XI.VIII
INTRODUCTION.
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(Voir la Carte commerciale.)
a. ANGLETERRE.
L’Angleterre est la première, la plus colossale, la plus hardie detoutes les puissances commerciales. Jamais peut-être aucune na-tion n’atteindra le même développement, car il ne sera donné àaucune de réunir les mêmes circonstances.
Le commerce est pour l’Angleterre une nécessité. 11 faut qu’elleachète, et qu’elle revende sans cesse, et sur l’échelle la plus vaste,ou il faut qu’elle meure. Son commerce est une conséquence deson industrie, et son industrie une conséquence de, son commerce.11 lui faut son immense commerce pour alimenter sa prodigieusemarine, il lui faut sa prodigieuse marine pour protéger son prodi-gieuse commerce. On parle de son insatiable ambition ; il faudraitplutôt parler des besoins insatiables de son commerce et de sonindustrie ; ce n’est pas pour obtenir un vain empire , que les An glais ont conquis les Indes , peuplées de cent millions d'hommes :c’est pour ouvrir des débouchés aux (dateurs de Manchester et auxquincailliers de Birmingham , c’est enlin pour les empêcher demourir de, faim sur leurs produits amoncelés. Si les Anglais mena-çaient la Chine , c’était pour ouvrir des débouchés aux planteurs depavots et aux fabricants d’opium de la Peninsulc-lndoue. Ainsiune complète commerciale force l’Angleterre à une autre conquêtecommerciale, ; il n’y a pas de guerre qui ne soit pour elle uneguerre de commerce , un traité de paix qui ne soit un traité com-mercial. Si TAngleterrea cinq cents vaisseanxet seize mille canonssur ces vaisseaux , c’est pour tonner aux nations ces paroles fou-droyantes: Achetez mes produits, n’osez pas me faire concurrence.
Son sol est sillonné de routes, de canaux, de chemins où lesmarchandises circulent avec la promptitude de l’éclair, et vont re-joindre les débouchés eu un clin d’œil. Ses villes sont rempliesd’usines, et les machines produisent avec la promptitude de la pa-role. Les espèces ne s’arrêtent dans la main de personne; tout ceest en union intime.
Eh bien faut-il admirer l’Angleterre pour son développementj commercial ? oui ! Faut-il l’envier? non ! Les travailleurs de l’An-i glcterre , ce sont les Danaïdes remplissant sans cesse, un tonneau; sans fond !
j N’esl-il pas d’ailleurs évident que les peuples se lasseront d’êtrecivilisés ou conquis pour le plus grand prolit des fabricants deLeeds et de Livcrpool et de leurs commanditaires, messieurs de lachambre haute? N’est-il pas évident que chaque fois qu’un débou-ché se fermera pour l'industrie anglaise , elle sera obligée de re-trancher un vaisseau, de perdre une colonie? Le vainqueur del’Angleterre ce doit être un (il de coton plus fin que celui de laMull-Jenny (1), un acier moins cher (pie celui de Birmingham .
I En attendant celte défaite, à laquelle applaudira la moitié de la| terre opprimée, les plus grandes précautions sont prises par l’An-! gleterre pour défendre ce commerecqui est son Ame, sa mère nour-. riee,sa nationalité. C’est contre la France , lesEtats-Uniset la Russie ; que la plus grande, partie de ses précautions sont [irises. Ecoutons! en ce qui nous concerne un de nos [dus consciencieux mandatai-res : Elle est placée comme pourbloquer nos ports de l’Océan, elleélève son pavillon entre Brest et Cherbourg , elle nous enfermedans le bassin occidental de la Méditerranée . Malte et Gibraltar | gardent les issues, les îles Ioniennes surveillent la navigation. Iln’est pas un point important sur les mers où elle n’ait élevé d’inex-pugnables forteresses. Elle a pris à triche de, dominer nos faibles| colonies des Antilles par la Dominiqueet la Jamaïque , Bourbon par! Maurice. Toutes les grandes voies commerciales sont closes pourles nations, elle en a les clefs : Sainte-Hélène, le Cap, l’îleMaurice,sont les sûres gardiennes de la roule, des Indes . Elle cherche à s’as-; surer par Suez une autre route, plus courte,, et le sacrifice d’uneî civilisation naissante ne lui aurait rien coûté; elle est à la piste! des débouches, elle annihile, notre inllucnce en Espagne , et nous| chasse de l’Orient.
Quoi qu’il en soit, c’est avec défiance qu'il faut constater les
(1) Machine célèbre en Angleterre et qui lire rl’une livre de colon brutun lil de colon de 53 lieues de long.
chiffres du commerce anglais . Ces chiffres n'ont pas une valeurréelle : il en est du colosse commercial anglais comme du colossemilitaire russe.Voici ces chiffres, d’après les documents publies parordre des Chambres anglaises. Le commerce de France , le plus so-lide, le [dus réel, le plus respectable du monde avec celui de Hol-lande et de Hambourg , n’est qu’un pygmée auprès de ce, colosse.
Tableau décennal du commerce du royaume-uni de Grande-Brelayneet d'Irlande .
lo Navigation.
Vaisseaux entrés dans les ports du royaume et évalués en ton-
neaux :
Son* pavillon
Sou* pavillon
Total de*
éli nnger.
tonneaux.
Année
moyenne de. 1827 a 182!)
2,122,000
099,000
2,821,000
1830à 1832
2,221,000
758,000
3,002,000
1833 à 1835
2,308,000
820,000
3,128,000
183(1
2,505,000
989,000
3,491,000
Vaisseaux sortis ou chargés da
ms les mêmes ports :
Sous pavillon
Smis pavillon
Total dus
étrangrr.
tonne aux.
Année
moyenne de 1827 à 182!)
1,980,000
702,000
2,088,000
1830à 1832
2,211,000
708,000
2,979,000
1833à 1835
2,320,000
839,000
3,159,000
1830
2,552,000
1,035,000
3,507,000
Vaisseaux. Tonnage.
Marins.
Année, 1840 24,010 2,090,800
100,400
2° Commerce d'importation.
Valeur officielle des marchandises importées , évaluée en francs.
Dans l’année moyenne de 1827-2!)
1,225,000,000
1830-32
1,181,000,000
1833-35
1,187,000,800
1830
1,404,000,000
3° Commerce d'exportation.
Valeur officielle des marchandises exportées cl évaluée en francs.
Dans l’année moyenne de 1827-2!)
1,009,000,000
1830-32
1.525,000,000
1833-35
2,147,000,000
1830
2,451,000,000
Principaux objets d'exportation.
Moyenne axneem.e de 1820 a
1810.
Noms des objets.
Valeur ronde en fiaor*.
Tissus et articles manufacturés de coton
785,801,000
Coton lilé
121,317,544
Lainages
138,450,270
Fer et acier bruts et ouvrés
31,000,000
Soieries
17,221,311
Toiles et toilettes
00,352,450
Sucre raffiné
28,000,000
Objets en airain et en cuivre
14,000,711
Quincaillerie et coutellerie
10,190,027
Machines
3,129,000
Armeset munitions de guerre
250,000,000
Cuivre
9,000,000
Houille
Salaisons
19,000,000
Papiers
7,000,000
Principaux objets d'importation.
Rois de construction
22,000,000
Thé
75,000,000
Café
70,000,000
Lin écru
28,000,000