HAUTE-MARNE ci-devant CHAMPAGNE . AUBE ci-dev. CHAMPAGNE et BOURGOGNE. MARNE ci-devant champagne.
255,909 HABITANTS. — 315 LIEUES GÉOGR. CARRÉES. 253,870 HABITANTS. — 308 LIEUES GÉOGR. CARRÉES. 538,507 HABITANTS. — 413 LIEUES GÉOGR. CARRÉES.
RÉGION DU NORD-EST.
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ASPECT PHYSIOLOGIQUE
PRODUCTIONS AGRICOLES
DEPARTEMENTS.
ET M VISU FACTURIER ES.
Une série île plaines au solaride et bien souvent presque sté-rile, forme les deux tiers de la su-perficie du département. DepuisChâlons jusqu’à Reims et Sainte- Menehould , jusqu’à Epernay etVitry , le pays est triste ; les pau-vres habitations sont toutes bâtiesde craie; ce minéral blanchitles roules et les champs. Maisvers les villes nommées, la naturesemble avoir voulu réparer sonavarice, et à l’entour d’Epernay,Reims , Avize , ce ne sont que cé-teaux chargés de ces vignes quifont la richesse de la Champagne .La Brie Champenoise est magni-
La vigne est cultivée partout dans laMarne , et l’on y fait ordinairement 400mille hectolit. de vins de diverses qua-lités, par an. La population vignicole dudépartement est considérable ; celle quivit du commerce des vins ne l’est pasmoins, proportion gardée. La Marne ad'ailleurs une grande quantité de céréa-les, et c’est le département de France quicontient le plus de terres arables. Sesbêtes à laine sont nombreuses. Le paysa quelques bonnes exploitations detourbe, de pierres meulières excellentes.Comme industrie, la transformation deslaines brutes en châles superbes occupele premier rang. La fabrication du blancd’Espagne , des pains d’épice et biscuits,vient ensuite. On estime la (bougie [deReims et les ouvrages en tissus de soie(sacs, chapeaux), qui se fabriquent dansplusieurs localités.
tique.
I
Il y a dans le département del’Aube deux régions distinctes :l’une coupée par des colliness’étend au nord-ouest ; elle est,comme la seconde, formée degrands plateaux crayeux; maissa pauvreté en toutes choses, esttelle, qu’on la nomme la Champa-gne pouilleuse. C’est en effet pitiéd’y voir pour toute culture deschamps d’avoine, de sarrazin oude seigle chétifs, à la suite d’ha-bitations misérablement construi-tes et presque toujours sans unarbre pour les abriter. Dans l’au-tre région, la craie est recouverted’une couche de terre forte etgrasse; les cultures sont riches.En un mot , la compensation esti complète.
Le département de l’Aube récolte danssa région fertile des céréales abondan-tes, cl planté de la pomme de terre, pres-qu’aulant qu’en Alsace . Dans les valléesde l’Aube et de la Seine , des prairies na-turelles fournissent d’excellents fourra-ges, et les côteaux d’assez lxm foin, dontles deux tiers s’exportent. Il y a peu debestiaux dans le pays ; mais un nombreconsidérable de grosses volailles. L’Aube ,la Seine et les routes qui sillonnent ledépartement, activent son commerce etson industrie. Celle-ci s’exerce surtoutsur la filature et le tissage de coton, labonneterie, la draperie , la filature deslaines , la tannerie, ete. La grosse cor-derie de l’Aube et le blanc d’Espagne sont scs produits les plus estimés.
CHEFS-LIEUX
CHEFS-LIEUX.
d’akkoindissemejits.
Châlons est une ville célèbrepar les batailles qui se sont li-vrées dans ses plaines. Elle faitquelque commerce, mais son as-pect est triste, monotone, etpresque silencieux.
Évêché. 14,600 habitant».
Sa bâtisse en bois fait ressortirun petit nombre de beaux édifi-ces, surtout, la cathédrale, le col-lège, l’hôtel-dc-ville. La prome-nade du parc est superbe. L’Ecoledes arts et métiers trèsbientenue,a formé beaucoup d’hommes dis-tingués.
Troycs est située dans une vaste(daine, sur la rive gauche de laSeine. Sa bâtisse atteste son an-cienneté. Comme capitale descomtes de Champagne , elle eutplus de splendeur et de commerce.Celui-ci est encore actif dans sonenceinte.
TROTES.
Évêché. 44,000 habitant».
On admire à Troyes une bellecathédrale, une bibliothèque ri-che, le portail de l’hôtel-de-ville,la grille de l’hôpital, le jubé del’église Sainte-Madeleine, et beau-coup de parties d’autres églisesanciennes.
Villcde5000 habitants,est l'entrepôt principaldes vins de Champa gne . Ses caves immen-ses, taillées dans le roc,sont remarquables. O.
Archevêché, a 30,000habitants, est indus-trieuse et commer-çante. Sa cathédraleet son église de Saint-Remy sont fameusesdans l’histoire. N- O.
SA1NTE-MÉNE110ULD,
4000 habitants, jadiscapitale del’Argonne.E.
VITRY-LE-FRANÇAIS,
Ville de 7000 habit.,d’un aspect régulier. S.
ARC1 S-SUR-AUBE,3000 habitants. Napo léon s’y montra en 1814,dans tout le courage deson génie. N.
BAR-SUR-AUBE ,Vieille ville de mêmepopulation. En 1814, lemaréchal Mortier y bat-tit les Autrichiens. E.
NOGENT-SUR-SE1NE,3000 habitants, n’a doremarquable que sapropreté et ses prome-nades. N. E.
BAR-SUR-SE1NE,
Autrefois considéra-ble, aujourd’hui petitecité de 2000 habit. S.
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I
Le pays de la Haute-Marne estmontagneux. Une chaîne princi-pale (les monts de Langres ) letraverse du sud-ouest au nord-estet lance au nord et sud un grandnombre de collines, dont les val-lées sont étroites et arrosées parune infinité de petits cours d’eau,descendus des hauteurs. Les fo-rêts autrefois en plus grandequantité y occupent encore uncinquième de la superficie, et sontdisséminées sur tous les points.Les cultures sont variées commele sol qui est généralement supé-rieur en qualité à celui du restede la Champagne . Un air pur etvif, des sites charmants font l’at-trait du pays.
Ix-s grains , les avoines, les vins, dontplusieurs sont renommés ; le gibier, lestruffes, mais surtout les bois de marineet de construction sont les objets d’uneforte exportation. 11 en est de même decertains légumes et des différentes es-pèces de moutarde en graine. Le chanvre,le lin, etc., viennent dans le pays. On yélève des bestiaux, de grands troupeauxde dindons et des abeilles. Le sol contientdes mines de fer, des carrières de pierresde taille et de (lierres à plâtre, de latourbe, de la houille, du plâtre, des eauxminérales.
Parmi les produits manufacturiers , ilfaut citer les ouvrages de fer en diversgenre; gueuses, tôles, limes, râpes,poêles, la ganterie et la bonnelterie deChaumont , la coutellerie de Langres , ete.
au centre du département, sur unplateau élevé. C’est une assez jo-lie cité , de troisième force mili-taire, assez industrieuse et com-merçante.
Avec 7000 habitants,s’élève sur un des pla-teaux les plus élevés dela France. C’esl 'une vil letriste et isolée, sièged'un évêché célèbre.Elle a quelques ruinesromaines, une belle ca-thédrale, une bibliothè-que, etc. S.
On y voit de belles promenades,une bibliothèque.^ (passablementriche, un jardin botanique, uncabinet physique et minéralogi-que, un hôtel-de-vilic de cons-truction moderne, quelques au-tres établissements de médiocreimportance.
3000 habitants, si-tuée sur la Biaise et en-tourée de forêts, est
fameuse par l’horriblemassacre des protes-tants qu’y fit le duc deCuise, en 1502. N.
RÉGION DU NORD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
La commune de Courlisolles, à 5 lieuesde Châlons , atteste, par sa richesse, lapuissance d’un travail agricole opiniâ-tre ; Vertus, qui a de beaux vignobles,est dans le même arrondissement. Onremarque, dans celui d’Epernay : Mont-mirail , La Fère Champenoise, Champ-Aubert, Sézanne , qui rappellent des vic-toires de Napoléon . Cette ville compte5000 habitants et devient chaque jourplus commerçante et plus peuplée. Legros bourg li’.ljy, avec son riche terri-toire, et Fismes , avec ses belles campa-gnes, embellissent l'arrondissement deReims . Non loin de Sainte-Menehould ,l’on contemple le champ de bataille etle village de Valmy ; Yilry-le-Rrùle, oc-cupe près de Vilry-lc-Francais une partiede l’ancienne ville de Vitry, dont l’églisefut brûlée avec 1300 personnes qu ellecontenait, par Louis-lc-Jeune, et quiplus tard, tomba en ruines sous la colèrede Charles-Quint .
L’archevêque de Reims Aldabàron,sous Louis V et llugues-Capet ; Flo-doarl, historien au 10 e siècle; Coquil-lard, poète du 14 e ; Dom Ruinard, sa-vant bénédictin du 17 e ; le cardinal deRetz, le grand Colbert , la célèbre co-médienne tragique' Aérienne Lecou-vrcur ; Richelet, célèbre grammairiendu même temps ; le fougueux avocatLinguet; l’excellent géographe R an-che, au dernier siècle ; le général del’ompire Drouet, le docteur Jlusson,auquel des milliers il’enfants doiventleur vie; M. Royer-Coltard, un descontemporains politiques les plus dis-tingués, appartiennent par leur nais-sance au département.
Reims , parmi les villes du département de la Marne , rappelle les plusgrands souvenirs. Elle existait av ant l’invasion romaine, comme capitaledes Rémois, peuple qui, avec les Calalauni, dont la capitale était. Châlons ,occupait le premier rang dans le pays, et même dans la Gaule , aprèsles ( tEduens. ( >n y voit encore des antiquités laissées par les conquérants dela Gaule . Clovis se fit baptiser dans ses murs, par saint Remy, après la ba-taille de ’lolbiac. Ses archevêques devinrent dans la suite des seigneurstemporels très puissants. l’hilippo-Augusle et son prédécesseur leur con-firmèrent le droit île sacrer les rois de France , droit qu’on leur contes-tait. Ce prince et tous ses successeurs (moins llenri IV), jusqu'àLouis XVI s’y tirent, en conséquence, sacrer par eux dans la cathédrale.Charles X imita leur exemple. On sait comment Jeanne d’Arc chassa lesAnglais de Reims et y proclama le roi Charles VII , par la voix du ciel.Attila , roi des lions, fut battu dans les plaines de Châlons par les Francsde Mérovée , réunis aux Romains, Bourguignons et Gotlis en 451 ou 452.
Le parlement de celte ville ne craignit pas, en 1591, de faire brûler publi-quement la bulle du pape Grégoire XIV , qui excommuniait llenri IV, etl’année suivante celle de Clément VIII , qui convoquait les états-générauxpour élire un autre roi. Saint-Menehould eut à souffrir des sièges cruels.
Le dernier fut conduit par le grand Coudé . C’était le premier siège où setrouva Louis XIV . Vitry -le-Français qui a remplacé Vilry-le-Brûlé, futélevé par ordre de François 1 er .
Dans l’arrondissement de Troyes : lescarrières de craie de Villeloup; l'indus-trieuse Erry; Laines-aux-Rois, avoisinantle fort de Montaigu, jadis célèbre. Rriennc-le-Cluilcau possédait une école militaireoù Napoléon recul sa première éduca-tion militaire. Plus lard (1814), il y cul-buta les Alliés. Dans l’arrondissementdeBar-sur-Aube , Clairvaux, jadis abbayefameuse, a aujourd’hui une maison dedétention remarquable ; La Itothièrc, vil-lage, vil en 1814 un combat sanglant ,Yandœuvres , petite ville ; ensuite lesruines de l’ancienne abbaye du Paraelet,à deux lieues de Nogenl; Romilly -sur-Seinc et Yillcnoxe , qui méritent l’atten-tion, l’un pour les ruines de son château,ses monuments druidiques ; l’autrepour son commerce, son industrie, etpour avoir été momentanément le tom-beau de Voltaire .
Le pape Urbain IV , fils d’un tailleurde Troyes ; Juvc'nal des IJrsins , grandcritique du 15 e siècle; Amadis Jamyn ,poète distingué; Lcbc et Morel, impri-meurs célèbres ; les frères Pilhou, ju-risconsultes ; Jean Passerai, profes-seur d’éloquence, tous au 16 e siècle ;les deux Mignard, peintres, dont l'unest si fameux ; (lirardon, sculpteur ;le géographe Durai, au 17 e siècle; au18 e , le trop célèbre montagnard Dan-Ion; les contemporains Thénard et E.Salvcrtc, l’un savant chimiste, l’autrehomme politique très distingué , ap-partiennent par leur naissance au dé-partement.
Occupé jadis par les Titrasses, dont la capitale était Troyes , et qui seréunirent après la chute des Romains avec les Rémois et les Catalauni,dans une alliance appelée Campania , d’où est venu le nom deChampagne;le pays de l’Aube devint, sous Robert l"’,une principauté héréditaire, gou-vernée par îles comtes, et ne retourna à la couronne que sous le roi Jean 1 er .11 avait en dans cet intervalle des jours glorieux. Plusieurs de ses comtess’étaient distingués dans la guerre et dans la paix. Thibault IV (1102-1152),un de ses comtes, avait fait de Troyes le marché principal du continent,et sa population d’alors s’éleva à 91,000 habitants. Eli 451, saint Loup l’a-vait sauvée des fureurs d’Atlila.T’royes ne résista pas à l’invasion anglaise .Le duc de Bourgogne s’en empara en 1415, et le traité par lequel la ré-gente lsabeau cédait la France aux Anglais , y fut conclu. En 1524, un in-cendie la détruisit presqu’en entier, la Saint-Barthélemy lui porta le der-nier coup.
l.cs autres villes de l’Aube ont eu peu de célébrité. Mais il n’en a pasété de même de l’abbaye de Clairvaux, fondée par Hugues, comte deTroyes , en 1151, et dont l'éloquent, saint Bernard fut le premier abbé.
Le pays de l’Aube fut, en 1814, le théâtre des plus sanglants combatsentre l’empereur et les généraux des armées coalisées, qui furent vaincus àArcis, Brienne , Méry-sur-Seine, à la Maison-Blanche et autres endroits.
Arc-cn-Jiarrois , entouré île forêts ,2000 habitants ; Andelol, Jlourmont etN ’ogenl-lc-Roi, trois petites villesqui fontde la coutellerie ; pemChAteau-YUain, quifabrique des cuirs, appartiennent à l’ar-t'ondissement de Chaumont . Dans celuide Langres : Rourbonne-les-Rains nousoffre sa vieille célébrité médicale, sessources chaudes sulfureuses, son hôpitalmilitaire sont remarquables; sa popula-tion fixe est de 3500 habitants. MonsSaugcon est célèbre par son vin délicat.Dans l’arrondissement de Vassy : Sainl-Dizier, 7000 habitants, construit par anune Ionie de bateaux, et fait grandcommerce des planches de sapin ; Join-ville, petite ville historique bien située;Monliérendcr eut une abbaye considé-rable, cl s’étend au milieu de la forêt duber, antique séjour des Druides , llcmiltyh’a de remarquable que son château.Sommcroirc , gros bourg commerce en•mis.
Eponine et Sabinus , dont nous sa-vons tous la touchante histoire ,étaient nés à Langres . Cette ville aaussi donné le jour à Diderot , l’un desplus célèbres écrivains philosophes dusiècle dernier ; le sculpteur, Bouchar-don, était de Chaumont . Le départe-ment revendique encore le célébrécardinal llenri de Lorraine , Hoursaull,auteur (dus connu au 17’ siècle qu’àprésent ; l'excellent jurisconsulte llen-rionde Pansey ; le général du génieDaxo, un de nos braves les (dus esti-més ; le député ilonvic , auquel l’ondoit l'introduction en France de lafabrication du ft’omage de Gruyère , et.qui s’est fait par cette introduction lebienfaiteur de plusieurs département s;Etienne, littérateur distingué; tousquatre contemporains; enfin, le comteDamrcmonl, mort si glorieusementdevant Conslanlinc.
Beaucoup d’antiquités gallo-romaines sont répandues dans le pays dela Haute-Marne , entre autres, près de la montagne du Châtelet, non loinde Vassy . Les Lingons, peuple célèbre parmi les Gaulois, l’occupaientavant l’arrivée des Romains. Langres était leur capitale, et après la con-quête , devint une ville importante, ayant capitule, des temples, des séna-teurs. Sous les Francs , son importance déchut. D’abord , réunie auroyaume de Bourgogne, elle fut dans la suite le chef-lieu du comté deLangres , annexé à celui de Champagne , l’uis, ses évêques régnèrent surelle avec le titre de ducs et pairs : leur siège datait du 3° siècle. Langres se distingua surtout lors de l'invasion anglaise , en s'assurant la domina-tion de la contrée, envers et contre tous. Chaumont était bien moins im-portant ; ses seigneurs rendirent souvent hommage à l’évêque suzerainde Langres ; mais il devint enfin le cher-lieu du bailliage de ltassigny,et sesfort idéations assurèrent sa prééminence.\ assy semble être un ville maudite.Importante sous les Romains, comme capitaledcsVadieasses-.elle fut brûléeen 211 par les troupes de Caracalla . Rétablie, ('lie eut. maintes attaques àsubir, et fut définitivement ruinée par Charles-Quinl. Enfin’, en 1502,1emassacre qu’y lit la suite du duc deGuise des protestants, donna le signalde toutes ces catastrophes sanglantes que les guerres de religion attirèrentsur la France . Tout le pays eut beaucoup à souffrir de l’invasion de 1814.Les alliés furent battus deux fois à Saint-Dizier . Celte ville, assez ancienne,soutint, en 1554, un siège remarquable contre Charles-Quinl. Deux foisNapoléon eut son quartier-général au bourg de Duclérenl, près de Saint- Dizier .
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