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RÉGION DU NORD-EST.
RÉGION DENORD-EST.
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DÉPARTEMENTS
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PAYS.
PRODUCTIONS AGRICOLES
KT MANUFACTURIÈRES.
CHEFS-LIEUX.
CHEFS-LIEUX
DAHRONDISSEMEIST.
LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
317,711 HABITANTS. - 305 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARRÉES.
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/ La Meuse traverse du sud-estau nord-ouest, le départementqui porte son nom. Ses valléessont presque toujours riches, etparfois d’un aspect délicieux. Dehauts plateaux froids suivent la■ direction de son cours irrégulierCelui de la M'u'vrc incliné vers[ elle, forme un vaste pays, où unIsol ingrat, une température ri-1 goureuse et variable rendent laIvie difficile. Les vallées del’Or-nain, aussi bordées, mais seule-/ ment à l’est, par de hauts plateauxdont les pentes portent d’assezbonnes \ ignés, rivalisent debeauté avec «‘lies de la Meuse .Elles s’étendent en triais du sud-| est au sud. Une infinité de petits
I cours d’eau arrosent d’ailleurs lepays et contribuent à y réj a îdreun froid sensible. Cependant onle quitte avec peine. Les habitantsont dans leur manière quelquechose qui attire. 11 ne leur faudraitcomme à leur sol, qu’un soleilplus constant, pour les animerda\ antage.
La Meuse abonde en céréales et four-rages ; l’on y cultive te lin, le chanvre,la navette. Les vallées de l'Ornain ontdes vignobles eslimcs et productifs. Baret Ligny cultivent en grand le groseiller,dont le fruit leur sert à fabriquer unequantité considérable de confitures fa-meuses. Quelques cantons ont de beauxbestiaux.
11 y a dans le département de bellesforges , des verreries dont les produitssont considérables , des papeteries , desfilatures de coton, entre autres celles deBar-le-Duc qui sont considérables ; desfabriques de bois de brosses et derouets, des vanneries à Clermont , Vi-terie, des faïenceries. 11 en sort, surtoutdu village de Jamet, beaucoup d'ouvra-ges tricotés. Les distilleries et confiseriesde Verdun ont une renommée immense.L’exploitation des forêts donne lieu àun grand commerce de bois de char-pente. Le département a d’ailleurs desmines de fer, des carrières de bonnespierre, des rivières poissonneuses , desétangs productifs en sangsues (pie l’onconserve à Marbot, près de Bar.
lîar-lKWPBtt Bar-sur-Ornain,divisé en ville haute et basse,s’étend en amphithéâtre sur lapente d’une colline escarpée, etdans un beau vallon près de l’Or-
nain.
12,000 habitants.
Bar fait un commerce impor-tant, et les routes qui s’y croi-sent, animent sa ville basse.
Son église de Saint-Pierre ren-ferme un chef-d’œuvre de sculp-ture de I.igier Richier, élève deMichel-Ange . Bar est générale-ment très agréable.
Est une jolie ville de4000 habitants, arroséepar la Meuse , et situéeprès d’une belle forêt,au milieu de paysagescharmants. E.
A une lieue de lafrontière , importantepar scs fortifications, etdivisée en ville haute etbasse, a 2,000 âmes etun aspect peu agréable.
Dont l’enceinte, forti-fiée, compte 10000 hab.est bien plus célèbre etimportante, autant parsa citadelle, son évê-ché , que par le com-merce de liqueurs et de /confiserie, dont elle estle centre. N.
Dans l'arrondissement de Bar : Taims,à une lieue de cette ville, formait jadisla limite des Gaulois et des Belges ; Li gny , dans une situation charmante surl’Ornain , est une fort jolie petite ville,de 4000 habitants. Le bourg de Nain estbâti sur l’emplacement d’une antique etpopuleuse cité appelée Nalium du tempsdes Romains. Dans l'arrondissement de; Commerey : Saint - Mihiel , autrefois la
1 capitale du duché de Bar , patrie dugrand sculpteur Richier, possède dansson église un de ses chefs-d’œuvre,0000 habitants. Sorcy , bourg près d'unancien camp romain, possédait autre-fois une riche abbaye. Vaucouleurs occu-pe une charmante position sur la Meuse .Dans l’arrondissement de Montmédy :
: le village d’Aviolhe , possède une églisegothique admirable ; Stenai renfermede belles casernes et 3000 habitants.Manille eut au moyen âge une cer-taine importance. Dans l’arrondissementde Verdun : Etain , dans une plaine ma-' récageusc, est une jolie ville de 2 à 3000âmes. Yarcnnes et Clcrmonl-cn-Argonne,ont le même nombre d habitants.
Léger-Ri chier, ce scuplteur que nousavons nommé ; Pierre de Luxembourg ,.cardinal et saint au 14 e siècle; l’illus-tre officier de fortune Chcrert ; le géo-mètre Gerbülon , au 17 e ; le capucinNorbert , célèbre voyageur ; le savantthéologien Hugo-, l’académicien Beau-zée, au 18 e ; les conventionnels Drouetet Marquis , l’un qui arrêta Louis XVI à Varennes, l’autre qui refusa de lecondamner à mort ; les généraux Ou-dinol, Excclmans et Morland ; lesfameux horlogers Lepaulc ; les géo-graphes de l'isle et Beaulemps-Bcau-pré, voilà les hommes les plus distin-gués du département de la Meuse .
Le département de la Meuse est formé principalement de l’ancien duchéde Bar ou Barrais, réuni à la France par le traité des Pyrénées, puis renduaux ducs de Lorraine par le traité de Risvvich, et réuni définitivement à laFrance , en 1706, après avoir été possédé, en 1737, par Stanislas , roi dePologne. Le Verdunois, qui ne fit partie de la Lorraine qu’après cette épo-que, forme aussi une partie’du département : il fut attribué à Louis XIV par la paix de AVestphalic; le traité de Munster, ratifia cette cession.
Les anciens habitants du pays furent les Leu ci, qui avaient pour capi-tales Toul et Natium , celle-ci détruite aujourd’hui.
Frédéric I e1 , duc de Mosellane, et beau-ft’ère de llugues-Capet , fil con-struire à Bar un château fort, qui •devait arrêter les invasions des Cham-penois. Ce fut l’origine de la ville haute; la ville basse est plus récente.Dans la suite, le duché de Mosellane ayant été partagé, la portion envi-ronnante de Bar forma un comté, qui, sous le nom de Barrois-Mouvant,fut érigé en duché par le roi Jean, qui donna sa tille à Robert, comte deBar; Henri 111 céda ses droits sur ce duché , à la maison dé Lorraine .
Verdun est une ville très ancienne, citée dans l’itinéraire d’Antonin.Elle fil partie du royaume d’AusIrasie,,puis , de ce qu’on l’on appelaitle pays des Trois-Ëvêchés , (Metz , Toul et Verdun ). Ces trois villes étaienten elTet chacune le chef-lieu d’un petit état, gouverné moitié par leursmagistrats , moitié parleurs évêques, sous la protection de l’empereur.
C’était dans les murs de Verdun que les enfants de Louis-lc-Débon-naire avaient partagé entre eux le royaume de leur père vivant. Le ducde Guise s’empara de celle ville sous Henri 111. A la paix de Munster,comme nous l'avons dit, on la donna à Louis XIV avec toul le pays desTrois-Évêchés . Sous le règne précédent., le maréchal de Mareillac, quiavait été chargé de construire scs fortifications, fut accusé par le cardinalde Richelieu, et succomba victime de la haine de ce ministre.
Stcnay,d'une origine assez incertaine, appartenait au Grand-Condé , et futpris sun un de ses lieutenants, Chamilly , par le maréchal Fabcrt, lorsqu'ileut embrassé le parti des Espagnols . Le maréchal de La Ferlé lui prit aussiquelque temps après Montmédy . En 1792, Louis XVI voulant quitter laFrance , fut reconnu et arrêté à Varennes par Drouet, maître de postes.
En 1814, une division française lit à Ligny une défense célèbre contre lesPrussiens. Les souverains alliés y campèrent.
412,034 HABITANTS. — 352 LIEUES GÉOGRAPHIQUES CARRÉES.
La plaincà l’ouest, grasse, biencultivée , semée de nombreuxétablissements; à l’est, les Vos ges avec leurs liants sommets ar-rondis en ballons, couverts deneiges l’hiver, l’été, de bestiauxqui paissent leurs abondants pâ-1 turages, avec leurs pentes boi-1 sées, leurs vallées pittoresques
1 cl riches d’industrie, voilà le dé-1 parlement dont nous nousoccu-fpons. Ici, les cultures sont va-Iriées, légumes, céréales, tout
I abonde ; et même, vers Mirecourl! cl Neufchâteau , s’étendent quel-\ques bonnes parties vignobles.Le houblon foisonne aux alen-, tours de Rambervilliers ; partout,[enfin, le merisier s’élance près[des habitations et dans les ver-! gers. Là, c’est un pays d’un as-pect sévère sans tristesse, majes-' tueux sans monotonie; les mon-tagnes sont couronnées de chaletsou de ruines féodales. Le bruit(le la bâche dans les forêts, desmines et du marteau dans lescarrières, celui des forges dansles vallées y retentissent faible-ment.
Le département des Vosges est obligéde recourir à des départements voisinspour ce qu’il lui faut en céréales eten vins. 11 leur fournit en revanchedu houblon, du lin, du beurre , et unegrande quantité de fromages. 11 exported’ailleurs au loin ses moutons et leurslaines , la liqueur de ses cerisiers sauva-ges (le kirsehenwasser), et le bois de scsmagnifiques sapins.
Ses mines de fer, nombreuses et riches,de cuivre, de plomb, de houille. Seseaux minérales de Plombières , de Bus-sang et autres lieux ; les carrières demarbre, de pierres , d'ardoises , ne doi-vent pas être oubliées dans la nomencla-ture de ses richesses naturelles.
En industrie, nous citerons les établis-sement s métallurgiques,lespapeleries,lesfabriques de faïences et de coutelleries ,de blondes et instruments de musique(ces derniers à Mirecourl), les saboterieset les boissellerics. Les gravures grossiè-res qui sortent en si grand nombre d’E-pinal , la carrosserie de cette ville, l’acierfin de Plombières , ont une certaine re-nommée. 11 y a aussi dans ce départe-ment des filatures de coton et de laine,des brasseries et des distilleries.
Epinal est agréablement situéau pied des Vosges sur les rivesde la Moselle qui la divise en deuxparties inégales réunies par unpont. Ni son commerce, ni sonindustrie ne sont très considéra-bles. Ses papeteries ont été fortcélèbres.
SPINAL.
10,000 habitants.
Epinal est bien bâtie; cepen-dant , à part une belle caserne,on y remarque peu d’édifices pu-blics. Sa bibliothèque et son mu-sée de tableaux passent pour êtreassez riches.
A 6,000 hab., la plu-part occupés à la fabri-cation d’orgues, de vio-lons; les femmes à celledes dentelles. C’est uneville assez triste , quoi-que bien située. N. O. 1
A 4,000 habit. , n'est jni moins antique nimoins industrieux queMirecourl. N. O.
REM1REMONT,
Sur la Moselle , égale-ment peuplé de 4000 h.est d’une fondation ab-batiale. Son hospice estremarquable. S.-E.
SAINT-DIÉ ,
Sur la Mcurthe, sièged’un évêché assez célè-bre, est une ville activeet commercante. Elle
s’élève comme Remire-mont dans la monta-gne. 8,000 hab. E. !
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La petite ville de Pains , aux eaux' fréquentées, à la situation agréable,
1 industrieux et agricole Ilambenillicrs ,qui a 0000 habitants et une bibliothè-que de 10,000 volumes; Archelles, vil-lage dont les papeteries sont des plusdistinguées, donnent une vie active àl’arrondissement d'Epinal .
Dans ce’.ui de Rcmiremont, les deuxpetites villes de Plombières vlBussang,dont les eaux minérales sont si renom-mées; Yald'Ajol, (pie la famille des Fleu-ret chirurgiens sans prétention , maisnon sans sav oir, a rendu célèbre ; Rapt ,
1 bourg aux environs romantiques, etYenlron, village au pied du grand Ven-tron , l’une des plus hautes cimes desVosges .
Dans l’arrondissement de Mirecourl ,Charmes-sur-Moselle , jolie petite cité ;Conlrexeville , village distingué par seseaux ; Eonlenois-le-Chdleau , bourg avecune forge de tôle des plus considérables.
Dans celui de Neufchâteau , Domrémy ,jadis village, qui vit naître la grandehéroïne de France , et qui doit au nomde Joannc-d’Arc sa célébrité , ses em-bellissements et sa qualité de ville. Enfinl’arrondissement de Sainl-Dié nous of-fre : Géranimer , ville de 0000 habi-tants, fameuse par son lac, ses beauxenvirons et ses fromages ; Scliirmeck quiestactifet industriel; Haonl’Etape, bourgde 3000 habitants , qui fait un grand com-merce de bois ; le Ban-de-lu-Roche , dontles habitant s doivent pour ainsi dire toutau pasteur Oberlin.
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La pucelle d’Orléans, Jeanne d’Arc ;le célèbre et malheureux poète Gil-bert, tombé si jeune victime de saverve satirique; François de Neuchd-teau, et le maréchal Victor, duc deBellune, sont les quatre grandes célé-brités du département. Parmi ses au-tres enfants, les plus distingués il fautciter le savant jésuite Serrarius ; lesconventionnels Poulain de Grandpréet Noël ; le royaliste COsle de Saint-Victor ; (pii criait encore vive le roisur l’échafaud ; enfin, les contempo-rains Dieudonné et liollin, si dislin-gués comme staticiens; le publicistede la Pelouse ; l’éloquent docteur Pa-riset, et Albert de Monlémont.
L’histoire du pays des Vosges suit celle de la Lorraine . Des médailles,retrouvées à Plombières , attestent que les Romains connaissaient les eauxdu pays ; ils y ont d’ailleurs laissé quelques antiquités. Cependant la partiemontagneuse, alors toute couverte de la forêt de Vosagus, qui a donnéson nom à la chaîne, paraît être resté inculte et inhabitée jusqu’au sep-tième siècle; elle avait autrefois servi de retraite aux Leuci, et vers lal’ranche-Comlé, aux Sequani. C’est de ce côté qu’elle fut d’abord peuplée,pas des monastères et des abbayes. Elle faisait alors partie du royaumed’Austrasic, et quelques-uns des grands scandales delà cour barbare del’est, s’abritèrent dans ses obscurités. Epinal fût fondée en 980, parThéo-doric d’Hamelan, évêque de Metz . Leduc Jean 11, de Lorraine , l’acquit pardonation volontaire des habitants en 1400. Les Français démantelèrent sesmurailles à ta suite d’un siège difficile en 1070.
L’on attribue le nom de Mirecourl au culte que ses anciens habitants au-raient, dit-on , rendu au dieu Mercure.
Charles 11, duc de Lorraine , força, dit-on, aussi les habitants de Neuf- Château , ville très antique, connue par les Romains sous le nom de Neo-magus, à se baigner dans une cuve remplie du sang d’un grand nombrede leurs compatriotes, qui avaient osé se plaindre de ses exactions. Remi-remont doit son ni ni à saint Romaric. Ce saint, sous la reine Bronchant,y fonda une abbaye, qui, plus tard, fut transportée dans la ville, et ne rece-vait dans ses communautés des doux sexes , (pie des membres de la plushaute noblesse. Saint-Dié , presque tout brûlé en 1750, fut rebâti par leroi Stanislas.
Le propriétaire de la chaumière où naquit Jeanne d’Arc (à Dom rémy ), refusa, il y a peu, de la vendre à un étranger, pour une sommetrès forte; il préféra la donner presque pour rien à son pays. Col hommes’appelait Chérardin. On a établi l’école communale dans l’antique héri-tage de l’héroinc. Le bon et vertueux pasteur Oberlin a légué pour jamaisaux pauvres villageois du Ban-dc-la-Roche, une réputation d ordre, d’ac-tivité laborieuse et de pureté de mœurs jusqu’ici méritée.