région du nord-est.
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DÉPARTEMENTS.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PAYS.
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Le département de la MemTlie
est traversé à ses extrémités sud-ouest et sud-est par des ramifi-cations des Vosges . U est pour untiers couvert dévastes forêts, sur-tout dans la montagne. Ses gran-des plaines du sud, du centre etdu nord sont sillonnées par «lescôtes vignobles. D’énôrmcs étangss’étendent à l’est. La Seille arrosele pays de France , le plus riche ensalines, au nord et au nord-est.La montagne est en généralpauvre, triste, peu habitée,< cl de langue allemande vers le «lé-\ parlement du lias-Rhin . La plainevarie d’aspect ; triste et sèche versles forêt s de Nancy , ouverte et ver-doyai! I e vers Tool,grasse vers Châ teau-Salins , monotone, quoiqueriche, à la sortie de Lunéville clvers l’Alsace . L’hahitaut agricul-teur y est aisé, d’une belle con-formation ; lecostumedes femmesest agréable comme leur physio-nomie. Les villages clair semés fontsouvent un triste contraste avecceux que se rappelle le voyageurvenant «l’Alsace .
PRODUCTIONS AGRICOLES
Le pays «h: la Meurt lie est surtoutagricole; ses prairies, dont le fourrageest excellent, ses grains, ses vignes, dontquelques crus, comme ceux de Thiau-eourt et de la côle de Toul , ont durenom , «'t surtout ses magnifiques
salines, qui produisent annuellement■15 millions de kilogrammes de sel, luiassurent une importance remarquableparmi nos départements. H abonde engros et petit gibier. Le seul étang del’ündrelui fournit par an 3000 quintauxde poissons. 11 récolte des fruits fameux ,comme l'abricot «le Nancy i'l la prune(cuetsche) de laMeurlhe. Une ferme-mo-dèle, au renom européen , établie a Ro-ville, par M. Matthieu de Dombasle, n’apas pou contribué à ce perfectionnementde 1 agriculture.
Le département, sans ses salines etquelques carrières à plâtre, serait pau-vre en productions minérales; son in-dtislrh' s'exerce principalement sur lafabrication du verre, des poteries, de lafaïence , de la chandelle. Les broderiessur jaconas et tulledeNancy,manquentde (messe, mais non de célébrité. Citonsencore les boules vulnéraires de cetteville , ses papiers, les salaisons qui sepréparent en si grande quantité dansla Meurlhe, les liipieurs de Phalsbourg ,les belles glaces de Sainl-Quirin, la cris-tallerie de Baccarat, la ganterie de lamé-ville, et, le sucre indigène de l’ont-à-,Mousson .
CHEFS-LIEUX.
Nancy , l’ancienne capitale de laLorraine,est siuéeprès delà Meur-thc. Elle doit sa monotone et mo-derne beauté au bon Stanislas Les-zinski, roi de Pologne , qui y rési-dait. Ses rues sont tirées au cor-deau et ont une largeur de 20 pas.
On y remarque la place Royaleet les belles constructions quil’entourent, la place Carrière,l’hôtel de préfecture, le mausoléede Stanislas, par Girardon, dansl’église Saint-Pierre ; la chapelleducale qui renferme les tombea uxdes ducs de Lorraine , dans lavieille ville, leur château ; les col-lections scientifiques de l’acadé-mie. L’école forestière du royau-me, qui est établie àNancy, ajouteà son importance.
CHEFS-LIEUX
d’arrondissement.
Près de la Meurt. bc ,contient 12,000 habit.C’est une ville de caser-nes , célèbre par lecamp de cavalerie quel’on y réunit tous lesétés. S. E.
7,400 babil. , occupe ,une belle et forte posi-tion sur la Moselle . Ellen’a d'important queson église principale,et sa qualité de doyenne«les villes de Lorraine .O.
CHATEAU-SALINS ,Sur la Seille, a 3,000habit., de riches salineset une position agréa-ble. E.
SARREROURG,
Sur la Sarre, a 2,500habit., est à remarquercomme cité très an-cienne et des plus tris-tes. E.
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La Moselle est sillonnée par plu-sieurs chaînes de collines assezhautes, dont quelques unes for-mées de rocs primitifs, âpres etdifficiles, se rattachent aux Vos ges . La plupart sont richement boi-sées et un certain nombre des plusbasses sont garnies de vignes. Engénéral, le terroir du pays n’estpoint riche, mais le travail triom-phe en bien des endroits de sapauvreté, et l’on peut citer pourleur belle apparence la plaine deForbach , le bassin de Metz , lavallée |)ittores«[ue de Gorze et levallon de Briey . L'habitant diffèreselon la contré»' ; son aspect dansle pays 'de Thionville , Sarregue-mines, Melz, annonce une cer-taine aisance; dans celui de Bits-clic, il est aussi âpre que mal vêtu,logé et nourri. Ce qui donne leplus de vie au département, cesont les garnisons des villes, sesroules et ses voies navigables ;mais il a encore beaucoup à fairepour arriver au rang «pie lui as-signent, cl scs éléments de pros-périté, et son étendue, et le ca-ractère laborieux de scs habit ant s.
La nécessité a fait progresser l'agri-culture dans la Moselle , et grâce aux en-grais , il est peu de cultures qui n’yréussissent. Elle exporte des céréales,des huiles de colza , pavot, navette, duhoublon , et le jardinage «les alentours deMetz passe pour .rivaliser avec celui «leParis . Les pépinières abondent dans ledépartement. On y réc«>lte une abon-dance de fruits dont le séchage et lapréparation forment une branche d’in-dustrie importante.
Les mines «le bon fer et de houille yalimentent, avec les forêts, un grandnombre d’usines et d’établissementsmétallurgiques. Des earrièri'S de gypse,de grès, sont exploitées en beaucoupd’endroits. 11 y a «les eaux minérales àBonne-Fontaine , près de Metz , et àLutzbronn des eaux salées «lonl les pro-duits sont excellents. Après l’industriemétallurgique, la faïencerie est surfontimportante, et ses produits, entre autreslescailloulages,vases, faïences étrusques,ont un renom mérité. Citons aussi les ta-batières en pâle «le carton «le Sarreguemi-nes, les verreries etles cristalleries «le l’ar-rondissement de Bitsche, les colles, lespeaux, les papiers deloutledépartement.
Metz est située dans une belleplaine, au confluent de la Moselle et «le la Seille, admirablement for-tifiée, vaste, et souvent bien bâ-tie. Sa position militaire, son in-dus! rie et son commerce lui assu-rent une place parmi nos villesles plus distinguées.
Elle possède l’école uniqued’application pour h'S jeunes of-ficiers d’artillerie et du génie, unarsenal imposant et «le belles ca-sernes, des fondations philantro-piques importantes, une richehibliothè«pie et d’autres collec-tions scientifiques, qui lui font leplus grand honneur. La liantelourde sa cathédrale est fameuse ;la place de l'Esplanade offr»' unautre genre de grandeur gigan-tesque.
Occupe une positionagréable sur la Sarre clla Blise, et fait un com-merce remarquable ,relativement à sa po-pulation de 4,000 11. E.
N’eu a «pie 1,700. Sonindustrie est activeelle est située dans unvallon assez beau,quoi-que profond et étroit,et se divise en villehaute et basse. N. O.
THIONVILLE
A 0,000 habit, et îlesfortifications exci'lleu-tes. Elle est bien située,sur la Moselle , «huisune contrée riante etfertile. On cite commeouvrage d’art son vi-lain pont «le bois. N.
RÉGION DU NORD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Pont-à-Mousson , jolie ville de 7000 ha-bitants, et garnison de cavalerie, bien si-tuée sur la Moselle ; Prény, dont le nomPn'gny était le cri de guerre des ducs deLorraine ; Dieu-Louard, sur les ruines deScarpettc , dont la fondation était attribuéeaux Troyens ; Vaudémont , village sur unemontagne, près de la tour di'S Sarrazins,bâtie par la reine Brunehault, ti'ls sontavec Bosièrcs-aux-Salins , Malzelville etSaint-Nicolas , gros bourgs, les lieux re-marquables de l’arrondissement deNancy. Les villes salinières de Vie , 3500habitants, Moyen-Vie, Dieuze , 4000 habi-tants ; Marsal , jadis place forte, occupentle premier rang dans celui de Château- Salins . L’arrondissement de Sarrcbourgnous offre: Cirey, bourg célèbre pouravilir été le séjour de Voltaire , et poursa manufacture de glaces superbes ;Saint-Quirin qui possède une pari'illc ma-nufacture plus importante encore ; Phals bourg , petiteville forte, renommée par sesdistilh'ries.
Blamonl et la fontaine minérale de Som-brigny dans ses environs ; Itadonvilliers,qui possède une fabrique fameuse depoinçons et d’halènes ; Baccarat, qui pos-sède une magnifhpic manufacture decristaux moulés, et ltaon-l'Étape, s’élè-vent dans l’arrondissement de Lunéville .
Le département, entre autres hom-nit's distingués a «tonne naissance aupape Jjèon IX; au duc de Guise-lc-Ilala-fre ;au maréchal Bassompicrre;uCIaudeLorrain, notre plus grand paysagiste ;à Jacques Callot , célèbre graveur degrotesques et excellent citoyen; àDom Calmet , savant bénédictin d«'s17' et 18 e siècles; aux poètes Palissolet Saint-Lambert ; au maréchal Bouf-flers; aux sculpteurs Jacques Sigisbertet Lambert Sigisbert , Adam, CésarBayard et Nicolas Bénard; au duc deChoiseul , ministre d'état ; plus récem-mi'nt, à Gourion-St-Cyr ; au vertueuxgénéral Drouot ; au «lue de Feltre ; auxmaréchaux Gérard et Lobau; au ducde Massa ; aux génitaux Favier ,llampon, Duroc, Klein, Hugo; au pein-tre Isabey ; au propagateur de la sté-réotypé' Carrez; à M 1 "' 5 L'Usa Voiartet de St-Ouen ; et au célèbre agrono-me Mathieu de Dombaslcs.
Aneh-nncmont habitée par les Leuci et les Mediomatrici , la province «leLorraine lit d’abord partie du royaume d’Austrasie , et prit son nom deLothaire 11 , fils de Louis-lc-Débonnaire, qui la réunit avec l’Alsace etlx'aneoup d’autres pays de l’est et du nord, dans un royaume que l’onappela Begnum Lolharii, puis Lotharingia. Ce royaume eut p«>u de durée,car, dès 959, on voit le b«>au-frère de llugu«'S Capet, Frédéric If, régnersous le titre de duc de Mosellane, dans le pays de Mt'tz et de Bar. Ce payset le reste de la Lorraine actiu'lle, sont depuis continuellement disputésentre l’Empire et les Français , soit le roi, soit d’autrt's seigneurs, et tantôtréunis h l’Alsace , tantôt st-parés d’elle. En 1044, l'empereur Henri III dé-pose son possesseur Gotlmliold 11 et le donne à Albert, ih sccn.lant de lamaison d’Ethicon ou Athic , premier duc d’Alsac<>. C«‘t Albert transmit leduché à son neveu, Gérard d’Alsace . 11 se composait alors de ce qu'onappela Lorraine supérh'ure.
Gérard d’Alsace <'ut une nombreuse postérité qui hérita, jusqu’en 1341,de ses étals considérablement accrus du côté de la France . A «'«'tte épo-que , Isabelle, unique héritière du duché, ayant épousé Rimé d’Anjou ,roi nominatif de Naples et de Sicile , confie ou duc de Bar, il y eut unenouvelle maison de Lorraine , dont le chef, après ce Kéné 1 er , fut, en 1473,son petit-fils Réné H, 111s «le sa fille lolandc, lequel remporta sur Charles-lc-Téméraire la bataille de Nancy.
Cette maison s’éteignit dans la personne de Hi'nri-lc-Bon, qui, en 1624 ,laissa pour seule héritière sa fille Nicole , épouse de son neveu Ili'iiri 111.
Le neveu de celui-ci, Charles I er , fut chassé de la Lorraine par h'S Fran-çais. Son fils Léopold y fut réintégré en 1697. Enfin , après avoir été tourà tour prise et cédée par Louis Xlll et Louis XIV , elle fut donnée par letraité de Vimne (1738), au beau-père de Louis XV , Stanislas Lec/.inski,déshérité du trôni' de Pologne . Elle «levait, après sa mort, r«'tourn«'r pourtoujours à la France . Ce prince généreux embellit Nancy et autres villes deses di'niers , prodigua son amour et sa f«>rtune à son nouveau peuple, etmontra de toutes manières combien il eût été digne d’une plus grandesouv«'rainelé.
Noos avons parlé de l’ancienneté de Toul . C’est h Lunéville , «‘n 1801,que fut signé le fami'ux traité de ce nom entre la France et l’Autriche .
A Jouy , près de Metz , on voit les ma-gnifiques ruines d’un aqueduc romain,qui servait à conduire à Metz l«;s eauxdes bains et delanaumachic que ces con-quérants y avaient fait construire.
Dans l’arrondissement de Sarreguemi-ncs : llitche, petite ville de 1000 âmes, estgroupée autour «l'une forteresse admira-bl«', sur la cime «l’un roc escarpé ; les for-ges de Multerhauscn occupent 400 ou-vriers ; Meisenlhal et Goelzenbruck, villa-ges, ont chacun des verreries considé-rables; Saint-Avold , petite ville manufac-turière de 3000 habitants, a ih'seaux mi-nérales ; Miinzthal , hamt'au , fabriqueparait pour 600,000 fr. de cristaux ; Sar-realbe a dans ses environs une riche sa-liue; Forbach est un gros bourg de 3000âuies, sur la grande route «le Mayence,où campa Gharles-Quint, avant démar-cher sur Metz .
Dans l’arrondissement «1e Thionville ,on remaripie les beaux établissementsmétallurgiques de Schrcmange ; Sierck,au [lied d’un roc «pie couvre une forte-fosse, a un «'iitrepôt considérable «1eplusieurs marchandises importantes «1el’Allemagne . Dans celui de Briey : Lon-ffv jj/ , dont la partie haute s'élève surOn roc, est une petite place forte, im-portante.
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Parmi les hommes distingués quercvendiipie le département «le la Mo selle , figurent particulièmiient le la-ineux maréchal Fabert ; le général ba-varois François de Mercy; Sébastien Le-fèvre, graveur renommé du 17 e siècle;Pilastre de Boziers, l’aéronaule infor-tuné; h'S généraux llochard «-t Cas-line ;Bouchotte , ministre de la gui'rre,dont l’énergie sauva la France sous laCoiw'iilion ; l’illustre Lasallc, les gé-néraux Sémélé, ltiehepanse ; le maré-chal Molilor ; le célèbre industriel de
1 Fende! ; l’orateur de Serre ; le savantCharles Ancillon ; M. llarbé-Marbois ,présiih'iit de la Cour d«'S comptes.
Mme jastu, une de nos Muses lesplus «listinguéi's, est née dans le «lé-part cillent ; le brave d«'S brav es, lemalheureux maréchal Noy est encorert'vcndhpié par laTilosi'lle. Il av ait prisnaissance*h Sanrlouis, qui, ville mes sine et française avant 1813, n’estprussienne aujourd'hui que de fait.
Le département d«' la Moselle a été formé du territoire «le Metz , paysmi'ssin, d’une partie «1e la Lorraine «'t de qui'lipics pays alh'iuands. Metz ,une des villt's les plus aiiti(|iies de l’Europe , était, avant les Romains , lacapitale «les Médiomalriei , peuple distingué. Les Romains l’embellimit,et elle devint célèbre, si nous iti croyons Tacite et Ausonne. CT'tait,pour ainsi dire, une autre Rome , tant elle affrétait les usages et la magni-llei'nce «le cette graïule cité. A la «'bute des conquérants, «'lie hit d’abordsai'cagéc par les Huns «VAttila , puis par les Francs , et «levint bientôt ca-pitale du royaume «VAustrasie, ilont h'S princes y habitaient un palaisromain. Elle s’agrandit encore sous ces princes, et, après eux, suivit ledestin «le la France oru-ntale, cVsl-à-dire qu elle passa aux souverainsallemands qui régnèrent à «liffémitcs reprises sur celte partie duroyaume. Louis-le-Débonnaire y mourut en 840.
Elle ri'sta, depuis, sous la domination «1e l’Empire ; des comti'S et «h'Sévêques régnaient sur «'lie «'il sous-ordre. Vers 1211 , v ille libre impériale,elle se gouverna elle-même avec le seul patronage de son évêtpie; puisl’exclut tout-à-fait de l'administration, et n’eut plus que des magistratsélus. L’époque de sa plus grande force fut le 14' siècle. On la v it alorsmaint l'nir avec gloire son indépi'iidancc. G«'p«'ndant le connétable de Mont-morency, à force «l’adresse, la fit, en 1552, tomber au pouvoir du roiHenri II , qui s'empara aussi «les deux autres évêchés de la province,’I’oul et Vi'rilun. Gharles-Quint vint avix; 100,000 hommes pour la repren-dre «'t fut honteusement répoussé par le due «le Guise , malgré tous si*efforts. Le traité «le Cati'au-Cambresis , en 1558, sous son successeur Phi-lippe H, assura à la France sa complète. Elle lui fut définitivement con-firmée par le traité de Munster, <-n 1648. Metz refusa le passage aux étran-gi'rs qui quittaient la France en 1814.
Hiti-lic avait ri'poussé les Prussii'ns en 1793. En 1815, Longvvy, défi'ndupar 200 hommes, résista long-temps à 18,000 Prussiens ; Thionv ille, maisonroyale des princes auslrasiens , habitée par Charlemagne , et alors célèbredans les annales «le l’Empire, fut prise, en 1558, sur les Espagnols ; le traité«h; Cati'au-Cambresis la leur rendit, mais elle fut. reprise par Coudé , aprèsla bataille de Rocroy , défendue d'une manière également brillante en1793, par Félix AYimphen, contre les Prussiens, et en 1814, par le dignegénéral Hugo , contre les Bavarois, «pii, aux inoy«‘ns ordinaires joi-gnirent l’offre «l’une somme considérable, refusée, comme on pense,avec mépris.
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