XLVI
INTRODUCTION.
Arai! et Munkacs ; les confins militaires par Carlstadt et Gradisca,et par l’organisation spécialement militaire du pays; la Slavonie par Essek et Peterwardein ; la Dalmatie , par Raguse , Cattaro etZara ; enlin elle garde l’Italie au moyen de Mantouc, Palina-Nova,I.egnago, et des forteresses papales de Ferrare et Commacehio.
I,a Russie est mieux défendue par ses solitudes et ses hivers quepar ses frontières et les forteresses qu’elle a construites ou enlevéespour sa défense.
llenlrent dans la dernière catégorie Zamosc , Modlin et Varsovie dans l'ancienne Pologne qu’elles contiennent. Swcaborg, placeformidable, défend avec Helsingl'ors la Finlande et les rives de la
Baltique ; cette dernière a en face d’elle, et de Fautrc côté dugolfe, ltcvel et Narva ; Cronstadt protège l’entrée de la New a et la'route de Saint-Pétersbourg ; Riga s’élève à l’entrée de la Duna,dont le passage est encore défendu par Diinabourg. Tous lesFrançais connaissent la position deSmolensken avant du Dnieper .La Bessarabie a pour défense lsmaïl sur le Danube ; Bender et Ac-kerman sur le Dniester . On a beaucoup parlé dans ces dernierstemps des forteresses qui s’élèvent dans les provinces du Caucase,et de celles (pii s’élèvent, hostiles à l’Autriche , sur le Danube . Uncertain nombre sont disséminées aussi le longdu Volga , et l’on encompte jusqu’à vingt-et-une dans les solitudes de la Sibérie .
l.’état de l’Europe dont le revenu parait en apparence le plusélevé est le royaume britannique, dont les recettes sont, annéemoyenne, de 1,585,000,000 de francs. Mais cette élévation n’estqu'apparente, car, le Royaume-Uni étant grevé d’une dette de20,315,000,000, il faut Oter, pour les intérêts annuels de cettedette, 800,000,000 au moins. Ainsi le formidable budget del’Angleterre se trouve réduit à 785,000,000. Sur cette somme,230,189,125 francs sont dévorés par le clergé anglican; reste518,510,875 fr. pour le service de l’Etat proprement dit.
Aussi les dépenses excèdent les recettes ; et loin de payer de sadette une partie, chaque année, l’Angleterre l’aecroît.
La France reste donc, l’Angleterre étant écartée, le pins richedes États de l’Europe . Nous avons donné la comparaison de sesbudgets antérieurs à 1837.
Pour l’année 1811. Le budget des dépensesautorisées est de 1,187,812,231 fr.
Le total des recettes garanties est de 1,211,885,000
1,’excédant des recettes sera donc de 21,013,132
Sur ces 1,187,812,231 de francs :
Il y a pour le paiement de la dette publique,pour le fonds d’amortissement,pour les intérêts des cautionnements,pour les pensions et rentes viagères,
210,527,000 fr.75,750,00018,000,00055,113,000
Restera disponible, pour les besoins de l’État, au-delà de200,000,000 de plus que n’a l’Angleterre avec son excédant dedépenses et sans aucune somme prélevée pour l’amortissement dela dette.
Les revenus des autres puissances ne sont pas comparables àceux de la France et de l’Angleterre.
Voici d’ailleurs le tableau des revenus des principaux États,évalués en francs et mis eu regard de leur dette :
Noms ilr* états.
Rrvi-ims.
Dette ptil>li(|ur.
Angleterre, 1
,585,000,000
20,345,000,000
,211,885,000
3,900,000,000
4 10,000,000
1,700,000,000
434,000,000
1,410,000,000
215,000,000
720,080,000
Confédération Germait.
210,000,000
703,802,000
178,000,000
4,000,000,000
110,000,000
500,000,000
110,000,000
»
90,000,000
849,000,000
Hollande,
85,000,000
2,888,000,000
États sardes,
70,000,000
109,000,000
Portugal,
54,000,000
100,000,000
49,000,000
81,000,000
États de l’Église,
45,000,000
350,000,000
33,000,000
280,000,000
17,000,000
»
Valachic,
12,000,000
»
10,000,000
.
Royaume de Grèce,
0,000,000
105,000,000
Les revenus de la Confédération Germanique et sa dette se
partissent ainsi quant aux principaux Etats .
Royaume de Bavière,
09,733,000
205,200,000
— Saxe,
28,000,000
70,000,000
27,000,000
04,000,000
— Wurtemberg,
20,000,000
00,000,000
20,000,000
— Hesse-Darmstadt,
12,000,000
— IIcsse-ÉIcclorale,
11,000,000
— Meckl.-Schwcrin,
0,000,000
6,000,000
5,500,000
LTûiiRu&s miii'i'iû'jüiBS ara a&w&iLm
§. 1. ARMÉES PERMANENTES.
L’armée russe, d’après les estimations qui paraissent le plusexactes, est d’environ 710,000 hommes : c’est la plus nom-breuse des armées des cinq puissances, mais ce n’est pas la plus
formidable.
Cette armée compte en effet une masse de troupes irrégulièresqui ne peuvent entrer en comparaison avec les autres troupes ré-gulières du même État, et qu’on peut évaluer à 300,000. L’ar-mée russe est d’ailleurs attachée au sol par l'impuissance où lemanque d’argent met le gouvernement russe de la faire' mou-voir. On peut bien l’envoyer contre la Turquie , pareequ’on lanourrit aux dépens des pays qu’elle occupe ; on peut en tirer depetits corps expéditionnaires, comme celui qui n’a pu atteindre laroule de Khiva , ou comme ceux qui sont continuellement battusen Cireassic. Elle peut faire une campagne de Pologne , mais lesmillions de la Grande-Bretagne suffiraient à peine pour lui per-I mettre de traverser l’Allemagne . En un mot, l’armée russe estplutôt une armée de défense que d’attaque. C’est une espèce demuraille mouvante qui entoure l’empire et en porte à petit bruitles frontières en avant. Cette armée n’a pas même le matériel del'armée prussienne.
L’armée d’attaque par excellence, et en même temps une desmeilleures armées de défense, c’est celle de la France . Nous avonslaissé subsister les chiffres de sa force en 1838. Cette force a pres-que doublé; l’armée française , compte aujourd'hui 500,000 hom-mes, équipés et pourvus en abondance de ce qu’il faut pour fairela guerre. Derrière cette armée se lève une armée de défense com-posée de 500,000 gardes nationaux, armés et mobilisables, et de1,000,000 de gardes nationaux, inscrits et qui, eu partie armés,pourraient l’être tous en trois jours. Aucune puissance isolée nepeut lutter sur terre avec avantage contre la France , pouvant dis-poser seulement de la moitié de ses forces militaires. Ces forcessont telles que depuis deux siècles elles ont grandi malgré vingtcoalitions de l’Europe entière, et que la masse compacte de la na-tion française a lutté depuis le même laps de temps, et sans êtreentamée, contre les douze principales nations de. l’Europe , aidéespar des dissensions intérieures. L’union de l’Europe peut seulebalancer l'union française ; elle ne la vaincrait pas !
L’armée prussienne est, après l’armée française et l’armée russe,la plus formidable de l’Europe ; elle l’emporte même sur l’arméeautrichienne . Son chiffre, le plus enllé, n’est cependant que de300,000 hommes en temps de nécessité absolue. La Prusse ne sau-rait d’ailleurs supporter longtemps ce nombre. La landwehr ren-