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RÉGION DU NORD-EST.
DÉPARTEMENTS.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PAYS.
PRODUCTIONS AGRICOLES
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CHEFS-LIEUX.
CHEFS-LIEUX
d'arrondissement.
COTE-D’OR ci-devh>t BOURGOGNE .
385,624 HABITANTS. - 442 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARREES.
Forestier dans sa partie nord,vignoble dans sa partie sud, gé-néralement d'un sol irrégulier etmontagneux, le département de laCôte-d'Or se présente avec un re-nom de richesse que son aspect,
1 surtout au sud ne dément point ;
| là, s’élèvent ces coteaux qui pro-1 duisent les vins de l’omard, Meur-1 sault, Volnay, Nuits,Beaunc , Ro-ImanéOjClos-Vougcot,puis vers Di-I jon, deChenove, Brèze, Chamber-1 tin. Là, le canal de Bourgogne , le/ chemin de fer venant d’Epinae, la\ Saône et diverses roules activent le
commerce.L’aisance des habitant sse trahit partout dans des habita-tions élégantes, semées par lacontrée, dans la bonne tenue desg villages et des chemins. VersJ l’ouest, l’est et surtout vers le| nord, dans l’arrondissement deChâlillon,les forges, les usines suc-cèdent aux entrepôts de vins lestransports de fer aux transportsdes liquides. La population estplus clairsemée, et ne brille pointpar le même bien être.
Les vins fameux de Pomard , Meur-sault, Volnay, Beaune, Nuits, Romance,clos de Vougeol, Chambertin el autres,l’honneur el la richesse de la France ;des forêts et des mines de fer abondan-tes ; des céréales en quantité plus quesuffisante pour la consommation ; lesfruits ) entre autres les pruneaux deSafTre) ; les légumes comme les melonsd'Auxonne , dont une partie considéra-ble vont en Comté et plus loin ; les navetsde Véronne : les haricots et les lentillesde diverses localités qui s'exportent enabondance ; le millet, la moutarde, lesvinaigres, les eaux-de-vie, etc,; les ou-vrages métallurgiques, qui sortent d’unemultitude de forges et de hauts four-neaux ; d’autres produits du sol et del’industrie ont rendu depuis long-tempsle nom de la Côte-d’Or célèbre parminos départements. Cependant elle a peude bestiaux; ses terres ne sont pas tou-tes utilisées, et ses fabriques ne sont,point aussi nombreuses qu'elles pour-raient l’être; elle en a de draps, de sucreindigène, de chapeaux, de pâtes, deblanc de céruse ; mais aucune n’est re-nommée. Les environs deChàtillon four-nissent d’excellentes pierres lithographi-ques.
Dijon , entouré de vieilles mu-railles, s’étend dans une belle etriche plaine, proche de beauxcoteaux vignobles, sur les rivièresde l’Ouchct, et delà Suzon, nonloin du canal de Bourgogne . C’estune jolie ville commerçante et lit-téraire, bien bâtie, avec des rueslarges et de nombreuses placespubliques.
Evêché. Cour royale. Quartier-général de la 18 e division mi-litaire. 26,000 hahitants.
Comme ancienne résidence desducs de Bourgogne , Dijon a con-servé de beaux édifices et unecertaine grandeur. On y remar-que l’ancien palais ducal, leséglises Notre-Dame , Sainte-Béni gne et Saint-Michel, le palais desétals, la place royale. Dijon a uneacadémie ayant 3 facultés, unebibliothèque riche, un musée, etdans tous ses édifices des ri-chesses arlistisques nombreuseset distinguées.
Ville de 9,000 habit.,qui s’embellit, chaquejour à la faveur de soncommerce. Elle est si-tuée au milieu de vi-gnes , et entourée devieux remparts. On ad-mire son hôpital et l’é-glise de S.-Pierre. S.
SEMUR-
SUR-L’ARMANÇON
Est une ancienne etcélébré ville, bien bâtie,au sommet d’un rocher,el; peuplée de 4,000 ha-bitants. O.
CHAT1LLON-
SUR-SE1NE
A le même nombred’habitants , elle est si-tuée sur la Seine nais-sante, au milieu des fo-rêts , est commercante,et ne manque pas d’a-gréments. N.-O.
DOUBS ci-devant FRANCHE-COMTÉ , MONTBÉLIARD .
276,274 HABITANTS. - 276 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARRÉES.
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La surface de ce départementest hérissée de montagnes et decollines. Les parties du Haut-Jura les plus élevées s'étendent versla Suisse ; elles sont couronnéesde neiges, ont les lianes plantésde sapins el abritent des v alléesriches en pâtorages ; les autresqui occupent le nord et une par-tie du centre el du sud-est, for-ment la moyenne Montagne , plan-tée de chênes et de hêtres, cou-pée par des vallées plus étendueset renfermant, des plateaux où/ l’on cultive déjà la vigne el Iefro-\ ment. La plaine, à l’ouest, est ir-1 régulière, sillonnée de coteaux
J vignobles , bien arrosée, d’un sol/ fertile et laborieusement exploité.C’est un des pays les plus richesde France en curiosités naturellescl l’un des plus intéressants pourle géologue et le minéralogiste.Sa partie nord-est, abonde enétablissements industriels. Là,seulement, les villages sont po-puleux et quelquefois d’une ap-parence aisée. Ailleurs, ils sontchélifs, clair semés comme la po-pulation. Au centre et à l’ouest,celle-ci est tout agricole.
L’agriculture a jusqu'ici passé pourarriérée dans le département ; mais ,grâce à l'influence des comices agrico-les de Besançon , dirigées par le docteurBonnet et autres agronomes et philan-thropes distingués, l’on peut espérer’desaméliorations notables. Aujourd’hui’, leDoubs est obligé d’importer des blés ;il récolte pour la consommation uneabondance extraordinaire de maïs, cul-tive en grand le chanvre, les arbres àfruits. Le noyer est pour lui une sortede richesse. Il a dans la hautecl moyennemontagne des fromageries ou fruiteriesdes plus considérables. Quelques-uns deses vins ont du renom. Ses rivières demontagnes sont connues juqu’à Paris pour les truites el autres poissons qu’el-les nourrissent.
Ses richesses minérales consistent enune vingtaine de mines de fer , en car-rières à pierres et à plâtre, en tourbièresexcellentes el nombreuses. 11 y a unesaline royale près d Are , des marais sa-lajils à Sonlu et Audcux , et des eauxsulfureuses à Guillou, près de Beaume.
Comme industrie, le travail du fer, del’acier, du cuivre lient le premier rang ;l’horlogerie de Besançon fournit jusquela Chine . 11 y a vers Montbéliard forcefilatures de colon et de fort belles fabri-ques de scies el de rouages pour mon-tres et horloges.
Située dans un fond sur leDoubs qui la traverse et serpenteautour d'elle entre les montagnesqui la dominent, Besançon seraitune des villes les mieux bâtiesde France si ses hauts quartiersde Battant et des Arènes répon-daient à ses autres quartiers. Sacitadelle, située sur un roc à picdu côté extérieur, et plusieursforts la rendent imprenable.
Archevêché. Cour royale. Quar-tier-général de la 6 e divisionmilitaire. 50,000 habitants,
Besançon est commerçante , elon la nomme souvent l’érudite.L’églisemélropolitainedeSt-Jean,celle Sainte-Madeleine, l’hôtel dela préfecture, le grand hôpital, lethéâtre, le collège, plusieursbelles casernes méritent de fixer
l’atlenlion ; il faut citer aussil’acfutémic, la riche bibliothèque,la magnifique promenade deChamars, l’are de " L'd’Au-
rélien ou la Porte noire.
BEAUME-LES-DAMES,petite ville triste de2,500 babil., ayant, ducôté de Besançon , d’as-sez beaux environs etde jolies promenades.Du reste, insignifiante,si ce n’est pour lesgourmets qui recher-chent ses pâtes decoing. N.-E.
P0NTARL1ER,
Silué sur le Doubs ,près d’un passage na-turel qui donne entréede la Suisse en France a plus d'importanceparsa position el son com-merce avec la Suisse .Elle a 5 mille habit.,dont la plupart com-merçants ou indus-triels. S.-E.
MONTBELIARD ,Autrefois chef - lieu
d’un comté vvurtember-geois, a de même 50t0habit., est bien située,au milieu de eôleaux vi-gnohlesel commercant.N.-E.
RÉGION DU NORD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Auxonne , ville forte de 5000 habitants,sur la Saône , el qui possède une fonderieroyale et une école d’artillerie ; Tonlainc-Trançaisc , bourg où Henri IV battitMayenne , chef de la ligue, et les Espa gnols ; Is-sur-TUle, avec 1600 habitants;La Baraque, village où croît la vigne quiproduit le fameux Chambertin , animentl’arrondissement de Dijon . On remarquedans celui de Beaune la jolie petite villede Nuits, le bourg de Pomard, le villagede Volncy, le bourg de Nolay, patrie dugrand Carnot, Sainl-Jcan-dc-Losne, an-cienne petite ville, qui, par le couragedéployé par ses habitants contre les im-périaux en 1636, mérita le surnom deBellcdcfense ; Arnay-lc-Duc, où Coligny vainquit le marquis de Cossé en 1576.Celui de Semur nous offre Monlbard,petite ville de 2000 habitants, la patriede Butron , et bâtie en amphithéâtre seu-le canalde Bourgogne ; Saulieu , ville de3000 habitants, où naquit le célèbreVauban , et qui fait un commerce con-sidérable de bois de chauffage. *
Parmi les célèbres Bourguignons dela Côte-d’Or , il faut citer au premierrang de 1404 à 1477, des princes telsque Jean sans Peur , Philippe le Bon ,Charles-k-Tcmêaire; puis saint / cr-nard, Hugues Aubriot , qui fonda l’an-cienne Bastille de Paris ; Pierre Des-granges et Laspré, échcvins de Sainl-Jcan-de-Losne lors de sa belle défense,
/ ossuel, Saumaise , Bamiau, Crebillon,Longcpicrrc, Buffon cl Daubanlon, sondisciple ; Pi:on, Trercl ; les générauxCarnot, Junol , il larmont, due de Ra-guse; enfin , l’illustre mathématicienMonge , un des fondateurs de l’Ecolepolytechnique. On fait naître le cé-lèbre Vauban , tantôt dans le dépar-tement de rVonnc, tantôt à Saulieu ,comme nous l’avons dit. G nylon deMorvcau est de Dijon .
L’histoire a conservé le nom des anciens habitants du pays, des Æducns,peuplepuissanl,alliéàCésaret d’une de leurs forteresses, la célèbreAlesia,située sur le mont Auxois, non loin de Semur , où, lors de la conquête ro-maine , se tronvait renfermés 80,000 hommes de l’élite gauloise . 11 ne resteplus de traces d’Alesia, et le seul monument, de Cussy rappelle le passagedes Romains. Les Bourguignons, tribu Vandale, qui passa le Rhin en 407 et408, surl’appel des Romains, et d’abord sujette des Ædui,les effaça bientôtdu livre des nations, donnèrent leur nom au pays : ils formèrent dans la ci-devant Bourgogne , la Franche-Comté , la Provence, le Dauphiné, le Lyon-nais, etc., un vaste empire qui s’écroula sous les efforts des Francs en 534,et fut partagé entre les princes qui succédèrent aux fils de Clovis . Vers lafin du règne des Carlovingiens, il se forma de eet ancien empire troisroyaumes ; l’un, appelé de Provence ou de Bourgogne Cisjurane, etcommencé par Boson en 879; l’autre, de la Bourgogne Transjurane , elcommencé par Rodolphe 1 er en 888.Ccs deux royaumes furent réunis en 930,par Rodolphe 11, qui reçut la Bourgogne Cisjurane de Hugues, roi d’Italie .Ils composèrent alors le troisième royaume, que l’on nomma royaumed’Arles . La majeure partie de celui-ci passa par héritage, en 1032, à Con-rad-le-Saliquc, roi de Germanie. Mais, dans tousces partages, la Bourgogne proprement dite, forma, depuis 843, un duché qui releva toujours, aumoins fictivement, de nos rois. (Le premier duc fut Roberl-le-Forl, le dernierPhilippe I er , dit de Rouvres, qui mourut sans postérité en 1361). Alors , leroi Jean, au lieu de le réunir à la couronne , le donna en apanage à sonquatrième fils, Philippe-le-llardi, qui épousa la veuve de Philippe de Rou-vres, el réunit en même temps à son apanage l’Artois, la Flandre . Ses suc-cesseurs, Jean-sans-Peur , Philippe-lc-Bon, Charles-le-'l emérairc, ne ces-sèrent d’accroître leurs états, et, contents de leur puissance, refusè-rent le litre de rois. A la mort de Charles le Téméraire , qui ne laissaqu'une fille, Louis XI réunit le duché de Bourgogne à la couronne. Mais laFlandre et le; autres possessions furent acquises à la maison d’Autriche par Maximilien b r , qui épousa Marie , l’héritière du due. Dijon , impor-tante sous les Romains, puis déchue, et enfin, depuis le XI siècle,capitale des dues, fut embellie par eux , et resta le théâtre de leur gloireet de leurs fêtes. Plus tard, en 1513, elle soutint contre les Suisses unsiégé mémorable. Chàtillou esta jamais célèbre, parle fameux congrèstenu, en 1814,, entre les alliés et les représentants de Napoléon .
Dans l'arrondissement, de Besançon : Or-nans, ville île 4000 âmes (patrie du célèbreI médecin Tissot ), a des tanneries, des fa-J Briques d'absinthe,etc. Quingcy, ancienne
I Petite ville, bien située,etlafameuseflTüttcd'Osdlcs dans son voisinage. Dans celuide Ileaune : Clcrral , gros et riche bourg ;I la Grâce-Dieu, jadis abbaye, aujourd’huianimée par une usine considérable.Dansl'arrondissement de Montbéliard , Sainl-I Hippoh/le a des tanneries estimées ; Ait-dincoitrt, bourg, possède une usine im-portante ; Blamont est remarquable parson château fort ; Scloncourt, village, est
« •’enommé pour son horlogerie;.lifuiitau rea des ruines romaines. Enfin, dans celuidePontarlier: Joux, château fort, sur uni foc, où mourut prisonnier le fameux gé-Péral nègre l'on ssaint-I .ouvert lire.C’est ai J oux et. à Jugne qu’on voit la route•aillée dans le roc par Jules-César .
Le département abonde en curiositésJ naturelles,parmi lesquelles nous citerons1 encore l'admirable sauf <1 m7)omî>s, non loin| du gros bourg de Morteau,dans 1 arron-dissement de l’onlarlier , el, la fontaine| •’on de près de celle ville. Les sources de[ l't Loue ou Louve aux environs d’Ornans.t La glacière naturelle de la Charité.
Le pape Calixte II, lecardinal Gran-velle, habile ministre de Charles-Quint et de Philippe 11; l’abbé historienMillol, le philanthrope el habile mé-decin Tissot ; le plus grand des natu-ralistes, Cuvier; le vertueux académi-cien Suard, la digne sieur Marthe, sicélèbre dans ces derniers temps poursa bienfaisance ; le vénérable maré-chal Monccy , Charles Nodier el Victor Hugo , Charles Tourner, inventeur duphalanstère , homme des plus remar-quables ; M. Jouffroy , professeur de; le savant bibliophileWeiss; l’ami et le continuateur de Cu-vier, M. Duvcrnoys; le savant physi-cien Douillet ; l’académicien Droz ,les généraux Morand , Marulaz ; leministre Conrvoisicr, appartiennent,par leur naissance, au département.
Un peuple puissant parmi les Gaulois, les Sequani habitaient le pays duDoubs avant l’arrivée de César . Les Bomains y laissèrent des monuments,dont plusieurs existent encore, tels que la Porte-Noire à Besançon ; laporte taillée dans le roc, dans la même ville ; l’aqueduc d’Areier, â unelieue de ses murs ; le théâtre en ruines de Mandeurre. I.es Bourguignons ,en 450, puis les Francs , sous les (ils de Clovis , succédèrent aux Bomains.Le pays eut des comtes depuis 1002, el passa, sous riiilippe-ln-llardi, auduché de Bourgogne , et enfin, composa un des cercles de l’empire deCharles-Quint . LouisXlV en litla conquête suri’ Autriche en HitiO, le renditâ l’Espagne , puis en devint de nouveau possesseur définitif par la paixde Nimègue , en 1078. 11 l’avait d’abord conquis en six semaines, aprèsavoir acheté l'assentiment des principaux du pays, entre autres, deAA aile-ville plus fameux comme ambassadeur d Espagne .
Besançon , qui s’appelait, Vesontio sous les Sequani, dont elle était la ca-pitale, fut toujours la ville la plus puissante de la contrée. Place d'armessous César, florissante sous Aurélien , dévastée par les hordes germainessous Julien, puis parcelles d’Attila, i châtie par les Bourguignons, saccagéeplus tard par les Hongrois , on la vil résister à plus d’une armée, et se gou-verner en république comme ville libre impériale, jusqu’à Louis XIV . Ellefil, en 1814 , sous le commandement du général Marulaz , une résistancemémorable aux alliés.
Montbéliard ne faisait point, partie de la Comté proprement dite. Celleville entra comme chef-lien d’un comté, en 1397, dans la maison de \\ ur-temberg. Louis XIX ' la prit en 1074 , el en détruisit les fortifications. Lostraités de Zurich et de Badon la rendirent avec la principauté aux anciensducs ou comtes. Une decision de l ouis XV, en 1740, confirma cet aban-don. Ea république française ne fut point aussi généreuse, et la réunit dé-finitivement au royaume. Cette réunion ne fut point av antageuse à Mont béliard , qui, ayant embrassé la réforme, s’était peuplé de réfugiés, elavait vu par là accroître son commerce et son industrie. C'est aifourd lmiune pépinière de précepteurs et de pasteurs protestants, el, sous ce rap-port , une ville qui mérite d’être remarquée.
l’onlarlier est, dit-on, aussi ancien que Besancon . Deux incendies enont fait une ville assez neuve. Beaume-les-Dames doit sa naissance à unabbaye de femmes , très ancienne cl très distinguée, citée dans les capi-tulaires de Charlemagne .