s’occupe avec le plus grand soin deT amélioration des races chevalines et de la multiplication de l’es-pèce. I)e fortes sommes sont portées pour cet objet au budget del’état et aux budgets départementaux. Le royaume possède 27 ha-ras, et quelques provinces ont par elle-mêmes déjà d’assez bonnesraces. Ainsi nous citerons : l’Alsace, la Picardie, l’Artois, les Ar dennes pour les chevaux de remonte, de culture et même deposte ; une partie de la Normandie pour les chevaux de selle et decarosse ; l’Anjou , le Dauphiné, et même la Comté, pour les che-vaux de cavalerie; le Limousin , l’Auvergne et le Périgord , pources animaux vigoureux cl légers qui distinguent la race limousine;enfin le Kouergue, le Cahourcin, le lléaru, le Boussillou, pourcette race encore plus fine que l’on nomme Navarrins.
Cependant, quoique d’après les recensements successifs on aitpu remarquer un accroissement naturel annuel d’environ unquatre-vingt-onzième dans le nombre de nos chevaux, la francoest obligée, surtout pour les remontes militaires et les bêles deluxe , d’avoir recours à l’étranger. La quantité moyenne annuellequ’elle demande aux différents pays européens esl de 23,090 têtes.Les Pays-Bas , le llauôvre, la Suisse , l’Allemagne , moins l’Autriche et la Prusse, sont les contrées qui lui en fournissent le plus. Leiribut qu’elle paye pour cette importation peut s’élever, annéemoyenne, à 7,500,000 francs.
1). Hèles à cornes. L’agriculture française nourrit environ quinzeraces ou variétés de l'espèce bovine. La plus forte de ees races eslcelle de l’Anjou et des herbages de la Loire-Inférieure . 11 n’est pasrare de les voir fournir des sujets pesant passé 900 livres. Aprèsvient celle de la liante et basse Auvergne , aux cornes blanches etcourtes, à la couleur rougeâtre et dont les sujets pèsent de 55850 livres; ensuite nous classerons les bœufs delà Sainlonge, à peuprès du même poids; les bœufs du pays de Bordeaux et de la Gi ronde avec pelage laiteux; puis ceux du Limousin , du Berry, pe-sant de 500 à 700 livres ; ceux du Maine , qui sont moins élevés entaille, mais donnent une quantité considérable de sud; ceux de laliasse-Bretagne, qui sont de même d'une petite taille, mais trèsestimés pour leur chair. Toutes ces races sont extrêmement sus-ceptibles de s’améliorer par les soins. Ainsi, les éleveurs de laBasse-Normandie , de la Bretagne , qui achètent la plupart dutemps leurs sujets au dehors, arrivent aux plus beaux résultats.
D’ailleurs, dans la moitié du pays, la culture se fait parles bœufs;quelques contrées soignent particulièrement leurs vaches laitières ;telles sont, surtout, la liasse-Normandie, les contrées de Nanles etde Bennes, tout le Jura , l’Auvergne, la Elandre, le Dauphiné, etc.
Quoi qu’il en soil, la France est obligée d’importer, annéemoyenne, principalement pour la consommation, entre 35 et50,000 bêles à cornes. Elle achète de plus, en peaux brutes ou pré-parées, pourprés de8,500,000 francs par au, et une quantité con-sidérable de suiL
c. Hèles à laine. L’élève des bel es à laine a fait, depuis environdeux siècles en France , et en particulier depuis cinquante ans, desprogrès très marqués, et dans lesquels le gouvernement et les par-ticuliers sont pour moitié. L’introduction dans le pays des Mérinos
doit surtout faire époque. Elle date de Louis \VT, qui fit venir lepremier troupeau de celte précieuse race, et l’établit à Bambouil-let. Plus tard, le traité de Bàlc nous accorda l’extraction de quatremille mérinos : on les vendit à des particuliers. Ils furent, dit lecomte Chaptal, l’origine de nombreux troupeaux répandus au-jourd luii sur notre sol, et leur importation non seulement enri-chit notre agriculture cf notre industrie de la laine la plus fine quifut comme en Europe , mais encore, par le croisement îles races, ellea amélioré les laines communes sur tous les points de la France .La naturalisation des moutons saxons, commencée par plusieursestimables fabricants, notamment par M. Ternaux, permettrabientôt de ne plus envier à l’Allemagne ses laines superflues. Celledes moutons à laine longue d’Angleterre, a de la peine à faire desprogrès. Somme toute, on estime déjà que la tonte annuelle de nostroupeaux rapporte 220 millions de francs.
d. Chèvres. Le nombre des chèvres du royaume est évalué à en-viron 700,000; l’espèce s’est enrichie depuis 1819 par l’acclimata-tion des chèvres du Thibet et de Cachemire . Le croisement de cesanimaux précieux avec la race indigène, a été essayé avec succès.
c. Vorcs. Nous ajouterons ici quelques mots sur une dernièreespèce, sur celle qui fournit en quelque sorte la presque totalité dela viande consommée dans certaines campagnes, (l’Alsace, la Lor raine ), et la majeure parliç dans d’autres. Les pourceaux sont par-tout en quantité considérable; mais nulle part l’on n’a guère essayéd’en améliorer la race par dus croisements avec les races exotiquessupérieures, et les théoriciens trouvent son éducation peu avan-cée : elle ne sutlit d’ailleurs pas à la consommation. La cause enest peut-être à la grande quantité de salaisons que l’étranger nousachète.
f. Volailles. Les volailles sont partout en quantité innombrableet forment une des richesses les plus remarquables de notre agri-culture. M. le comte Chaptal évaluait déjà à 50 millions la valeurdu capital quelles représentent. Ajoutons que le revenu esl hors detoute proportion avec ce capital, car près de deux milliards d’œulssont consommés annuellement en France , une quantité* énormeest vendue au dehors, notamment à l’Angleterre par nos départe-ments du Nord; ce qui, en supposant que chaque œuf se venditseulement deux centimes pièce, donnerait déjà un rapport de40 millions pour les poules seulement. Malgré cette grande quan-tité île volailles, la France achète au dehors une assez forte quan-tité de plumes, et notamment de plumes d’oie.
Nous n’entrerons pas dans le détail de nos autres produits agri-coles. Ils sont à la fois d’une qualité supérieure et d’une multipli-cité véritablement étonnante. La persévérance que l'administra-tion et les conseils généraux ont mise dans l’emploi des moyens pro-pres à assurer l’amélioration des races d’animaux domestiques; lepercement des routes départementales, les soins données par lescommunes aux chemins vicinaux ; les innombrables sociétésd’agriculture, centres d’instruction agricole disséminés sur toutela surface de la France , ont fait marcher l’induslrie agricole fran-çaise presque de front avec l’industrie manufacturière.
Nos fruits secs, nos huiles, nos soies , notre tabac, notre ga-rance, nos chanvres et nos lins ne redoutent aujourd’hui aucuneconcurrence. Quinze millions et plus de mûriers, sont répartisdans les dix-lmit départements du sud sud-est, moins celui desllaules-Alpes. La récolte annuelle moyenne à laquelle ils fournis-sent est d’environ six millions de kilogrammes de soie en cocon.
Nous avons trouvé dans le sucre indigène une nouvelle sourcede richesse, puisque déjà l’on peut compter jusqu’à 542 éta-blissements où il se fabrique en grand. La culture delà pommede terre remploie peu à peu dans les contrées propices, celledu sarrasin, du maïs , et antres cultures plus difficiles et donnantune plus maigre nourriture. L’usage des prairies artificielles, celuides assolements font des progrès marqués. L’instruction dis-sipe sur tous les points des routines funestes. ,
§ 3. Industrie manufacturière.
L’industrie manufacturière, en France , ne date véritablementcomme puissance et richesse publique, que de l’époque où lessciences chimiques, physiques et mécaniques prirent, à l’aide desLavoisier, des Fourcroy, des Monge, des Berlholet et d’autres grands