départements.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
Dü PAYS.
C/5
U
</5
W
»
O*
Cï
O
O
‘W
O
c/5
W
U>
CsJ
C/5
Z
H
3
as
o
S
8
La Nièvre est comptée parmi nosplus beaux et même nos plus ri-ches départements, malgré sa fai-llie population. Les monts à basegranitique du Morvan, charges debelles forets, ou déroulant dansleurs vallées des pâturages super-bes, la traversent du nord-ouestau sud-est. La Loire , l’Yonne ,l’Aron, la Nièvre , l’arrosent deleurs eaux, lui servent de routesfréquentées pour les grands trans-ports de marchandises ouïe flot-tage des bois, et alimentent unefoule d’usines diverses , la plu-part riches et animées. Ses villa-geois, ouvriers ou cultivateurs,au costume pittoresque, au patois
\
remarquable, ont conservé quel-que chose de leurs vieilles coutu-me»!
Une émeute, faite récemmentparles (loueurs de Clainecy,poul-ie rétablissement des anciennesmesures, témoignerait peu en fa-veur de leur civilisation, si l’onne savait combien est fort danscertaines campagnes, rattache-ment aux vieilles coutumes.
C/5
üj
•W
CS
SS
C/5
üJ
u>
a
o
o
‘W
o
W
3
U
C/5
H
H
3
o
CM
s
Le Bourbonnais, qui forme cedéparlement, a toujours passépour mi pays d'aspect varié, riantet fertile. Des collines, dont bcau-
\
coup portent quelque ruine dumoyen Age, y serpentent en chaî-nes irrégulières autour de valléespittoresques, et les unes riches encultures, les autres en sites atta-chants. Là, pendant la saison, re-tentissent les folles parties dessoi-disant malades (des bains) deVichy , deBourbon-1’Archambaultet des gais habitants de Moulins .Partout la population est molle,Spirituelle comme celle de la Tou raine ; douce et saine comme cellede la liasse Suisse , que le paysrappelle en bien des endroits.
Les habitations rurales sontbien moins pauvres que dans laCreuse , Corrèze et l'Indre , maissouvent elles ne sont pas mieuxtenues et la culture des terreslaisse à désirer : cependant tou-tes tes denrées de première né-cessité sont au plus lias prix, etl’Ailier est un des départementsoù il y ait le moins de misère.
RÉGION DU CENTRE.'
PRODUCTIONS AGRICOLES
ET MAm rACTl ltlÈUES.
Le sol du département, qui est le plusboisé, mais non le plus important deFrance pour les forêts, est peu favo-rable à l'agriculture ; cependant, on luifait rapporter, outre une très grandequantité de céréales , des légumes, deschanvres et des vins estimés, notam-ment ceux de Pouilly; mais les bois et lespâturages avec leurs riches troupeauxsont la principale- richesse territoriale,il faut y joindre des mines de fer abon-dantes, dont l’exploitation fait vivre unemasse d’ouvriers ; des houillères, descarrières de marbre blanc et de couleur,des grès; les eaux chaudes sulfureusesde Saint-Honoré sont fréquentées.
Les usines, les faïenceries, qui four-nissent les meilleures faïences de France ,les poteries , verreries , charbonnières ;l’exploitation des mines, le tlottage desbois, avec ses préliminaires et ses acces-soires obligés, se partagent les liras dela nombreuse classe ouvrière.
Le gouvernement entretient à Ncvorsune magnifique fonderie royale ; à laChaussade, près du village dcGuérigny,on fabrique des câbles en fer et des an-| ères pour la marine royale.
L’Allier récolte, au-delà de ses besoins,des grains et du vin estimé ; élève unebonne race de bestiaux et de chevaux.La marine recherche ses bois de chêne,et Paris les poissons de ses rivières et deses nombreux étangs, où l’on pêcheaussi, pour les exporter, une grandequantité de sangsues.
Gomme la Nièvre , il renferme des mi-nes de fer et de houille, des carrières demarbre. De nombreux établissementsmétallurgiques, des faïenceries, des fa-briques de bonne porcelaine. 11 a de plusdes eaux minérales , nombreuses et re-nommées, à Bourbon - l'Archambault ,Néris-Ies-Bains , et surtout à Vichy (éta-blissement royal).
Les papeteries de Cusset , les verreries,la manufacture de glaces de Souvigny,sont renommées. Quant au commerce,si les affaires sur les bois sont les princi-pales de la Nièvre , le commerce impor-tant de l’Ailier consiste dans la vente desgrains, des bestiaux et maintenant, jus-qu’à un certain point, du fer et deshouilles.
CHEFS-LIEUX.
Nevers et une vieille et vilaineville, qui se déploie assez pitto-resquement sur une colline quebaigne la Loire , grossie par laNièvre , et sur laquelle on admireun pont de 22 arches. Son indus-trie (faïence, émail, perles enverre) et son commerce, ne l’ani-ment qu’à un médiocre degré.
Évêclic. 1(5,000 habitants.
Sa cathédrale antique et fièrela domine ; on s’arrête volontiersà l’arsenal, au vieux château desdues de Nevers , dans la maisondu fameux maître Adam, le Vir gile au rabot] et dans' le parequi est, superbe.
Moulins est agréablement situéedans une plaine à droite et à gau-che de l’Ailier, sur lequel elle a undes plus beaux ponts qui soient.On y voit quelques édifices remar-quables, tels que l’Hêtel-de-Ville,la belle caserne de cavalerie et au-tres; le monument funéraire deHenri de Montmorency est aussidigne de remarque.
Évêché. 15,000 habitants.
Moulins a en outre des prome-nades charmantes, une biblio-thèque recommandable et quel-ques lions établissements litté-raires. Elle ne manque pas decommerce. Sa coutellerie étaitautrefois renommée.
CHEFS-LIEUX
d’aiihondissemeiüt.
CHATEAU-CIHNON.
Près des sources del’Yonne , fait grandcommerce de bois, decharbons et de bes-tiaux. E.1000 habitants.
Au confluent de V Yon-ne et du Bcuvron , faitun commerce de Doisplus considérable. Ony remarque le faubourgde Bethléem , jadis siè-ge d'un;évêché. N.-E.0000 habitants.
Bien située, sur laLoire , est vivifiée parles forges de ses ('m i-rons. Ses vues sont dé-licieuses. On y fabriquedes ancres pour la ma-rine. N.-O. 0000 habi-tants.
Vilaine ville de 5 à0000 habitants , situéedans ce qu’on appellela Romagne du Bour bonnais . Elle a conser-vé ses anciennes mu-railles , mais on les aconverties en lige pro-menade agréable. S.
LA PALISSE,
Fameuse par un châ-teau historique, a, com-me Gannat , de beauxalentours. S.-E. 2000habitants.
S’élève sur un eOteauà la droite du Cher.C’était , avant l’ac-croissement de Mou lins , la principale villedu Bourbonnais . Dureste, elle n’offre rienqui mérite d’être cité.O. 5000 habitants.
RÉGION I)U CENTRE.
17
^
LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
i
l
Guérigny , que nous avons nommé ;Imphy , où se trouve un des beaux éta-blissements métallurgiques etc France ;Fourchambault, sur la Loire , où s’élèventplusieurs établissements du même genre;Pont-Saint-Ours, sur la Nièvre ; Bit ylia veau , grandes forges ; Déeizc , dansune île rocheuse de la Loire , à l’endroitoù ce fleuve reçoit l’Aron, ancienne etcommerçante ville, avec une belle église,sont les seules places remarquables del’arrondissement de Nevers . Dans celuide Cliâlcau-Cliinon, nous trouvons Muu-lins-Engilbcrl , près duquel on voit lecratère d’un volcan éteint rempli d’eau ;Yandelcssc , village de forges.L’arrondissement de Glamccy nous offreÇorbigny, Yarzy, ville de 3000 âmes;Formes, qui en a autant; celui deCos-ne ; Pouilly , dont les vins blancs sontestimés; I.a Charité , avec un beau pontsur la Loire , 0000 habitants, des sitespittoresques et de nombreuses fabriquesde grosse quincaillerie; Sainl-Amand,gros bourg dont le canton renferme unetrentainede fabriques de poterie de grès ;Donzy , petite ville sur le Nouain , de prèsde 1000 habitants.
Bouvet et Sallonicr, qui inventèrentle flottage et les trains de bois. Sa-vary, ambassadeur sous Henri IV .Adam Billaut , le poète menuisier,plus connu sous le nom de MaîtreAdam, et qui mourut en 1062; le P.Ephraim, missionnaire dans l’Inde sous Louis XIV ; Guy Coquille , premierhistorien du Nivernais au 16 e siècle,écrivain dont le vieux langage estsouvent nerveux et semé d’aperçusremarquables sur l’histoire généraledu royaume et les personnages prin-cipaux de celle histoire ; Bussy Ba-bulin, écrivain du 17 e siècle, qui eutmieux fait d’employer son esprit àécrire des choses utiles ; Brolhicr,commentateur célèbre du 18'siècle;les contemporains Dcslult de Tracy,Marchangy , auteur de la Gaule poé-tique; les trois frères Dupin.
Les Romains n’ont guère laissé de trace de leur passage dans le paysde la Nièvre , occupé d’abord par les Ædui. Le chef de ses comtes, Bernard,reçut le titre de marquis de Cliaries-le-Gros. Il devait s’opposer aux en-treprises qu’aurait pu faire Iloson , roi de Provence , sur les confins, oumarches, des possessions impériales de ce côté. Son fils Guillaume se ren-dit indépendant. H eut quelques descendants célèbres , entre autres Guil-laume V, qui mourut en Palestine en 1168. Le comté passa, au 13* siècle,par mariage dans la maison de Flandre, et I'bilippe-le-llardi, fils du roiJean, en épousant l’héritière de cette province, acquit aussi le Nivernais ,
Il le donna à son troisième fils, Charles, et, après la mort de Charles-le- Téméraire , Jean de Bourgogne , descendant de ce Charles , se trouvantle seul héritier mâle des ducs de Bourgogne , fut contraint par Louis XI de se contenter du.Nivernais , son vrai patrimoine; à sa mort le comtépassa par mariage aux dues de Clèvcs, et fut, sous François 1 er , érigé enduché-pairie. 11 passa bientôt après aux ducs de Manloue ; le cardinalMazarin l'acquit de cette maison. Son neveu, Julien Maneini Mazarini,fut un homme assez remarquable ; c’est de lui que descendait Louis Man-eini Mazarini, auteur distingué, qui mourut à Paris en 1788.
Nevers qui, sous le nom de Ncvrodunuin, fut une des places d’armesde César, ne reparaît dans l liistoire cpie sous Clovis , qui la rangea dansle diocèse de Sens. Saint Eulade en fut le premier évêque. Une bataillecélèbre fut livrée près de Cbâteau-Cbinon, en 1175, entre Louis XI et leduc de Bourgogne : le duc eut le dessous.
Pouilly paraît avoir eu plus d'importance autrefois, Charles-lc-Chauvc etson petit-fils Carloman y vinrent à plusieurs reprises. Les Anglais s’enemparèrent avec peine en 1361. Lormcs était de même fortifiée, elle futdisputée cuire les ligueurs et l’un des dues de Nevers de la secondebrandie, en 1591 : celui-ci s’en empara.
1
1
1
!
\
i
1
tes:
Bourbon - l’Archambault , aujourd'huifréquentée'pour ses eaux chaudes, célè-bre autrefois par ses seigneurs, et dontl’église possède, dit-on, un morceau dela vraiecroix; Yeurdrc, bourg sur l’Ailier;Ydcncc, village où était autrefois un tem-ple dlsis.
Trongct, gros village animé par sahouillère, qui est considérable ; le grosbourg de Dompierre ; Souvigny , anciennecapitale religieuse des seigneurs deBourbon, sont tous dans l’arrondissc-tncntde Moulins ; — Dans celui de Mont- luçon on'remarque : lUonlmarault, petiteVille de 2000 âmes, très commerçante enbestiaux ; Hérisson, petite ville sur l’Au-fiiancc; Cérilly , gros bourg de 3000 liabi-,an ts ; liuricl, petite \ ille ; Kéris-ks-Baiits , ville de fondation romaine. Dansceux Ue Gannat et de la Palisse : Cusset ,■1000 habitants, petite ville célèbre par*>cs papeteries ; Vichy , aux sources miné-rales si connues, petite ville bien situéeuu Sein d’un pays des plus pittoresques ;Saiiit-Pourçaiu, aux foires renommées,4000 habitants. Commentry , gros villagemanufacturier. (Forges. Glaces.)
Le connétable de Bourbon, le ma-réchal de Bourdilton, et de La Palisse,presque aussi célèbres, comme hom-mes de guerre , et plus fidèles à leurpatrie; Delorme, premier médecin deMarie de Médicis ; Claude Durci ,philologue ; Billard de Courcenay ,poète ; Yigcnirc, commentateur : toustrois appréciés au 16 e siècle. Lingcn-des , prédicateur an 17 e siècle ; le ma-réchal de Yillars; Choisy, le défenseurde Cracovic sous Louis XV , hommevraiment remarquable, qui s’étaitélevé des grades les plus inférieurs àcelui de lieutenant général. Les géné-raux de la république et de l’empire :d.'Orvillicrs, Babusson , Bodclin , Guy ;les deux Giraudel, l’un qui dénonçacourageusement les massacres deLyon , l’autre qui fut un topographedistingué ; Pérou , navigateur et na-turaliste distingué.
Des ruines romaines attestaient, il y a peu de temps encore, le passagedes conquérants du monde dans le pays de l’Ailier, et tout fait croirequ’ils connurent et fréquentèrent les eaux minérales qu’il renferme. Lesllituriges Cubi, fraction des peuples de Bourges , l'habitaient alors.
Les restes du moyen âge y sont en grand nombre, et, à part Néris-lcs-Bains, et peut-être Bourbon-l’Archambault , toutes les villes del’Ailier datent de celle époque. Elles durent leur origine ou à des châtel-lenies féodales, ou à de saintes " , es. On a fait un livre curieux sur leschâteaux du Bourbonnais .
Bourbon régna long-temps sur cette petite province. On a voulufaire remonter son origine aux Romains, et, suivant l’autorité de Dan-ville, elle occuperait l’emplacement de l’ancienne Aquœ - Bormonis ,des tables théodosiennes. Aymar I", vers 921, est le premier de ses sei-gneurs dont le nom nous soit connu. Le surnom d'Archambault lui vientd’un des fils d’Aymar, et ses successeurs le portèrent tous, jusqu'àArchambault IX, qui accompagna saint Louis en Palestine, et dont lapetite-fille épousa le comte de Clermont, fils de ce grand roi. C’est lapostérité de cette petite-fille d’Archambault, Beatrix, et du comte deClermont, cpii occupe le trône de France , ceux d’Espagne et de Naples .
Moulins remplaça Bourbon vers la fin du 14* siècle, comme capitale duBourbonnais ; elle devait son origine à un rendez-vous de chasse desseigneurs qui demeuraient alors à Souvigny. Vers la fin du 1C, en 1506,Catherine de Médicis y convoqua, pour la pacification des dissidents reli-«ieiix, cette assemblée fameuse qui eut des résultats si contraires. Vichy qui dût la naissance à scs eaux, fut peu après détruit par les protestants.
I.’ari gothique, si puissant en architecture, a laissé à Saiut-Pourçainun chef-d’cruvrc connu sous le nom d'Eccc homo de Saint-l’ourçain, quiatteste aussi, à un rare degré, sa puissance dans la statuaire. Cette ville pritnaissance autour d’une abbaye de bénédictins, dont elle reçut son nom