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RÉGION DU SUD-EST.
départements.
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ASPECT PHYSIOLOGIQUE
DU PATS.
Daigné au sud dans toute sa longueurpar la Méditerranée , le département desRouchos-ilu-Rhônc présente une ligne decôtes très irrégulières, liasses et coupéespar des étangs immenses vers le Kliônc,escarpées à l’est de ce fleuve et accompa-gnées de ([uriques petites îles au-dessousde Marseille . Au sud-ouest, le Rhône ,après avoir reçu la torrentueuse Durance,limite nord du département, presqueparallèle à la mer, se dirige en deuxliras, et forme ainsi une île triangulaire,baignée d’un cilté par la mer, et appelée: Camargue . Cette lie est peu lialiitéc,coupée par l’immense étang de Valcarcs,et fertile dans celles de ces parties qui nesont point marécageuses. A l’est du lirasprincipal du fleuve , depuis la ville d’Ar les jusqu’à l'étang de lierre, encore [dusvaste que celui précité, s’étend une im-mense plaine qui, avec la Camargue , oc-cupe toute la partie sud-est du départe-ment On la nomme la Cran. Elle estaussi presque inhabitée, tant soil peumarécageuse, riche en prairies d’hiver clen cultures de vignes et d’oliviers dansles bons endroits. Au-dessus, vers lenord-ouest et le nord , courent les mon-tagnes appelées Alpines, chaîne courte,aux sommets élevés cl nus. La partiecouverte par elles est cependant la moinsingrate des llouches-du-Rhône. Au nord-est , au contraire, le sol est peu fertile ;de liantes montagnes, dont plusieursbrandies se dirigent vers la mer, le cou-vrent; et sont chargées de forêts.
Marseille domine le centre d'une es-pèce d'aniphilhéôlrc semi -circulaire,bordé de montagnes dont les deux chaî-nes se terminent 1r s avant dans la mer.Son territoire est moitié nu, ou couvertde plantes sauvages et de bouquets depins d’Italie , moitié couverte de baslides,de vignes, de champs et de jardins.
PRODUITS AGRICOLES
ET MANUFACTURIERS.
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CHEFS-LIEUX.
Ilrnlé pendant la chaleur de l’été le territoiredes llouches-du-Rhône n’est en général fertile quelà où il est bien arrosé. Il a peu de grains, maisdu vin en quantité et des fruits superbes. On ycultive le tabac, le mûrier, l.a végétation est touteméridionale. I.e long des eaux courantes, le jolilaurier rose ; dans les baies touffues. les myriheset les cyprès ; sur les montagnes, le beauchêne vert, l'arbousier et les cytises; les pins d’I talie , les pistachiers, les grenadiers, sur les côleaux arides; au milieu des cultures campestresles câpriers, l’olivier, les amandiers; quelquefoisle jujubier qui se passe des soins, l’aloès même, etl’arzederark des Indes aux fruits en grappes, sel'uni remarquer.
Les prairies nourrissent pendant l’hiver jusqu’àsept cent mille moutons. Il y a peu de gros bes-tiaux dans le déparlemenl, mais, dit-on, uneaffluence considérable de chèvres l.a chasse auxoiseaux aquatiques dans les étangs, la pèrhe surles cotes et celle du thon en particulier sont tres-produclivrs.
l es ISouclies-du Rhône ont de bonnes salines àUrne , des eaux thermales à Aix . Des minerais n'ysont point riches; mais la houille, le marbre, legypse, la pierre à aiguiser, ont des gîtes abon-dants.
I.e département est beaucoup plus commerçantque manufacturier, l.a fabrique de savon de Mar seille , avec la charcuterie d’Arles , y monopolisenten quelque sorte la renommée parmi les produitsindustriels, l.a première ville, centre très-actifde tout le commerce descôlcsde la Méditerranée,exporte surtout du poisson salé , du sucre ralliuéet des chandelles fabriquées dans le pays, des vais,du soufre, des savons, des huiles, des fruits secs,des bouclions de liège. Son port, dont le mouve-ment commercial encore agrandi depuis la con-quête d’Alger , surpasse en activité et en étenduecelui de quelque autre port du royaume que ce soilet qui peut contenir jusqu’à 1201) navires de000 tonneaux, n’est point assez grand pour lenombre de ceux qui le fréquentent. Il est presquetoujours encombré, Ses quais u’out point non.plus une étendue convenable, malgré le grand es-pace qu’ils occupent.
Marseille , dans une situation admira-ble sur la Mediterranée, est la plus an-cienne ville historique des Gaules , etle porl le plus commerçant du royaume.Sa rade offre aux vaisst aux de ligne, dansle nouveau porl Dieu-Donné, un abrisûr et commode. Des ouvrages de guerreet la nature la défendent, tille présentedeux villes tris dislinclcs d’aspet l.anouvelle, à gauche et en face du port,av ec de belles rues bien percées ; laseconde, ancienne, très sale, aux ruestortueuses.
I,a rue de la Canebièrc, les quais, Vhô-tcl-dc-ville eouslruit sur les plans duDnji't, plusieurs grandes voies et places,l’Ilôtel-Dicii, hospice considérable, lesmusées, la biblinlhèqucqui est très riche,les promenades, soûl surtout cilésparmiles richesses dont Marseille tire le plusd'honneur. I.e Lazaret, à droite du port,au nord de la ville esl un des plus beauxétablissements de ce genre Des paque-bots à vapeur enlrelicnncnt des commu-nications régulières entre Marseille et lacôte d’Italie , la Grèce , Constantinople etl’Espugnc.
Les majestueux alentours de Marseille sont semés de jolies maisons de campa- !gins appelées Bastides.
Le déparlemenl de Vaucluse n’est nitrès agricole, ui fort industriel. Des com-munications ditllcilcs arrêtent le com-merce intérieur. Le sol montagneux dansla plus grande partie du département nese montre fertile que vers le confluent duRhône et de la Durance, limites semi-circulaires du département, à l’ouest etan sud. De ce côté aussi, s’étendent lesplaines. Dans l’arrond. d’Orangc, près deCarpenlras, s’élève déjà le mont Ven-tou qui domine toute la contrée. Lesbrandies des Alpes tournent au nord-est,à l’est et au sud est. Les vignes et les fo-rêts couvrent ensemble le tiers du sol. Leclimat assez favorable aux hommes, l'estmoins à la végétation ; il pèche souventpar trop de sécheresse. Les habitants sontplus passionnés qu’instruits, étrangers àla langue française dans les campagnes,bons, vifs et spirituels.
Le seigle, l’orge sr joignent ici, en très grandeabondance, au blé, dont la récolte ne saurait snf-lire. Les vins oui généralement peu de renom, etbrillent surtout par la quantité. On fait une ré-colte de soictonsidérable. Les olives, les ligues,les amandes et autres fruits abondent ; le safran,la garance, l’anis, quelques plantes aromatiquessont cultivées ou recueillies avec soin. La grainede Nerprun , dilc d'Avignon , fournil une bellecouleur jaune.
Les troupeaux de bêles à laine, plus nombreuxque beaux , ne trouvent point de pâturages assezconvenables dans les prairies, très étendues, dudéparlemenl. Celui-ci, riche en curiosités natu-relles, ne l’est pas minéralogiquement parlant. 11a de bonnes pierres, du jaspe à polir, des mines dehouille, et quelques som cm. sulfureuses ou salinesnon exploitées. Quant à l'industrie manul’arlu-rière , la lubrique des soieries, la distillerie, lateinturerie, sont principalement à citer. Orangefabrique des loiles peintes très renommées ; la fa-brique d’étotl'es de soie d’Avignon , la bijouteriecommune de (,ar|ieulras, les lampes de Mazan,sonl assez connues, l.a garance fournit à une ma-nipulation remarquable. Les lilalures de chanvre,de laine, les papeteries, sonl répandues.
Avignon , silué sur la rive gauche duRhône , dans une plaine belle et biencultivée, est une ville des pins célè-bres , comme ayant servi de capitaleaux successeurs de saint Pierre. Aujour-d’hui , son commerce et ses souvenirshistoriques sonl ce qu’elle a de plus re-marquable.
AVIGNON.
Archevêché. 32,000 habitants.
I,'ancien palais des papes, qui sert deprison; l'hôtel des Invalides , l'égliseSainl-Piem'jle thêAIre moderne, Uirentsurtout les regards de l'étranger. Lesdivers musées d'Avignon sonl 1res riches.
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CHEFS-LIEUX
d’arrondissement.
Alx, appelée l'Athènes dumidi, autrefois capitale de-là Provence , maiulcnant ar-chevêché el siège d’une courroyale, el dune académieuniversitaire distinguée,peuplée de 24,000 habitants,s’éleud sur la rivière d’Arcdans une plaine fertile, cn-t nuréc de rôleaux.Quelques-unes de ses rues sont belles.Un remarque sa ralhédrale,sa promenade dos Orbilcl-Ics, sa bibliothèque, l’unedes plus riçlirs du royaume,la superbe flèche de l'égliseSaint-Jean, la tour de l’hor-loge , etc., ( le. N.
Autrelois une des grandesmclropolcs dr la Gaule, nu-jounl Imi commerçante, elpeuplée île 211,000 habitauls,esl bien silure, mais assezmal hàlic à la séparation duRhône eu deux bras.t n cile,parmi 1rs rcsles dr son ai -cirimr splendeur, le grandamphithéâtre, l'obélisquemuuolilhc ni granit, decinquantc-lmil pieds de haut,encore le seul qui' fût eul'cance, il y a peu ; l’acquc-ihic. la tour Roland, l’égliseSalnt-Ti'ophimr. Parmi 1rsédilircs modernes, l’hôlrl-de-villc. ronslt-nil sur 1rsdessins de Mansard. C'rsluans le lerritoire d’Arles quese trouve la Camargue . IN.-”.
ORANGE ,
Tris ancienne ville, embel-lie par les Romains, qui y ontlaissé de fort beaux souve-nirs d’architecliirc , cuireautres le Ihràlrc , compteplus de 10,0(10 hululants, ets’élend dans une plaine su-perbe arrosée par l’Argucs,a deux lieues du Rhône . N.
A PT,
Aussi ancienne , est moinsconsidérable ; elle n’a que(illOO habilaids cl peu decommerce. On y remarqueun pool très hardi sur le Ca-lavou. E.
CUU’KNTRAS ,
10,000 linhilouts, sur une
colline, près dr l’Auzon, faitun assez grand commerced’entrepôt ; il a quelquesbeaux êtablisseinrnls, cuir.'aulres un aqueduc remar-quable, cl rnnonlc aussi «une très hnulcanUqnilé. Sesmusées cl sa bibliothèquesi nt riches. N. E. ,
RÉGION DU SUD-EST.
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LIEUX REMARQUABLES.
Non loin de Marseille ci dans son arrondisse-ment, les jx-tils ports de Cassis et de Au Ciolalallirenl d'abord 1rs yeux. I.e lerritoire du preluic-r fourmi des vins blancs rsliinés; leVronda un cabotage liés élemhi, île beaux rhanliers ,une école de navigation el 60110 habituels; An-riol , même population; Aubugne , avec mi mil-l.er d ames de plus, ont un commerce el nue in-dustrie animés; Itoqiwrairc avec 0500 liabi-laids, s’élend sur l’iluv canne, mm loin des ruinesde deux villes comaiiies.
Dans celui d'Aix : les Mangues , ville de 7000habitants, sur la passe qui fait communiquer l’é-langde lierre avec la Méditerranée, a d’impor-tantes pêcheries, de nombreux chantiers. DesSalines productives, mie belle campagne planlcede liguiers, d’oliviers, d’amandiers, font la ri-chesse de la pelite ville de Barre , sur l’élang deCe nom; une mine de houille et mie campagnesemblable donnent de l'importance à tiardanne,qui a .1000 habitants. Charleval, sur le canal deCraponne , esl un joli pelil village modèle, auxMaisons propres et toutes pareilles. Lambvsc,ÜOOi) habitants, eut autrefois une grande impor-tance, comme siège des élals de la province.Près de Saint-Chamas , qui a 2000 bandants elMi joli port sur l’étang de lierre, on voit un ponthiinain 1res remarquable. Talon , sur le canal deG-aponne, petite ville florissante, a COOO liabi-'“nls; en voyait autrefois, dans suu hôtcl-de-'Ulr, le tombeau de Noslradamns. Enlin, à unelieue et demie d’Aix , on place , près de la hauteMontagne de Saiiilo-Vicloirc, le champ de ba-taille où Marins délit les Ombres , 102 ans avantNotre cre.
Tarascon , sur la gauche du Rhône , en face deUrancaire , est la ville principale de l’arrondisse-Meut d’Arles ; elle a 10,000 habitants, un com-Mc-rce et une induslric assez étendus. Chdteau-Kertard, dans une piaille bien arrosée, a 4000 ba-llants el un beau château ruine ; Saint Rerny,ancienne Glamim , peuplé de7000 habitauls,
M fait remarquer par de belles antiquités, c’esl. pairie de Noslradamns. Bouc, à l’rmbou-c| Mrc du canal il Arles , possède un des plus beauxijMi’ls de lu Médilerraiiéc, port destiné à devenir|"es animé. On voit une belle percée près A'Or-, sur la gauche de la Durance, petitel'illi-de 2 à 3000 habitants. Baux est mi chétifpliage, au sommet d’une colline, dans le voisl-j"age de la pelite ville AF.yguières , à dix lieuesa Arles ; mais ce villagca été autrefois la résidencer'seigneurs très puissants , rivaux des souverains' - la province. L ite on plutôt les|ilos de la Ca-i lll «rgueonl une superlicie d’environ 70 limes-‘crées, on y compte une dixaiue de villages etMisa quatre cents fermes.
HOMMES UTILES
ET CÉLÈBRES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
Lus territoires de Marseille , iVAix eld’Arles ont été féconds en hommescélébrés. Sur le premier prirent nais-sance ;ct h- grand géographe Pithcaset le sutiriipie Pélronne; les trouba-dours Carbonel el Béranguier ; le voya-geur Leblanc, le naturaliste Plumier,
fameux généalogiste d '//osier, legrand sculpteur Puget, le grammai-rien Dumarsa-s, l’orateur chrétienMascara», et le général Cardannc.
Sur le second naquirent I ingénieurAdam'j/e Craponne, le savant Adam son,le peintre Yunloo, le trop fameuxprésident iVOji/icde, le critique Vuure-nargues, le navigateur d’Enlrecas-leaux. Celui d Arles donna le jour àl'astrologue lYostrudamus, à l'illustreBailly de Su/fren, l’un de nos grandshommes de mer, à l’amiral lîantheau-me.
On cite encore comme apparte-nant au déparlement, Fauteur duvoyage d’Anaeharsis, l’ahhé Barthéle-my; Esmcnard connu par son poèmesur la navigation; l’amiral Forbin;M. de Pasloret, chancelier de Franco ;le cardinal /sourd; les demoiselles C/a-iy, dont Tune fui mariéeà Joseph Na poléon , el Taulre au roi de Suède Rer-nadolte; le lamcuxTchnntciir G avau-dan, le conventionnel Barbaroux , levoyageur Jaubert.
l’armi les contemporains, l’excel-lent peintre Crauet ; les historiens ,Tltiers, Mtgnrl et Caprflgud; l'orienta-liste Beynaud; 1 excellent géographeEyriès ; les chaleureux poêles J’é. y etBarthélemy-
Marseille, Massilta, fut fondée COflans avanl uoli-eère, par une colonie d'avcnlm-icrsphocéens, avec la permission des Celles l.ygicns, naturels du pays. Ces Phocéens la mi-rent bientôt en élut de lutter même avec la puissanle Carthage ; ils fomièmil 1rscolonies de Niçc, Antibes , La Ciotat,Agde , elc. lisse gouvernaient par six ci-uls sénateurs,el formaient une république lant soit peu aristocratique; ils prirent le parti de Rome conlreAnnibal. Ceci leur valut l’amilic des conquérautsdu monde, donI ils furent pour ainsidire les introducteurs dans la Gaule , ce qui devait un iom-anéantir leur éclat. En effetayant soutenu Pompée contre César, celui-ci, vainqueur, leur ôta leur liberté, ruinaleur commerce. Marseille déchut alors peu à peu, ci ne se releva guère que vers le quatrièmesiècle;eu revanrhe, elle devint en qm-lque sorte l’Atlièm-s du momie, et les Romains pré-férèrent ses écoles à relies de l’antienne ville de PérirU-s. t.es Sarrazins, au huitième,la renversèrent de fond en comble ; ils y avaient été introduits par la Irahison du patriccManronte. Elle reprit courage avec leur disparition, el bientôt les croisades vinrent jeterla population de sou côté; son commerce se ranima. Les comtes de Provence, puis le roiRené, mort en 1480, s'appliquèrent à le faire renaître.
LouisXl succéda à René dans la possession de celle ville, qui depuis , résista au conné-table de Ilourbon, ensuite à Charles-Quint , en 1530. Elle ne tomba que par surprise ailpouvoir de Henri IV . Une famine el plusieurs pestes la désolèrent vers 1680. Eu 1620, il luien vint du Levant une dernière, qui enleva 40,000 habitants sur 90,000, el pendant laquellese distinguèrent surlout par leur dévouement presque surhumain , l'héroïque évêque dellelzmice et le chevalier Rose. Peu après , Marseille sr révolta contre Louis XIV , qui luiravissait ses franchises; clic ne fut soumise qu’en 1060. C’était l'époque du grand sculpteurPiqet, qui prodigua son art, sa fortune et sa vie à sa ville natale. La tourmente révolu-tionnaire emporia presque tout ce que ce grand homme avait construit de beau.
Le système impérial lui défavorable à Marseille , désormais ville exclusive de commerce;et même, pendant les premières années de paix de la restauration,ses affaires ne parurentpas devoir se ranimer : mais, depuis le premier bruit de la conquête d'Alger , elle a recon-quis Imite son activité. Sa population s’csl accrue d'un rinqmème , malgré les invasionsréilérécs du rlioléra-morhu.s. On ne peut dire où s’arrêterait sou accroissement, si notreconquête d’Afrique se changeait définitivement en une colonie stable et puissanle.
l.a fondation d'Aix ( Aquœ-Sexlia: ) esl rapportée au consul l aïus-SexIins-Galvinus ,
120 ans avant Jésus-Christ ; clic pril son nom de sources minérales décou vertes dans ses en-virons. et devint la capitale de la Provence dès que Marseille et Arles furent déchues. Ti bère y éleva un temple à la mémoire d’AugusIc; les empereurs qui lui succédèrent favo-risèrent aussi la colonie romaine aux dépens de celle de Phocér.l'i-ndanl le mo.ven-àge, lescomtes d'Aragon, ceux d'Anjou et le roi René y tinrent leur cour galante et chevaleresque.Elle fut, romme la Provence et Marseille , réunie à la couronne par Louis XI . Charles V1 11id’imlres disent Louis Ml) y élaldil un parlcmcnl. Ses monuments antiques cl du nioyc-n-àge, parmi lesquels on remarquait les mausolées des romles de Provence , en faisaient na-guère une des villes les plus curieuses : la pluparl ont été détruits.
Arles , long-temps rivale de Marseille , remonle à la pi-rmière arrivée des Romains dans‘es Gaules; César l'appelle elraroutc qu’il y lit coiislruire treize vaisseaux pour le
siège de Marseille . Constantin y résida et l'appela Constantinc;e lie eut jusqu’à 100,0(10 ha-bitants et le litre de métropole de la Gaule dont elle devint l'entrepôt ceulraLI.es invasionsbarbares la firenl dcclieoir. I.ors de la dissolution de i’empire Carlovingien sous Louis le Débonnaire , clic devint la capitale d'un royaume de son nom, ou de Rourgogue cis-jurane,fonde par Rozou en 879, puis se forma en république; el enlin réunie à la Provence par I es romles d’Anlon, revint avec elle à la couronne, il s’y tint plusieurs eoneiles.
Tarascon n'est pas moins ancien qu’Arles et Aix , mais n’ciità aucune époque une sem-blable illustration. Toutes ses antiquités consistent cil un vieux château fort du moyenâge que I on regarde confine ayant servi de maison de plaisance aux maîtres de la Pro vence . On a lait de ce eiiàleau une maison d'arrêt.
S- Rcinv, alors Glamim . fut. dit-on, donné par Clovis à l’évêque de ce nom, lors de sonexpédition contre Comlehant.roi deHonrgognc, renfermé dans Avignon .
„ Après Cavaillon , Irès ancienne petite ville dehabitants, sur la Durance, Ton remarque: "'Tout , dans l’arrondissement d’Avignon , le pc-■ * '‘liage de f'auclusc, long-temps habité par le
“‘x et tendre Pétrarque ; puis la Fontaine du['"'‘Mc nom, si souvent décrite, autrefois chantéejj 1 '"’ 'e poêle, aujourd'hui exploitée par le com-f 0| tant. VIle-siir-la-Sorgne est une petite ville, GOOÛ babi Unis, entourée de beaux jardins el‘‘"e riche agriculture, dans le même arrondis-pMcnt.
''“ns celui d’Orangc ; Montas , chétive el rui-fut importante cl forte autrefois; elle afJJ® habitants et est située au pied d’une falaise' c 'b-, courommcc par les ruines d’une forlc-
Nse. Palrdas , au pied des montagnes du Pau -‘iné cl pairie du cardinal Maury , a 4000 babi-‘"ts; Raison occupe, sur une hauteur, près (le"odève, une partie de l'emplacement de l’an-l‘“"c Casio, ville autrefois considérable, dé-."-te, dit-on, par les Lombards, el patrie de
lljcl-!- -
"islorien Tr
’ogue Pontpce. Perlais, dans l’ar-
"“disscmcnt d’Apt, a 3000 liabilants.
Trogue-Pompèe naquil ,v ers lié Lude lu i'épti]>ii<|iio romaine à Yasio.Après lui le pays de Vaucluse a sur-tout donné naissance à des prêtrescélèbres, C'est d'abord le cardinal Va-bassolcs, protecteur de Pétrarque,dont Taillante, Laure, éluit de la ci mirée ; cesonl ensnile le grand orateur Vléchier,Tondeur Poule, le cardinal Maury,M. l’évêque de Boulogne, el le fécondabbé .ti’wniiJ, mort en 1801.
Le brave Crillon[, Alain Chartier , lechevalier 1 ' ■ nos premiers
écrivains militaires,appaiTicnncntaus-si au déparlemenl. On peut citer enco-re le savait! mythologue Sainte-Croix;le grand peintre Joseph Yevnel ; MmeFararl, actrice el poêle sous Louis XV , etc. Les inalbéir.alii iens de Pa-gan (an 17“ siècle), et Pezenas (au 18«);les généraux /.aurait el l.agarde ; lecomte de J'ouruutr, préfet de Rome sous l'empire.
Les Voconces, les Cavares, el les Memonirns habitaient autrefois le pays,et nous avons vu que les Romains y ont laissé des souvenirs remarquables,à Orange , à Apt , et ailleurs. Réuni à l'empire de Charlemagne, il en hitdémembré el forma le eomtat Venaissin et la principauté d’Orangc. Lepremier fut possédé par les comtes de I oulouse, les rois de France et lespapes. Le premier comte delà seconde fut Giraud d’Adhémar auXI e siècle.Elle passa dans la suite eux coudes de Eludons, puis il la maison de Nassau.Guillaume 111, de ce nom, élanl mort roi d’Angleterre et sans enfant, Frédé ric-Guillaume , son héritier, la céda parla paix d'Utrcclit en 1713, à Louis XIV .
Avignon,dont le nom celtique était Amu'o, est une ville 1res ancienne maisqui fui peu célèbre sous les Romains et leurs successeurs.En TiOlielle s'éri-gea en république, sous la présidence d’un podestat cleclil ; peu aprèsles coudes de Trovcnce s’en emparèrent. La coud esse Jeanne, devenuereine de Naples, la céda pour 80 mille tlorinsd’or au pape Clément V , qui,d’après un traité conclu avec l’iiilippe-le-liel, y transporta le Saint-Siège .Alors elle complaît cent mille haliilanls : on y voyait soixante églises, etau temps de Rabelais encore, elle avait un si grand nombre d’édiiiees reli-gieux, que cet écrivain railleur l’appelait la ville sonnante. Grégoire IX ,en 1370 reporta le saint-siège à Rouie. A sa mort les cardinaux fi ançaisélurent successivement deux papes en concurrence avec ceux de Rome .Ce schisme cessa en 1108. Sixte IV érigea la ville en archevêché.
Les jionlifes romains conservèrent leurs droits sur le pays. Louis XIV el Louis XV le prirent plusieurs fois. Enlin en 1700 les Avignonnais sedonnèrent à la France .
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