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REGION DU CENTRE.
DÉPARTEMENTS.
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ASPECT PHYSIOLOGIQUE
PRODUCTIONS AGRICOLES
CHEFS-LIEUX
CHEFS-LIEUX.
DU PAYS.
Le Puy-de-Dôme se composesurtout de la riante el belle valléede Limagnc, le long de laquelles’élèvent de Test à l’ouest deuxchaînes de montagnes aussi bel-les que les plus renommées de laSuisse . La terre de cette valléeest susceptible de toutes les cul-tures et presque toutes y sontrépandues au milieu de villes, debourgs et de villages pressés lesuns contre les autres. Au traversserpentent les eaux limpides del’Ailier. De toutes parts on peutdécouvrir quelque magnifiquemonument volcanique, et l'ccil seperd dans les mille labyrinlhesdesPuys. Vers Clermont , ceux-ci serangent en cercle, et le grandPuy-de-Dôme s’élance au-dessusd’eux. Une brillante végétationcouvre ses flancs ; son sommetest chauve, el domine un horizonqui semblerait d'une étenduesans limites, si les Monls-Dores,avec leurs bois superbes, sur-montés de pâturages , et le Can tal , ne le bornaient vers le midi.
ET MANllFACTlUUÈllES.
d’abkondissement.
Ni l’habitant de la Limagnc , doux etpaisible, ni le rude montagnard d’Au vergne ne connaissent, dit-on , les ri-chesses enfouies sous leur sol fertilisépar les volcans. A peine savent-ils tirerparti de celles qu’il déploie avec luxe àl’extérieur ; beaucoup d’entre eux, com-me on sait, vont hors du départementchercher leur vie. Les terres de la valléesont mal cultivées, et pourraient rap-porter plus de chanvre, de blé, du vinmeilleur; les arbres à fruit y abondent.Dans les montagnes, les pâturages pour-raient nourrir plus de bestiaux ; les cha-lets pourraient être plus nombreux etplus riches, les plantes aromatiques re-cueillies avec plus de soins.
Le Puy-de-Dôme a des mines, des car-rières assez abondantes, des eaux miné-rales eltliermales fréquentées. Son indus-trie roulesurla préparation des vinaigres,des eaux -de-vie, des confitures sèches, lafabrication du papier, des faïences, den-telles, de la coutellerie, etc. Tliiers, pourcette dernière branche d'industrie, etla quincaillerie et la papeterie ; Amberlpour celle-ci, sont des places Irès dis-tinguées.
La ville, chef-lieu, formé de laréunion de Clermont cl de Mont-Ferrand, est bâtie dans la valléede la Limagnc ,-sur une éminenced’où elle commande à tout le ma-gnifique spectacle de la contrée.Son aspect intérieur est noir ettriste autant que son extérieurest agréable. Elle tient un rangdistingué parmi nos places secon-daires de commerce el d’indus-trie et parmi nos premières citéssavantes el littéraires.
CLERMONT-FERRAND
Evêché.
Quart.-génér. de la t7°div, milit.
28,000 habitants.
On voit avec plaisir sa cathé-drale, sa fontaine incrustantede Sainl-AUyre , son beau muséeminéralogique, son jardin bo-tanique, ses belles places Poterneet du Taureau ; le Uiéfttre, l’hôtel-dieu.
Un aqueduc romain restauré yicondut’ eau en abondance.
AMBERT
A 8000 habitants, uneindustrie active (pape-teries) , et de beauxenvirons. S.-E.
RIOM, ,
Jadis capitaledel’Au-vergne , aujourd’huiCour royale,avec 13,000habitants, doit son im-portance à scs tribu-naux et à son indus-trie. N.
TH1ERS,
La rivale d'Ambcrtpour l’industrie, a prèsde 12,000 habitants. Sespapeteries sont con-nues et estimées. N.-E.
1SS01RE,
Ancienne ville échap-pée à une foule de dés-astres, est située dansune belle contrée. S.0000 habitants.
Traversé de l’ouest à l’est par laVienne , ce département est mon-tagneux et moitié inculte. Prèsde 000 petits étangs sont dissémi-nés au milieu des innombrables
I collines à bases granitiques , et asommets arrondis- qui le sillon-nent , la plupart dans le sens desa rivière principale. Des planta-tions de châtaigniers, des forêtsde chênes , couvrent les bonnesterres, le reste est presque touten pâturages, ou en prairies ar-tificielles : çà et là Ton rencontre' îles vallons délicieux, des sites\ qui rappellent les gras herbagesde la Normandie . Le pays ne man-que pas d’une certaine variété.Mieux cultivé, il serait sans douteun des beaux de France . C’est unde ceux où la vie est le moinscher. Aussi, quoique pauvres, lesHaut-Viennois sont heureux etde mœurs simples el vertueuses.Beaucoup d'entre eux vont por-ter dans les départements voisinsleur industrie. On évalue à 10,000par an, le nombre des ouvriers(pii émigrent ainsi.
Peu de céréales, mais d’assez bonsfourrages , et conséquemment une bellerace de bestiaux el de chevaux ; degrands bois, la nourrissante châtaigne ,Torseille pour la teinture; les marbresgris, le kaolin, dont l’arrondissementde Saint-Yrieix fournit toutes les manu-factures de porcelaines du royaume,d’excellent granit , du mica ; voilà lesprincipales richesses du Haut-Limousin.
Il se fait un grand commerce de porcsengraissés, el d’autres bestiaux.
La culture des arbres à fruit est assezconsidérable ; la culture de la vignepourrait être plus répandue. Le départe-ment renferme beaucoup de fabriquesde porcelaine , des forges, des papete-ries , des filatures , des blanchisseries decire, des tanneries, etc.; les distilleriesde Limoges ont de la réputation. Celleplace est l’entrepôt d’une partie du com-merce du Midi . Elle a des fabriques dedrogucl, de flanelle , etc. La ganterie deSainl-Junicn, les baromètres fabriquésau Dorai, les verreries d’Azal-le-Ris, lesdraperies de plusieurs localités : commeMaynal-Laval, Dorai , etc., sont des pro-duits industriels distingués.
Limoges s’élève en amphithéâ-tre sur un côleau à la droite dela Vienne . Elle est divisée en villeliante el liasse, cl fait un com-merce important. Elle est malbâtie mais magnifiquement si-tuée et très-propre ; ses manufac-tures , ses tribunaux, lui donnentune certaine activité.
Evêché.
Coui royale. 27,000 qabitents
On y remarque la cathédralegothique, au portail superbe,le palais épiscopal, l’hôtel desmonnaies , la promenade d’Or-say , la bibliothèque et la placeFitz-James. Limoges est riche ensouvenirs romains. Ses établis-sements de bienfaisance et d’in-struction méritent la mention laplus honorable.
Sur le Vincou, d’ori-gine féodale , est uneville de 4000 habitants,peu importante. N.-O.
ROCHECHOUART,
Vieille ville de 3000habitants, moins im-portante encore. O.
Doit sa fondation aune abbaye ; elle a plusde 5000 habitants, etest toute industrielle.Nous avons cité les car-rières de kaolin, quifont la richesse de sonarrondissement, la dé-couverte de cette terreprécieuse, et de sonemploi, est dû à unchimiste de Bordeaux ,nommé Vilaris , qui ladécouvrit en 1757 àSaint-Yrieix . S.
RÉGION DU CENTRE.
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LIEUX REMARQUABLES.
Billom , 5000 habitants, la plus an-cienne ville de la contrée, et qui eut au15' siècle une université florissante; lessites et les grottes du -village de Royal,la petite ville commerçante de Ponl-du-Cluilmu , sont à remarquer dans l’arron-dissement de Clermont ; les bains duMonl-d’Or, avec toutes les richesses na-turelles qui les entourent , les gro 9bourgs de Scllaminc et de Sauxilhtngcs,de Saint-Nectaire ,de liesse d’Auzal danscelui d’Issoire .
Ponl-Gibaul et sa source minérale;Yolvic et ses carrières considérables delaves; Randan, petite ville ; Aigucpersc,ville de 2 à 3000 habitants, et sa source,mortelle aux animaux qui boivent deses eaux, dans celui de Riom .
Dans l'arrondissement d’Ambcrt, Ar-lant , ville industrieuse de 4 à 5000 liabi-•ants; Cuiddal qui en a 3000, Marsac ,même population ; Saillans , village avecfonderie el liant fourneau ; Saint-Amand-Eoche-Savine, 2000 habitants. Cuurpièrc,Puy-Guillaume , 3200 habitants; Saint-ttemy et Maringucs, villages considérablesdans celui de Tliiers.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBIIES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Vercingétorix , le héros des Gaules ,le rude adversaire de Jules-César ;Sidoine Apollinaire , orateur et écrivainchrétien du 5' siècle, évêque de Cler mont , revendiqué aussi par le Lyon-nais ; Jean de Laslic , regardé commeun des héros de Tordre des chevaliersde Rhodes, dont il fut grand-maîtreen 1437. Le chancelier-cardinal Du-prat, bien différent du vertueux chan-celier de L.hôpilal, né au château dela Roche, près d’Aiguepersc ; AnneDubourg, protestant distingué , con-damné au dernier supplice par Fran çois 1 er ; lilaise Pascal, l’un des plusvigoureux génies dont puisse s’hono-rer la France ; Domal , son ami, etgrand jurisconsulte; Delillc, l’éléganttraducteur de Virgile ; Champforl,poète et écrivain distingué du mêmetemps; l'amiral él’Eslaing, qui battitcomplètement, en 1778, les Anglais àl’île Saint-Vincent, el fut condamnéà mort par le tribunal révolution-naire; Dulmire, l’historien de Paris ;le général Desaix , de glorieuse mé-moire ; l’abbé de Pradt , sont revendi-qués parmi les gloires du Puy-de- Dôme .
L’Auvergne , habitée autrefois par les Arverni, principaux adversairesde Jules-César , conquise par les Francs , érigée en comté après diversesvicissitudes, fut réunie définitivement à la couronne par Louis XIII .
L’histoire a retenu le nom d’un roi des Arvernes, de llituit, qui envoyaaux généraux romains une ambassade magnifique, et fut défait parFabius-Maximus , lors de la première’invasion des Romains dans laCaille. 11 était monté sur un char d’argent, et avait avec lui 200,000 guer-riers. Voyant, rapporte P. Orose , la petite armée romaine resserrée enlégions, il n’y a pas là, disait-il, pour un repas de nies chiens. Verctngé-toiix, moins orgueilleux et plus brave, investi du commandementgénéral des Arvernes , et même d’une grande partie des Gaulois soulevéscontre César , résista d’abord à ce grand général dans G erg ovin, princi-pale forteresse et cité du pays. Mais , ayant suivi les Romains dans leurrelraite, il perdit une bataille décisive, et, renfermé dans Alcsia, forte-resse près de Sémur , fut pris avec celte ville et envoyé à Rome chargéde chaînes. Après la complète de César, l’Auvergne fut une des contréesqui échappa le plus long-temps aux invasions barbares. Theuderie, filsde Clovis , qui y conduisit les Francs , leur disait: « Je vous mènerai dansun pays où vous trouverez tout, argent, troupeaux, esclaves, vête-ments, tant que vous en pourrez désirer.
Clermont , devenu capitale de l’Auvergne sous Philippe-Auguste , avaitété gouverné jusqu’au 8 e siècle par un sénat. Son origine, comme eellc deRiom , qui fut aussi capitale de l’Auvergne, el de Billom , se perdait dans lanuil des temps. Ambert el Issoire souffrirent beaucoup des suites de laSaint-Barthélemy . Plusieurs autres villes lurent prises et reprises, et engénéral les guerres de religion donnèrent lieu , dans toute la liasse-Auvergne , à des billes désastreuses.
On a trouvé au Mont-d’Or beaucoup d’objets curieux, monuments dela fréquentation des eaux par les Romains.
Eymouliers , ville industrieuse de plusde 3000 habit.!, sur la Vienne , entouréede montagnes ; Saint-Léonard , autrefoisNoblac, 5000 habitants, commerçante,fiidustrieuse et vieille ville, les troisdans l’arrondissement de Limoges . Leüorat , petite ville de 2 à 3000 habitants,R’ès industrieuse et possédant de nom-breux ateliers pour la fabrication desmesures et poids métriques ; Magnac-Laval, ville de 3000 habitants; la belleVerrerie d’ zat-le-Riz, Lusaw-les-Eglises,Petite ville, autrefois plus considérable,dans celui de Bellac .
La Roche-l’Abeille , où se livra une lia—faille entre les protestants et les catholi-'Ries, la première à laquelle prit part.Henri IV ; Chalus , ville de 12 à 15 centshabitants ; devant laquelle fut tué le roilîicllard-Cœur-de-Lion : dans l'arrondis-sement de Saint-Yrieix .
Sainl-Junien, ville industrieuse deCOOOhabitants, agréablement située sur lePenchant d’une colline, au bord de la' ‘eiine ; Marrai , village avec mines deh’r el radineries dans l’arrondissementRoehechouart.
Outre le grand orfèvre et minis-tre saint Èloy, né à Cadillac, à deuxlieues de Limoges , les deux papesClément VI et Grégoire XI ; Roger deLaslons, chef des premiers croiséslimousins ; Dorai ou d’Aurai, poètede Charles IX . La Ilaute-Vienne reven-dique encore le chancelier d’Aÿues-scau; l’habile jardinier de la Quinlinic,qui a trouvé la meilleure méthodepour la taille des arbres ; le lieu-tenant de police si fameux et si utileà la capitale Nicolas de la Reynic;mademoiselle j de Sombreuil, connuepar son beau dévouaient filial ; Vcr-gniaud, un des chefs de la Gironde ; lemaréchal Jourdan ; le célèbre chirur-gien Dupuylren ; Gay-Lussac , l’un denos plus fameux physiciens ; Far-geaud, son cousin, physicien et géo-logue distingué, auteur du vrai sys-tème de la formation de la glace.
Les Limousins, sous le nom de Lemorices, ont formé un peuple im-portant à la lin de l’ère romaine. Beaucoup de monuments gaulois serencontrent dans le département à côté de ceux des Romains. Après lachute de ceux-ci, l'histoire de la province devint assez active jusqu’à lafin des guerres de religion. Charles V réunit son territoire à la couronne.Les Anglais avaient été long-temps maîtres du pays; le fameux Richard- Cœur-de-Lion péril au siège du château deChalus, en 1199, par la flèched’un archer. 11 voulait s’emparer de trésors précieux que Ton disait avoirété renfermés dans ce château par le proconsul romain Lucius Capriolus,son fondateur.
Limoges , qui s’appela d’abord Rastialum , puis Auguslorilum, el enfinLemovia , doit être fort ancienne. L’époque romaine la vit riche et floris-sante , elle n’en a conservé qu’un bel arqneduc. Les Visigoths la prirentau 5 e siècle ; depuis lors, jusqu’au 13" siècle, elle ne cessa de changer demaîtres, fut comme en proie à nue dévastation presque continuelle. Letraité de lheligny la donna aux Anglais , elle suivit le sort de la provincesous Charles V .
Clialus était, dit-on , aussi une très-ancienne ville; on prétend qu’il yrésida un proconsul romain. Un de ses seigneurs s’étant vu défendre' parLouis VII de paraître jamais devant lui, soità pied, soit à cheval, domptaà force d’audace, de vigueur, et d’adresse, un taureau sauvage,, el vint àla cour, monté sur cet animal ; il obtint son pardon. Saint Léonard rap-porte son origine à un saint de ce nom, parent de Clovis ; elle fut, jus-qu’à la révolution , affranchie d’impôts.
Nous avons cité la bataille de la Roche-l’Abeille ; elle fut gagnée parl’amiral de Coligny sur le duc d'Anjou, depuis Henri 111, et l’hilippeSlrozzy, qui commandait l'infanterie catholique. Roehechouart soutint,sous Charles V , contre les Anglais , un siège remarquable, et parvint à leuréchapper. Bellac ne se distingua pas moins contre les Ligueurs en faveurde Henri IV .