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RÉGION DU NORD-EST.
DÉPARTEMENTS.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DO PAYS.
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Le voyageur qui vient de quit-ter la Lorraine par Phalsbourg , etse dirige vers le Rhin , traverse uninstant un pays triste et mnn-tueux, puis arrive bientôt ausommet d’un plateau élevé etbrusquement coupé à l'est ; de là,le tableau le plus inattendu se dé-roule à ses yeux :à droite, de hau-tes montagnes magnifiquementboisées lui présentent une foulede vieilles ruines; à gauche, eten avant , une plaine ondulée;s’incline à perte; de vue élu côtédu Rhin . C’est la plaine ele la liasse-Alsace et de- la Bade 1 rhénane, avecStrasbourg e“t sa (lèche au milieu.Les villages y succèdent aux vil
liages ; une nature vigoureuse s’y/ montre partout, la moindre place/ atteste la vie active de la contrée.\ bescenelu élans la plaine , la bellestature de l’habitant, son air desanté, son costume propre et mê-me riche, l’aspect d’aisance, l’ex-cellente tenue des villages et deschemins, les mille et mille cultu-res qui se disputent le terrain lelong des routes ; tout enfin an-nonce un pays exceptionnel ,principalement riche par l’agri-culture, actif et éclairé.
C'est un autre département duNord avec moins de fabriques etde petites misères, moins d'insa-lubrité, si ce n’est vers les bordshumides du Rhin et de ses af-lluents , et avec l’avantage d’unencadrement superbe de monta-gnes et de collines forestières.
PRODUCTIONS AGRICOLES
ET MAXUFACTURIÉRLS.
CHEFS-LIEUX.
CHEFS LIEUX
d'arrondissement.
La Basse-Alsace produit toutes lesespèces de grains , surtout du blé , de [l’orge, de l’avoine et du maïs. La pomme \de terre, le tabac, divers légumes, parmilesquels le chou et U; chou-rave, y !sont cultives en grand. Le chanvre , lagarance, le colza sont aussi pour elleune source de richesses; plusieurs deses vignobles ont du renom. Ses fourra-ges sont en rapport avec l’immensequantité de chevaux qu’elle contient,le cheval servant à peu près seul au la-bourage. Les citadins et les villageoisengraissent une grosse race d’oies dontils tirent grand parti. Plusieurs petitesvilles sont comme pavées de ces ani-maux. On trouve dans le départementprès de trente mines de fer exploitéesdes carrières de pierres dures cl excel-lentes, de granit, d’ardoises, des minesde houille, cobalt, bitume. Niederbronn ,Sellz ont des eaux minérales. Sullz pos-sède; des salines productives.
Comme industrie, la fabrication de labière et des spiritueux tient le premierrang. La tilalure du colon et des laines ,les draperies, percales, les faïenceries,les loiles cirées et goudronnées, les tan-neries, produits chimiques, les moulins àgarance viennent ensuite; la fabricationdu pain occupe aussi beaucoup d’habi-tants, et certains villages contiennentjusqu'il 20 boulangers. On pourrait, encompter 80 à Strasbourg ; la moitié de lapopulation féminine de cette ville travailleà des ouvrages en perles que l'on exportejusqu'en Amérique . Strasbourg est d’ail-leurs réputé pour sa carrosserie, sa selle-rie, ses ouvrages en perle, ses pâtés de foiegras, sa choucroute. Plusieurs des manu-factures du département sont renom-mées, telles sont celles des armes blan-ches, faux, limes, scies, deM .Coulaux, cellede balances à bascules deM. Sehwilqué.
Strasbourg , sur l’IU, non loindu Rhin , est par sa force militaire,sa position, son commerce, sesétablissements d’instruction, sacélébrité historique, la ville laplus importante de nos frontièresde l'est. [Elle est située dans unegrande plaine et fortifiée d’unemanière! admirable; son enceintepeut avoir 2 lieues de tour, sonquartier du Broglie ne serait pointindigne d’une capitale. Ses rem-parts offrent une promenade ma-gnifique. Sa garnison est de 10,000hommes, et ses immenses arse-naux peuvent en armer de 80à 100,000.
Évêché.
Quartier-général de ta 5 divisionmilitaire-
68,000 habitants.
On admire à Strasbourg la ca-thédrale la plus belle du monde,si elle était achevée, et du moinsla plus liante. L’église Saint-Tho mas qui renferme le célèbre mau-solée du maréchal de Saxe;, lesmonuments à la mémoire deSchoepllin, Oherlin, Koch et au-tres; le théâtre, les nouveauxquais , le château royal, la halleaux blés, les nombreuses collec-tions scientifiques de l’académie,qui compte les cinq facultés, l’ar-senal, la citadelle, chef-d’u'uvrcde Vauban , sont également re-màrquables.
SCIIELESTAT,
Sur 1111, place forted'environ 10,000 âme9,située dans la plainenon loin des Vosges ,était jadis une des dixvilles impériales de l’Al sace . S.
autrefois Evêché oc-cupe aux pieds des Vos ges , près du plateauque nous avons men-lionné plus haut, lecentre do paysages ma-gnifiques ; elle contient5000 hab. O.
YVISSEMBOURG,
A l’extrême frontière,sur la Lantcr, a 7000hab. ; ([uclqucs fortifi-cations, une industrieassez active et fait unpou de commerce. DeWissombourg à Lau-terbourg s’étendent lelong de la Lanier, lesrestes des fameusesfortifications connuessous h; nom des ligne)de IKùsemàourff. N.
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Deux régions se partagent laHaute-Alsace; l’uneestparcouruepat- divers rameaux des Vosges et.du Jura ; l’autre fait suite à la lon-gue plaine do la Basse-Alsace,maisne l’égale point en beauté. Lapremière abonde en sites pit-toresques et riants, âpres etgrandioses ; en ruines couron-nant des montagnes, en bellesforêts, on petites vallées bien ar-rosées et eu bonnes côtes vigno-bles. Sa population est clair-semée, plus pauvre que riche.Elle se presse dans la plaine etprès des cours d'eau autour desnombreuses fabriques, démorali-sée par le travail le plus rude,quand clic est ouvrière; assez ai-sée, quand elle est agricole; maisalors lepelil juif marchand, classetrès nombreuse, plaie du pays, lasuce et la ruine, bien différent encela, de tant d’Israélites recom-mandables de la contrée, qui vontau secours de toutes les infor-tunes.
Le Haut-Rhin , moins agricole que leBas-Rhin , est en industrie manufactu-rière, l’un de nos premiers départe-ments. Il produit, aussi du maïs, du blé,delà garance, du colza, du chanvre, deslégumes, et engraisse des porcs. Ses prai-ries et ses vignobles sont du plus grandrapport, et bien des gourmets regardentles vins de Ribeauvillê , Kaisersberg , Am-mcrschwir, comme les égaux des vins duRhin , lia des pépinières et (les établisse-ments d’horl ieull lire remarquables. Ilesltrès riche en productions minérales detoute espèce, fer, houille, plomb, tourbe,argile, pétrole.
Nous ne saurions nommer tous sesproduits manufacturiers. Les principauxsont, les étoffes de laine, celons filés,étoffes imprimées en couleur, percales,guingamps, mousselines; la fabricationde tous ces objets est répandue à Mül-hausen, Thann , Massevaux , Uernay, Ri-beauvillers, sur une échelle, telle queplus d'un établissement occupe seul 2UUUouvriers.
Nommerons - nous comme une in-dustrie commerciale (h; l’Alsace , celle(pii consiste à engager et à revendre lesremplaçants militaires ?
Colmar est bien sit né, dans unebelle et riche plaine, à l'entrée dela vallée de Munster , sur la ri-vière de Lauch.
Cour royale. 15,500 habitants.
Cette ville assez commerçante,et de médiocre étendue, n’a deremarquable que sa riche biblio-thèque, sa grande pépinière, sesfabriques considérai fies, sa sociétéd’émulalion. Ses tribunaux sontfort occupés et jouissent d’unehaute réputalion.
ALTK1RCH,
Sur une colline bai-gnée par 1111, est sansbeaucoup d industrie.Sa population n’est quede 2700 hab. S.
Au pied d’une mon-tagne, esl aujourd'huiune place forte de l r *importance. Ses fau-bourgs sont l'entrepôtde presque tout lecommerce de l i ntéricuravec l’Alsace , la Lor raine et la Suisse . Bel fort a 0000 hab. sans lagarnison. Ses fortica-lions modernes (le châ-teau) peuvent passerpour admirables. S.-O-
RÉGION DU NORD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Le pont de bateaux sur le Rhin , le mo-nument du general Desaix, dans file for-mée par ce fleuve, le monument du gene-ral Kléber au grand polygone, les travauxhydrauliques qui s’étendent le long dufictive, pour empêcher sesdéhordements,méritent de fixer l’attention. On s’arrêtevolontiers dans l’arrondissement duchef-lieu à la Itobcrtsau, dont les jardinssont le rendez-vous des Strasbourgeois ;à Sultz-lcs-llains qui a d’excellentes car-rières dans la montagne; a Mutzig , quia une manufacture royale d’armes à feu;à Wasst tonne, petite ville de 4000 hab. ;à Molshcim (3000 hab.), connue par sespapeteries et la belle manufacture deM. Couteaux ; à Mschwillcr, peuplé defabricants de draps (4500 hab.) ; à Ilague-nau, ville de 10,000 âmes, le centre dela cullureNle garance.
Dans l’arrondissement de Saverne ,nous trouvonsKotm'tM(,T(4000 habitants),assez manufacturière ; Sarre-Union 3000habitants; Marmoulier qui possède unebelle église.
Dans celui de Sehelestadt, on re-marque Barr , jolie ville de 4 à 5000 ha-bitants , et très industrieuse; Obernay etses ruines fameuses, Vancien courentSur le Mont Sainte-Odile , point de vueadmirable, et les restes curieux d’uneancienne voie romaine; les beaux éta-blissements du Klingenthal ; le llan-de-hi-Itochc (Stcintbal), illustré par le bonet vertueux Oherlin, s’y trouve en partie.
Dans l'arrondissement de \\ issem-bourg, l.auterbourg, ville forle de 4000ha-bitants ; Sellz, autrefois plus considérable(2000 habitants) ; Niederbronn , renom-mée pour ses eaux, et dans la mon-tagne (2000 habitants)'; le village deLamperlsloch où l’on exploite le bitume,méritent d'être cités.
La liasse-Alsace , encore nujour-d hui pays de langue allemande, aproduit dans les sciences et les lettres,des hommes distingués que l’Allema gne surtout sait apprécier. Parmi ceuxque nous devons connaître, nousnommerons Pierre Schaeffer, l’associédu grand Guttemberg ; le naïf histo-rien Kœnigshoffen; Martin Bucer , et Z ci-ter, réformateurs ; plus récemment, lessavants Sehœpftm , Koch, llaffncr, Em-merich , Silbermann, Schweiglu user, etle vert lieux philantrope Oberlin. Dansles sciences naturelles , Hermann; lesdeux Laulh, père et fils; T.obstein, mé-decin. Dans les arts, le graveur Guérin;le peintre si original Zix ; le sculp-teur Olmmacht, quoique originaired’Allemagne (de Rolwcil), fut toujourscitoyen de Strasbourg . D’ailleurs, peude départements ’ont à opposer auBas-Rhin des gloires telles que cellesd’Etvin de SUinbach, et de ses enfants,architectes de la cathédrale ; des gé-néraux Kellennann et Kléber. Parmiles contemporains, nous citerons entreautres hommes distingués MM. Hu-mann , ancien ministre et député ;Matlcr , orateur et savant distingué;le vénérable mathématicien Herren-sclineider; le peintre Gabriclle Guérin;le savant géologue Vollz; le savantbibliophile Jung. Enfin nous citeronsencore le brave colonel Conrad , mortsi glorieusement en Espagne .
Ce que l’on nomme aujourd'hui la Basse-Alsace, fut anciennement occupé parUsMédiomatiicikns et les Tribocqlirs. La Haute-Alsace appartenait aux Sequanois;ceux-ci ayant appelé à leur secours contre lis Æduens , des tribus germai-nes, Aiiioviste, chef de plusieurs de ces tribus, s'établit dans le pays même de sesalliés et ne fut chassé que par César sur la prière des Æduens, et après une grandebataille. La Haute et lu Basse-Alsace devinrent alors romaines.
Dttiscs poursuivit l’œuire de César sur le Rhin . 11 distribua sur les rivis dufleuve pour arrêter les invasions germaines, un grand nombre de châteaux foi ts ;Saverne , DncsiiMiEiM, Seltz , Hohksdolhg sur le mont Sainte-Odile , et sans douteaussi Strasbourg (Aiigentouatum), prirent alors naissance. Quatre légions occu-paient le pays; on fut obligé de leur adjoindre en deçà du Rhin , plusieurs tribusgermuines belliqueuses. Peu à peu les deux provinces perdirent leur langue et leursmœurs gauloises. AprèsDuusis, l'infortuné Varcs, Geiimanicus, Lentulus, Galba ,Viiiginius Bures, tous chefs de la plus haute distinction, commandèrent sur le Rhin ,
Vers 212, les Allemands ( Allemannen ), se répandirent en Alsace et dansla Germanie supérieure . Aueélien, 1 «obus, Gosstantin-lk-Grand, Julien, Va lentinien , Gratien leur firent une guerre acharnée. Presque toujours vaincus etjamais abattus, ces peuples revenaient sans cesse avec de nouvelles forces. En /i0(i,ce fut le tour des Vandales et autres bai Rares. L’Alsace se vit entièrement ravagée.Attila leur succéda en 451. G’est lui, dit-on, qui, après avoir bi blé Ai gcutoratum, lanomma Strasbourg (ville de lu roule), pour proclamer qu’il avait marché sur lesruines de lu ville, à son entrée dans les Gaules , comme à sa sortie et qu’il y repas-serait probablenn nt.
Les historiens d’Alsace veulent que la journée de Tolbiac, dans laquelle Clovis vainquit les Allemands, se soit donnée près de Strasbourg . Quoi qu’il en soit,comme le peuple mélangé d’Alsace se rapprochait des Francs, ceux-ci n’eurentpoint de peine à s’établir dans la province. Alors, dit-on, commença le nom d’AL-SAcr. du mol Klsa, l’un des noms de la rivière d’ill.
L’Alsace fit partie des royaumes d’Auslrasie; les princes austrasiens eurent unpalais à Murlçnlieim au pied des moutagnes.Leurscrimes et leur remords valurentaux pays du lthin un grand nombre il’abbaycs onde monastères. Wissembourg ,Hasslacii, Marmoulier (Mauermiinstcr), Eschau, Muiibacii ( 1 tant d’autres villesou bouigs prirent alors naissance. En 602, on voit le premier duc d’Alsace Alhicon,ou Allaitic père de la célèbre Sainte-Odile, et selon les généalogistes, souche desmaisons d’Autriche et de Lorraine . Sigeberl l’exilé avait été comte d’Alsace sousClotaire, en (i2t.
Charlemagne fit plusieurs dons à la cathédrale de Strasbourg ; il en éleva, dit-on, le chœur actuel. Louis-le-Débonnaire plaça celte ville sous l’invocation de laVierge. Un champ voisin de Colmar , selon les uns, de Cernay , selon les autres,fut le théâtre de l’infâme trahison du pape Grégoire IV qui le réduisit à la plus af-freuse humiliation. Ce champ en conserva longtemps ie nom de Champ du men-songe. Ses fils Charles et Louis avaient leur camp proche de Strasbourg , quand,réunis contre Lothaire, ils prononcèrent avec leurs troupes, les serments fameuxque l’histoire a transcrits comme monuments du langage alors usité parmi les di-vers peuples de l’Empire. En 920, le duché d’Alsace est réuni à celui de Souobe.L’évêque de Strasbourg et les glands d’Alsace , commencent à avoir une part activeà l’élévation des empereurs, ils font souvent pencher la balance de leur côté. Unefoule d'événements trop longs ù rapporter, attestent combien celle part fut pourl’Alsace le sujet de troubles sanglants.
L’évêque de Strasbourg , Othon , entre dans la première croisade. Quelque tempsaprès, nous voyons les ducs de Souabe et d’Alsace , aspirer à l’empire. Au milieudes guerres féodales les plus compliquées, Strasbourg acquiert lus plus importantsprivilèges; il l’emporte sur son évêque et ne reconnaît plus de maître que l’empe-leur. Mais sa constitution urbaine reste aristocratique. A paitir de 1192, deuxlandgraves (comtes du pays, par opposition aux comtes urbains), administrent laHaute et la Basse Alsace. Rodolphe de Habsbourg, général des Strasbourgeois ( ou-tre leur évêque est landgrave de la seconde. Il prend Colmar . —L’empereur sefait représenter dans la province par un préfet qui siège à Hagubnab ; Scuklestadt,Golmab, Lautkhrourg, Bocrr.vcn, Altkirch , Mulhauso et autres sont élevéesau rang de villes. Vers ce temps Strasbourg continue à guerroyer contre son évê-que. Rodolphe de Habsbourg, empereur, le soutient. Les ducs de Souabe et d’Al sace finissent dans la personne de Gonradin, mort sur l'échafaud, it Naples .Depuis celte époque, 1270, jusqu’en 1410, c’esl-ù-dire, jusqu’au concile de Cons tance , l’Alsace esl en proie à une éternelle guerre féodale . Strasbourg guerroyécontinuellement conlieson évêque; chasse se» nobles en 1333., et se donne uneconstitution démocratique. Guttkmbekg y apporte l’invention de l’imprimerie, en1436. La cathédrale actuelle, connu; ncéc en 1105, par une vaste corporationd’ouvriers, est achevée. En 1469, l'Autriche cède le landgravial de la Haute-Alsaceau duc de Bourgogne . Les Alsaciens lésistent et contribuent aux batailles de Gran-son et de Moral, enT47li. En 1515, Mulhausen entre dans la confédération suisse .
Cependant, la réforme éclate. Strasbourg se déclare pour la liberté religieuseavec lu plupart des villes de la province. Les paysans se soulèvent de tons côtés:ils sont battus, il esl vrai, et impitoyablement masssacrés par le duc de Lorraine ,Antoine. Mais l’évêque de Strasbourg est obligé de se réfugier à Saverne . Stras bourg se fait enlièreim ut protestai.t ; son université fondée par Wimphilegius , en1501, commence à fleurir.
L’Alsace s’étant déclarée pour les calvinistes de France , le duc d’Aumale priten réprésailles Saverne et quelques autres places ; pendant ce temps, les pioles-tants cl les catholiques d’Alsace se disputaient pour savoir qui nommerait l’é.vé-que de Strasbourg . La lutte cessa en 1004, par une transaction. Délivrée de cetteguerre, l’Alsace devint, en 1U19, un théâtre des plus malheureux d’une autreguerre, de celle de trente ans, qui finit pour elle par un changement définitif :nous voulons parler du dépôt fait par les Suédois à la Franco , delà province occu-pée par eux, cession suivie des belles campagnes de Turenne, et de la conquête deLouis XIV , ratifiée parla paix de Nimègue , en 1079. Notre cadre nous force à ci-ter seulement les autres grands faits de l’Histoire d’Alsace, comme l’occupation deStrasbourg par les troupes de Louis XIV en 1081 ; l’édit qui repeupla la province,et les événements ultérieurs des guerres de la succession et de sept ans; de larévolution, de l’eut pire de 1814 et 1815, la tentative du jeune Bonaparte .
lübaueillé et ses vignobles; Munster etSa vallée si riche en curiosités naturelles;l’industrieuse Sainte-Ma-ic-aux - Mines,avec près de 0000 hab. ; Ensishcim et samaison centrale de détention ; Neuf-11 1 isaeh, place forle, bâtie par Vauban ,Près du Rhin , avec 2000 âmes ; Guebtcil-l°r, Itouffach; Kaiscrsberg, jadis t ille im-périale; Jiollu'ciUcr et sa pépinière célè-Ime, se trouvent dans l'arrondissement'le Colmar . Celui d'Allkirch nous offreàtiithausen, belle ville de [dus de 15,000bah., la plus importante de nos places decommerce de l’est; peuplée de fabricantsfini n’occupent pas moins de G0,000 ou-v ri(Ts, chez elle et en dehors ; lluningue,s, ir le Rhin , naguère encore forteresse etla terreur de Râle ; Thann a la jolie cathé-J i'ale; Giromagny, iVesserling , Cernay ,i Massevaux , toutes si bien situées et si in-dustrieuses , sont dans l’arrondissementi de Belfort , et comptent chacune de 2 à*000 bah.
Parmi les hommes distingués quele département a produits, nous nom-merons le pape Léon IX ; l’ancien gra-veur du 15“ siècle, Martin Schoen;l'astronome et mathématicien Lam-bert, sorti, au 10 e siècle, de la bouti-que d’un tailleur de Mulhaiisen ; l'abbéde la Porte, le collaborateur du critique1-réron; P [effet, le [dus grand poèted’Alsace ; le fameux maréchal Lcfévrc,si brave et si vertueux ; Ectcbel, quifut membre du directoire; le généralltapp, si dévoué à l’empereur. Entreautres contemporains, le généralAlllialin , aidc-de-camp du roi ; deGolbéry, historien et député ; Kœchlin,Dollfuss, Ueitmann, Hausmann, Mieg,Schlumbcrger , tous fabricants distin-gués ; Engelmann, qui le premier in-troduisit la lithographie en France , etinventa plusieurs procédés nouveauxdans cet art, méritent une mentionhonorable.