RÉGION DG SGD EST.
DEPARTEMENTS.
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Le département dit Var est, mi nord etan nord-esl, presque entièrement hérissé, de montagnes calcaires ou granitiques| n formant de jolies vallées, (.elles de lapartie méridionale sont presque toutesroclipiises et mies. l.cs côtes, quoiquerocailleuses et escarpées, coupées pardes golfes fréipients, |iréscnleul des plai-nes marécageuses et malsaines. I. agri-culture est piesquc partout diflicile. Ce-pendant rien n’égale en beauté les con-trées voisines du Var , ou les territoiresde Draguignan , il’llyères, de Crasse, delirignollcs si célèbres. On rencontre gé-néralement plus de prairies, de forêts,de vignes, de plantations d’oliviers, d’a-mandiers et de mûriers que de rliamps.Malgré les communications difliciles, ledépartement est moins industriel que' commerçant, et cela griiee à la Méililcr-rannéequi le baigne de trois rôles et dansl laquelle il projette une avancée demi-circulaire dont la pointe est au sud-est.Ses habitants, comme ceux des llouilies-dn lUiônc dont nous n’avons rien pudire faute d’espace, sont vifs, entre-prenants, spirituels et passionnés. Il lietant pas s’edi a ver de leur abord brusque,de leur ignorance apparente- ils radientI sous cette enveloppe un fond véritableI de bonté et de jugement. Cependant,tout chez eux cède à un entrainementpassager; rien de plus mobile que leursopinions. Oïl ne leur connaît pas cellepropreté du Nord si douce à ceux qui lapratiquent, et dont ils auraient un plusI grand besoin sous leur climat ; mais ilsI sont travailleurs, et l’on aime à remar-1 quer qu’aucune diillculté de culture lie\ les rebute.
PRODUCTIONS AGRICOLES
ET M AISE!’.VOTE Kl EUES.
t.a recolle des grains n’est point encore ici nonplus eu rapport aire lesbrsoius de la eiuisomma-Iion locale. Les babilanls préfèrent s’adonneraux ndltiiTS plus productives et moins iliflicilrsde la vigne, dont 1rs crus sont excellents , dercrlahis légumes, du tabac,.du mûrier,des oliviersdu châtaignier.
Tonte la végétation que naos avons vue dans1rs llnuclies-du ltbône, les grcuadirrs, les orangers,1rs amandiers, 1rs lignirrs, s’épanouissent d’ail-leurs dans le Var . ('.('pendant, grâce à ses cou-pures montagneuses, le département est moinsbridé que les bouches dii-llbôue.Ses 3 a 400,000bêles à laine ne laissent pas de transhumer,pendant l’été, dans les vallées de liarceloimctteou autres à l’abri des feux du soleil.
L'élève des abeilles est liés répandue et leurmiel exquis. Quelques localilés cultivent trèseu grand le prunier dont les fenils sont connussous le nom de primes de lirignollcs. Les belles etnombreuses forêts de sapins, de chênes verls etblancs nourrissent un gibier leés rerhcrclié. Onexporte quelques fromages de lait de chèvre.
Les richesses minérales soûl très minimes etconsistent en plomb, euiire, fer et bouille peuexploilés, en marbre, alb.Urc, granit, porphyre.Il y a près d’ilyères d'assez bonnes salines.
La fabrique il essences etd’Imiles de Grasse estsurluut renommée quant à riuduslric manufac-riérc L'organsinage cl la lilalure de la soie, lafabrique de savon, de bouclions ilr liège, occupentle second rang; la papeterie vient rusnilc. Lecommerce, comme nous l'avons dit, est 1res actif.Il a pour aliments les mille produits divers dupays, (mis 1rs pêcheries considérables de thon,d’anchois, cle.
CHEFS-LIEUX.
Draguignan , villa agréable surla petite rivière <ie Fis, arroséepar de belles fontaines, entouréede sites délicieux, est un cbef-licupeu important, et <pii li a dû ipi’àsa position au centre l'honneurd'être lesiégede l'administrationdépartementale.
10,000 habitants.
L’on n'en peut guère citeraucun édifice; mais le jardin bo-lanTpu', l’un des plus mnar<|ua-b c France , les cabinets de,minéralogie et (le médailles,mé-ritent une mention distinguée.
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L’ïle de Corse, 637 lieues de nos rôles,est en quelque sorte encore un pays neuf,où la civilisation française sème laborieu-sement en vue des fruits que promettent àla France l’heureuse position commer-ciale du pays entre clic, l'Italie . l’Kspa-gne et l'Afrique , la fécondité du sol etson climat favorable aux productionsdu Midi. Ses rôles découpées offrentaux navigateurs un asile sflr et commo-de dans des baies larges et profondes, etdans des rades où pourraient se loger des(lottes considérables.
La ('.Oise a l'aspect Apre d’un paysmontagneux, très boisé et moitié in-culte. line chaîne élevée de liants picscouverts de neige court sur tonte la lon-gueur de file; des contreforts ou chaînessecondaires formées de montagnes pinsbasses, aux vallées tristes cl profondes,presque louiimrs resserrées en gorges etavec de rares et misérables habitationsradiées par des fourrés épais, s’appuyentcontre celte chaîne. Elles donnent naissan-ce à des cours d’eaux torrentueux qui nesont pas même liollaldes. De liantes fo-rêts Ile chênes, de pins et de sapins, lesrouvrcul de Ions côtés. I.es côtes sont ma-récageuses et cependant d’une beautéremarquable.
I.es Corses passent pour ardents et trèsvindicatifs.Ils ne sont portés ni aux arts nià l’agriculture. Le rommerce est mil chezeux comme le serait l’exploitation du sol,sans une huitaine de milles d'Italiens vi-goureux de l.urques el de Piombino quiviennent rbaque année travailler auxforcis, aux champs, aux vignes, l.a lan-gue française n’est pas enseignée dans lespetites écoles.
Il ne faudrait pas chercher en Corse de grandescultures; gr.lcc à la fertilité du sol, le villageoisy vit aisément des produits (le ses petits rliampssépares, de ses châtaignes, de ses troupeaux,(desa chasse. Les forêts peuplées d'arbres vigoureuxel élevés fimriiiraienl au besoin Ionie la marinemilitaire ci marchande (le la France . I.es oliviersdonnent des produits considérables. (6,060 hec-tares de l ignes produisent de très bons vins. Lesmûriers, déjà très répandus, forment aussi unrapport considérable. L’oranger, l'amandier, et lecitronnier viennent à peu près sans soin ; le tabaccorse remporte île beaucoup sur le tabac fran-çais . On a essayé avec succès la culture du cotonet de l'indigo. En un mot, le sol de la Corse esttellement heureux, qu’on estime qu’il pourraitnourrir facilement nu million d’habilanls, clfournir encore 6 des exportations considérables.
Il ne parait pas qu’il abonde eu l'irlii'ssrs mi-nérales. Outre des granits superbes, des marbres,des porphyres , ilji’a que quelques mines de fer,exploitées par un petit nombre de forges; puisles salines maritimes de Porto-Vecchio et deseaux thermales nombreuses qui seraient suscep-tibles d'être très fréquentées.
I.’ini(iistric commerciale de la Corse est. commenous l’avons dit, à peu près nulle, l'Ile vendses soies el scs Imiles; elle a quelques fabriquesde draps grossiers et de poteries légères dès long-temps célèbres, quelques tanneries, il ne se lientparmi, dans Unit le pays, que cinq foires: laprincipale est à Coi te, i.es inipnrlalions de France ne vont pas à trois millions. Le service public decninmimicalion a lieu par des bateaux à vapeurqui abordent à Toulon -
Somme toute on ne saurait douter que la Corseavec tous ses éléments de prospérité ne deviennel’un de nos départements les plus distingués. Il liehuit pour cela que quelques circonstances favora-bles et la sollicilude persévérante de l'adminis-tration.
Ajaccio sur la côte ouest de’î c et le golfe du luê'ine nom, estla pair ic de 'Empereur, et l’on ymontre la maison où est né cethomme vraiment grand. Le mo-nument érigé depuis peu à sa mé-moire, marque au moins que sescompatriotes sont tiers de lui.
Évêché, 9)000 habitants.
Le port d’Ajaccio est sûr,commode et forlilié comme la villequi cependant manque d'eau.Une promenade superbe sélendsur les bords de la mer. I.a biblio-thèque est riche | ourla Corse. Lejardin botanique, les pépinières,sont remarquable .
CHEFS-LIEUX
d'arrondissement.
liiti irrégulièrement aufond d’une petite baie aupied de la montagne dut’tiaroii , est le deuxièmeport de la marine niibtaiiodu royaume, et la illle laplus considérable du ilépar-U'mcnl On y compte de 306 35,0110 habitants. Iles ou-vrages dr guerre el la naturele rendent en quelque sorteimprenable. Sa rade passepour une des plus sûres etdes (dus vastes de l'Europe .Sun poi l marrhand est fré-quenté. L’arsenal occupeune étendue presque égale àla ville même. On y emploie6 certains travaux les con-damnés aux bagnes. S- U.
GRYSSE,
13,000 babilanls, dans unterritoire renommé pour sarichesse el sa branlé, fait micommerce d’esscnecs grèsconnues. C’est une ville ancicmie, bien bàlie , maismal percée et (très malpro-pre. On y voit plusieurs jo-lies fontaines, et une belleesplanade.N. E.
HRIGNOLLFS ,
5000babilanls, est propreet jolie, mais peu impor-tante. l.a braille de sou ter-ritoire est justement célèbre-
S. O.
Sur la côte orientale, au-trefois capilale de File ,mainliuianl quartier généralde la 17" division militaire,et siège d’une cour royale, a10 ,(100 babilanls.Son pnrlcslpelil.mais fort. Elle se di-vise en deux caillons, Novaet Terra-Verchia, el a plusde rommerce et d’induslrieque les autres villes corsesensemble. N. E.
Sur le golfe du mêmenom , dans une situationliés furie, n’a que 1300 ha-bilanlscl peu d'importance.N.
COÛTE,
Très remarquable commeoconpanl dans File une po-sition rcntralc, est en quel-que sorte la capilale histori-que de la Corse. Ou luidonne 40(10 liabilants. Vnbeau pont sur un torrent seremarque non loin de sesmurs. N. Iî.
Sur la Tnvarino, près dugolfe de Valinca, possède in>I ces bon port. Napoléon vou-lait y établir nn arsenal mi-litaire. S. 2500 liabilants.
RÉGION DU SUD-EhT.
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LIEUX REMARQUABLES.
I rejus, près de l’rmbnurluire de FArgcns, pc-lile ville épiscopale de 3000 aines, compta autemps d’Auguste 100,000 habitants. Elle a con-serve des ruines romaines. Son port, aujourd'huicomblé, était le plus grand cl le pins' fréquentédes Cailles; la Huile romaine s’y tenait le plusordinairement; son climat passe pour malsain.SaintTropez, aussi dans l'arrondissement de Dra-guignan , petite ville de 4000babilanls, possède luilion port très fréquenté par les bateaux pêcheurs.
Dans l'arrondissement de Foulon : Un ies afiltre elle et la mer une plaine d'une lieue delargeur el exlraonliiiaimiiriit belle el fertile;son climat est des plus briireiix, el aucun autredans la Provence ne l’égale en célébrité. llyèresen elle-même n’a rien de remarquable; on ycompte 10.100 habitants, c’est la patrie de Mas-sillon. Les lies d'Ilycrcs sont infertiles et leurrichesses ne gisent que dans ta croyance popu-laire du dehors; leur dislanre du rivage est de4 lieues environ; Porqaerolles, la plus grande ,a environ 100 babilanls. Elles fout face 6 la villeooinnierçaiite et maritime de Scyuc, peuplée de7000 babilanls et liés florissante.
Dans i’aii'oiidisseiiieut de Crasse on trouve :
| Jnlibcs, dont le port fut très considérable sousles Romains et qui n’est plus aujourd'hui qu'uneplace-forte de à classe, peupler de 0000 lialii-lanls. Elle fait l'arc aux tics I,crins dans l’unedesquelles (Sainte-Marguerite fut renfermé lefameux masque de fer. Cannes , petit pi rt, estdevenu 6 jamais célèbre pouravoir reçu Napoléon à son débarqucini'iit de File d’Elbe. Pcnct’ ogrea-blrmcnl située 6 5 lieues de Crasse, n’a riend'important, 3000 aines. i
Dans celui de lirignollcs ; Saint Max/niin a 4000habitants; llarjols , même population, est re-nommée pour scs sites parmi les dessinateurs.
Au sud-ouest de relie ville est la montagne<!e Sainte-Baume où se réfugia, dit la clu'ouique,Sainte Magdeleine dans une grotte qui plus tard aclé convertie en une chapelle, très fréquentée na-guère par les pèlerins.
On remarque non loin d’Ajaccio , dans le golfede Sagonc, le petit village i’Urcino, près duquels’é levait l'Uranium des Romains,célèbre persesfabriques (le poteries. Cargèse , dans le mêmegolfe, est une petite ville de 070 babilanls, chef-lieu d'une colonie grecque arrivée vers la lin du17" siècle.
Hans l’arrondissement de Bastia, près du bourgde Fini, une vieille construction, qu’habila,dit-on, Sénèque pendant son exil, occupe le
liant d’un rocher pyramidal, et est appeléetour de Sénèque ; la vallée de Ncbio, riche et ferlilr, montre encore avec orgueil les traces de sonancienne ville; le bourg de Mariana, vers l’cmbou-c lnirc dit Goto, rappelle une autre ville ruinéedont la fondation était attribuée 6 Marins.
bans l'arrondissement de Calvi, on trouveSaint-llorcnt, bon p(lit poil el jolie ville; lieHousse, petit, port assez commerçant fondé par; l’ancienne ville tortillée é’.llgaïola.
Boni facto ,danscclui de Sarlèm',csl de même"n petit port commerçant et forlilié; il renferme| 1U Ü0 habitants cl passe pour la troisième ville dei hi Corse en population. Porto - l'ecchio estj ''('gardé connue le meilleur poil de File, etM) u immense rade est une des plus sûres de laMéditerranée. On pêche lccorail dans scs rochers.Une satine est dans ses environsl.nlin , flans Farroiidissenii'nl de Cortc, nous(itérons Gloria, petite ville détruite en 1730.
HOMMES UTILES
ET CÉI.ÈURES.
SOUVENIRS HISTORIQUES.
L'anciennecolonie de Fréjus donnanaissance à des personnages illustresde Rome : au Fameux et digne acteurRoscius , il Cornélius dallas que chantaVirgile; au beau-père de Tacite , Ju-lius AtjricoIafMi sénateur Juniusdnr-c/nus, qui refusa de baisser la tête de-vant les folies de l’insensé Caligula .
Le fameux directeur Sicyes était undes enfants de la ville moderne.,Va<S!7/<)u,l’ciiiule de Bossuet , l’illustreauteur du l’elit-carême , naquit àllyères ; Musièna. l’enfant chéri de lavictoire , sur les contins du comté deNice; le comte de Barras, autre direc-teur, celui cpù renversa Robespierre ,naquit au village de Fox.
Le déparlement revendique encoreSt-Louis , évêque de Toulon au trei-ziéme siècle el pelil-neveu du roi St-Louis ; le vice-amiral Paul, cpii avaitd’abord été mousse, sous Louis XIV ;Mortri, Fautent' du célèbre diction-naire historique qui porte sou nom; 1le Parrorcl, peintre de bataillestrès célèbre; 7t(i;y)io«ard,Fillustre au-teur des Templiers, poète el savant ;le spirituel chansonnier Uésauçiers ;les généraux Brunet, Reille.
Le nom de Provence vient, comme on sait, de celui de Provin-cia que les Romains donnèrent à la partie des Gaules , la premièreconquise par eux. Leur Provincia avait plus d étendue que notre Pro-vence, et conqjrcnait, outre celle-ci, mie grande parlie du Languedoc ,le l)aii|>hiné et une partie de la Savoie. On appela jilus tard, Provence ,toute l'ancienne Gaule à l'ouest du Rhône , el comté de. Provence, seule-ment Icierritoire compris entre ce fleuve, la Durance, les Alpes et la mer.
I.es Francs conquirent la Provence sur les Visigoliis, mais ils ne s’yétablirent point comme au nord et à i ouest. L'empereur l.olhaire l’érigeaen royaume en faveurdesonlils Gbarles. lioson y régna cuti; 9. (Je royaumede Provence on de Bourgogne eis-jurane, fut réuni un royaume de Bour-gogne traiis-jurane par Rodolphe H. Le roi de Germanie, Gonrad-le-Sa-liqne, en hérita en U)3’>.
La Provence fut alors gouvernée, n divers titres, par plu sieurs princes,et devança toujours eu civilisation le reste de la France ; ses poètes(T ses chevaliers la rendirent eélèl)res. Les souvenirs grecs, romains etvisigoliis réunis, pouvaient-ils ne pas fruelilier dans une terre aussi fé-conde? Les Sarrazins (pii avaient régné un instant sur le pays, les Espa-gnols qui y vinrent à diverses reprises, contribuèrent aussi à cette bellecivilisation provençale du moyen âge, qu’excita d’ailleurs le génie parti-culier de quelques princes, notamment du roi Réné, de 1475 à 1480, l’undes princes français les plus remarquables.
Réné possédait la Provence comme comte d'Anjou. Ses ancêtres l'a-vaient acquise par le mariage de Charles d'Anjou , frère de saint Louis,avec l'héritière des anciens conilcs. A la morl de Charles, successeur deRènéjLouisXl prétendit cpieeoprince l’avait institué son héritier, et s’em-para de la Provence tout en lui laissant certains privilèges.Charlos-Quint,au XVP siècle, voulut la réunir à ses possessions; le connétable de Bour-bon devait en être roi. H lut battu près (V Aix, mais il s'empara de Tonton.
Celle ville, appelé Tdo-Murlius par les Romains, qui y eurent une tein-turerie, ne devint forte qu’au XYIP siècle. Attaquée alors parle princeEugène, elle lui résista. Les Anglais et les Espagnols réunis s’en empa-rèrent en 1703. On sait comment un jeune oflleicr d'artillerie, nomméalors Bonaparte, la leur reprit. Fréjus, Antibes , llyères, eurent sousleurs noms romains de Forum-J ulii , Anlipolit, lleraclva , mie célébritéplus ou moins grande.
| Les illustrations de la Corse sont tontesmilitaires: ce sont des ctnTs de partisans,des héros de la liberté, comme Paul Lecca ,San Piétro, au 15" siècle; Carrigo, qui sedévoua pour ce dernier cl son pays, ou biencncoi'crmi'inc Hyacinthe et Pascal Paoli au18', ou Cervoni, auquel l'amour de son tlelit oublier sa Vcnilrlla.
Après ces hommes, une femme antique,madame Laetitia Bonaparte , mère d’une fa-mille de rois : Lucien , Jérôme, Joseph,Louis el surtout Napoléon le héros de l’âgemoderne, celui qui partage avec Alexandre,César et Charlemagne , les plus liantes splen-deurs de la gloire militaire, et avec Sésoslriset Auguste , la renommée pins enviable del’organisateur politique sage et vigoureux !Aigle parti des rochers de la Corse pour aller,après avoir occupé pendant vingt ans lesregards du inonde, vous abatlre et mourirpresque solitaire sur d’autres rochers bienloin de lu pairie : qui nommer après vous?Voire ennemi cl celui de la France , l'ambas-sadeur russe Pozzo di-Borgo, d'ailleurs lebienfaiteur de la Corse sous plusieurs rap-ports, miles excellents ginivMmCasa-Biancaet Séhasliani? l.a Corse, avec le nom de Bo-naparte , u’cst-elle pas assez illustre, et rienpourra-t-il jamais ajouter à sou illustration ?
L’histoire de la Corse est , depuis bien des siècles. line longue suite de combats pour laliberté. Scs premiers babilanls furent, selon Hérodote, des Phéniciens et une colonie deLacédémoniens. Les Carthaginois ne tardèrent pas 6 faire la conquête de cette Ile si bienplacée, el nous la voyons dans les guerres puniques lui fournir un contingent remar-quable de troupes mercenaires. Les Humains y font vers ce temps leurs premières expédi-tions; mats ils n’y régnent d’une manière un peu assurée qu'après la chute définitive de Car-tilage, el sont obligés de laisser aux Corses leurs anciennes lois et leurs magistrats. 11sétablissent quelques colonies comme Aleria près de l’Olbu, Mariana, Vrcinimnet d'autres.Pendant les tuinulles el les désordres impériaux, il est probable que File se rendit indé-pendante.
Les Vandales, les Cotlis, les Lombards, 1rs Sarrazins, y Firent successivement irruption :Hugues Culmina général du Saint. Siège qui prétendait a sa possession, en chassa ceux-ci auXP siècle. En 1093, Vrliain 11 ta donna aux l’isans; les Génois, rivaux de ceux-ci el quis’étalent déjà établis à Honifacio les ayant vaincus vers le milieu du XIV siècle, se décla-rèrent alors 1rs souverains de File. Ils étaient soutenus par la population contre les roisd’Aragon qui, depuis lloniface VU, en 121)7 , l’avaient reçue du Saint-Siège , mais n’avaientjainaisbieii pu s’y établir malgré de nombreuses tentatives, entre autres celle d’Alphonse V contre Bonifacio .
Le règne des Génois ne tarda pas 6 devenir m> joug insupportable, et on le croira sanspeine, quand on saura que le gouvernement dr File était afferme 6 une compagnie. I.esCorses se soulevèrent, ils ftirent piiissament aillés par le roi de France, Henri II , qui yenvoya le marquis de Thermes; c’est alors que se distingua San Piélro. Cepciulan! lesGénois continuèrent à régner sur la Corse; enfin en 1729, excités par des chefs habiles eldes humiliations sans nombre, les indigènes s'insurgèrent et la guerre finit, après quelqueschances diverses, par la nomination singulière d'un roi des Corses. Celui qui eut cellequalilé, était un certain baron alIt'Niainl, l liéoilure de NenlmlL I.es Génois aiqicièrcnlrelie fois la France à leur secouvs. Ncuhotl lut chassé et alla mouciv perdu de délies enAngleterre. La tranquillité sc rétablit, mais les Génois ayant oblenu la rrlraite des troupesfrançaises, la guerre recommença ; Pascal Paoli , Fils d’Hyacinthe Paoli. qui s’élail précé-demment distingué la conduisit avec une telle vigueur, qu’il eût sans doute assuré l'indé-pendance de la Corse, si les Génois, en cédant tous leurs droits sur File aux Français , neles avaient engagés à y revenir.
I.a France l'emporta , et en 1769, lit de la patrie de Paoli une de ses provinces. Mais cegénérai ayant, en 1793, été mis en accusation par ta Constituante, fit passer File sous ladomination des Anglais. C’est alors qn’émigrèrent Bonaparte , sa famille ci d'aulres parli-sansdcla France. Vainqueur en Italie,Bonaparte ne contribua pas peu a expulser les An-glais de sa pairie. D’après la division de la Constiluante, elle formait les deux déparle-inoiils du l.iamouc et du Golo, chef lieux llastia el Ajaccio. l!n décret impérial,de ladate de 1811 réunit les deux départements eu un seul, celui de la Corse.