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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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POSSESSIONS FRANÇAISES DANMï NORD DE LAFRIQUf

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lAIS BT POPULATION.

PRODUCTIONS. INDUSTRIE.

Lancienne régence dAlger comprenait depuisles contins de I empire do .Maroc à l'ouest, jusquesà ceux de Tunis à l'est (de l'amant à Tubumt), en-viron 2U0 lieues de cotes en longueur, sur unelargeur variable de70 à 80 lieues; cite se divisaiten plusieurs provinces dont le nombre a souventchangé.

Cette étendue de pays est traversée dans le sensde sa longueur par les chaînes delAtlas ; celles-cicourent presque toujours parallèlement les unesaux autres, laissant entreellesdes vallées très pro-fondes et quelquefois brusquement traversées pardes contreforts allant d'une chaîne à l'autre. Ilsprennent vers la Méditerranée le nom de Petit Al-las , et suivent alors quelquefois la côte de si près,qu'elles la bordent pour ainsi dire : elles lancentaussi çà et vers elle un certain nombre d épe-rons qui vont former au-dessus des eaux linéi-ques caps assez majestueux. Le Lrutid ,t(/as sé-tendait sud et est séparé du grand désert par lesplaines que lon nomme lldad-at-Djend ou paysdes Palmes.

Les cours deau navigables sont nombreux, tuaisvu la direct ion des chaînes, ils nont guère d'im-portance et leur nature est torrentueuse. On mar-que comme le plus considérable le Clwllff, navigabledepuis son continent avec la Mina jusquà la mer,cest-à-dire environ un espace de K lieues. Celleuve prend sa source sur les revers nord duGrand Atlas au Seboun-Aioun près du monl Unneit-nttsiris, se dirige d'abord au nord-est, puis descendbrusquement vers le nord-ouest, et après un assezlong cours sc jette dans la mer, au cap Iri. .Sesaffluents principaux sont, à partir de ce point, laMina, l'Antn et le feddalt (province d'Oran ). LeOued-Yer on Ma afrttn, encore moins important,traverse la partie ouest de la Métidja vers Alger .Visser borde celle fertile plaine du côté opposé.\,' (hted-el-lUtmmel ou lil-litbir, lancien Amysaga,passe à Constanliue et se jette dans la mer, quel-ques lieues à l'est du cap lloiijarane. La SeybouscSe jette dans le golfe de llone, la Tusca ou lainelimite la province de Constant inc et toute la régencevers Tunis . On ne saurait d'ailleurs faire une no-menclature complète de tous les ruisseaux, tor-rents, rivières qui se dirigent des chaînes de l'Atlasdans tous les sens vers la mer, et contribuentpartout à la fertilité du sol. Nous nommerons ce-pendant, comme ayant reçu des événements uncertain éclat, la Taffna qui se jette dans le golfe dellurschgoonek louest delà province dOran , la Sic-kahlc qui passe à Tlemcen et son premier afiluent;la Macta ou Sltabralt qui a son embouchure prèsd'Arzevv.

Le climat des eûtes approche des climats méri-dionaux; on a vu, par des vents du sud, en été,le thermomètre se maintenir à 38° centigrade ;la saison des pluies commence à la mi-novembre,et la verdure reparaît déjà vers la mi-janvier ; unmois plus tard, les orages sont déjà fréquents: ilssont terribles pendant les chaleurs.

Les indigènes appartiennent à des souches di-verses et bien différenciées. La première est celledes Arabes , établis dans le pays au MR siècle. Ceshommes, qui tiennent de la nature et de leur reli-gion toutes leurs qualités, se sont conservés telsquils apparurent alors. Les uns, ceux que l'on ren-contre vers les eûtes, ont des demeures stables; lesautres sont pasteurs. La seconde est celle des Ka-bailes , anciens habitants du pays, mélangés detoutes les races fortes qui se sont succède dansle nord de lAfrique ; ils habitent surtout lesmontagnes, sont plus laborieux, plus actifs, maisaussi plus âpres que les Arabes.

Les Maures sont les habitants des v illes : racetoute mêlée, ils ont tous les defaut s des Arabes , sansen avoir le courage. On ne rencontre plus guèreaujourdhui de Turcs; les KOutongli.s, encore enassez grand nombre, sont les (ils des Turcs etdes femmes maures. Ceux que ces conquérantsavaient des esclaves chrétiennes suivaient la con-dition de leur père.

La dernière race est celle des Juifs qui, dès long-temps, trouvèrent parmi les musulmans cette to-lérance que la chrétienté leur accorda plus récem-ment. Ils ont gardé en Afrique toutes les habitudesque nous leurconnaissons. A notre arriv ée cétaiteux qui tenaient presque tout le commerce ; beau-coupaussi semployaient comme agents politiques.

IOINTS PRINCIPAUX.

11 y avait avant notre arrivée dans la régence et ily a encore beaucoup de terres incultes; elles sontla plupart couvertes de buissons , de lentisqueset surtout de palmiers nains. On rencontre aussidimmenses champs de chardons à grosse télé. Lesforêts sont rares. Le lamarisquc, dans la plaine, lechèneliégedans la montagne, forment leur essencela plus generale; à côté de ces arbres ou trouveaussi loranger qui est très abondant, le citronnierplus rare, l'olivier qui est magnilique surtout àI lemcen, leearoubieret quelques arbres dEurope .

Les terres sont en général excellentes ; les ka-bailes en tirent mieux parti que les Arabes et ontdes cultures pins considérables et moins inter-rompues. Les uns et les autres cultivent souventen commun. On nomme Djemàtt les villages per-manents des seconds, Douants leurs villages detentes; Dédiera les villages des premiers. LesHauueli sont les fermes. Ceux qui les tiennent ontpar lois sous eux des métayers appelés hnamas.

Les méthodes de culture sont bonnes et Ionrem ontre par lois des champs qui feraient envie ànos laboureurs de El,nuire ou des campagnesd'Aueh. Cependant on sème avant d'avoir labouré,après les premières pluies en novembre et décem-bre. I.a charrue est commode et très légère ; le blé,le mais, lorge, le tabac, font généralement le grosdes cultures ; on plante aussi partout beaucoupde pommes île terre, mais cette utile nourricièredes pauvres réussit mal et est d'une très petite es-pèce. Il y a et de belles vignes, quoique lareligion de Mahomet défende le vin : le raisin et levin cuit sont fort recherchés. On trouve pourcette plante des expositions et des terres excessi-vement favorables. Des essais pour l'introductiondu cotonnier, de Tindigotier,dunmrier,ont ételaitsavec le plus grand succès dans le jardin de na-turalisation près d'Alger , et par des partienliei s.

Le kermès, la garance, le henné (dont les femmesse servent pour teindre leurs cheveux) sont trèsabondants. On a plante autrefois des cannes asucre, si Ton en croit les indigènes. Cest même unbruit populaire, que les Anglais achetèrent, pourune très forte somme, la destruction de toutes lesplantations qui existaient encore au dernier sieele.Cependant lopinion de plusieurs savants natura-liste, est de tout point contraire à la possibilité dela réussite de lu canne à sucre sous le climatalgérien .

Mais ce qui fait la beauté des paysages aux en-virons des villes, ce qui les rend si riches et leurcommunique un luxe tout oriental, ce sont lesjardins plantés avec un art inconnu dans notreEurope , délicieux d'ombrage et de fraîcheur, defleurs odorantes et belles. Ce sont, dit M. lelissier,auteur des Annales algériennes, ouvrage,pour le noter en passant, rien de ce qui peut don-ner une idée juste de notre colonisation na étéomis ; ce sont a la lois des parterres, des potagers,des bosquets et des vergers. Les plantes potagèresles plus cultivées sont les melons, les aubergines,les tomates. ( hi remarque parmi les arbres frui-tiers : I amandier, 1 abricotier, le prunier, le juju-bier, le citronnier ; parmi ceux d'ornement, uneabondance inouïe de jasmins et de rosiers.

Il est peu de pays en Europe Ton ait autantde troupeaux ; mais leur race nest point ce queTon peut appeler belle; il y a beaucoup plus dechameaux quil nen faudrait pour les stricts be-soins. Lis chevaux sont rarement parfaits ; ils ontcependant quelques-unes des qualités des chevauxarabes: soignés ils deviendraient magniliques.

Quant à lindustrie manufacturière, elle estoute personnelle; les femmes (lient et tissent lesétoiles necessaires à leurs familles. Néanmoins ilétait des objets excellaient certaines localités;maintenant on ne connaît plus guère que ('allaitpour ses tapis et la petite ville de Dellys pour lesteintures. Encouragée, la fabrication des tissussoie et or ou argent brodés, celle du maroquin, desessences, redeviendraient florissantes. Quelquesouvriers font des tissus pour llournous et Kaieksdune (inesse remarquable. Les kabailes des envi-rons de Bougie exploitent quelques mines de fer.l.e commerce est actif par toute la régence. Nousavons donné ailleurs le ehillre des importations etexportations pour ce qui nous regarde. Les pre-mières consistent on denrées de consommationalimentaire et articles coloniaux, eu tissus, boisde construction , poudre, métaux , mercerie etuuineailterie ; les secondes roulent sur les pro-duits indigènes : lmile à epurer, laines, cire brute,plumes d autruche; les essences, le kermès, les tis-sus de soie.

PROVINCE DALGER .

A I.GER, capitale des nos possessions françaises dans le nord de l'Afrique , s'étend moitié en plaine,moitié sur le flanc dune haute colline , au fondd'une large rade, entre les caps Caxime et.Malifou.Son port est plus vaste que sur; il est bien détendude même que la ville.

Celle-ci contient environ et sans la garnison ,21,0(;Ü habitants, dont 4000 juifs et tîOlll) européens .Sa partie basse est presque toute reconstruite parnous et se compose de trois rues principales quiaboutissent à la place du gouvernement. On neremarque dans le labyrinthe des ruelles sombresde la partie haute que la rue de la (usbali.

Le plias ou la banlieue dAlger est un pays déli-cieux Ton trouve toujours à admirer : bien cul-tivé, il nourrirait 80,000 habitants. On Ta divise encommunes : Jlyrkhadem est son quartier le pluspeuplé. lleniinesstats est celui il y a le plus d eu­ ropéens . 1 lamina qui longe la mer est le plus beau.

initiait 12 lieues sud dAlger au pied du petitAtlas, dans une charmante situation, au centrede paj sages bien arrosés et fertiles, ne contientplus qne'tiOOO habitants et est peu défendue.

Cotéuh à la droite du Masalran à trois quarts delieue de la mer, est une villesuintechcz les Arabes ,ISOOhabitants, peu défendue.

('benbel, Dellys , quon range aussi dans la pro-vince de Constanliue, sont encoredansla provinced'Alger ; la première, Tancicnnc Césaree, est à peude distance ouest deCoieah, Tàulrc à lextrémitéest de la prov ince.

On nomme Saldel un terrain monlueux, et moi-tié inculte malgré dexcellentes parties, situé àlouest du Elios' entre la mer et la Métidja. Sonquarliir dOutad-layvd est celui nous avonsdébarqué (à Sidi-Eerueh) et livré la bataille deStaourli. La Métidja est celte immense plaine acci-denter, qui s'étend du littoral algc rien jusqu'aupied du petit Atlas, entre la Masalran et Tisser,elle a de fort belles parties. Mais des marais dontnous avons déjà desséché un certain nombre ren-dent inhabitables d'autres parties. Elle est dureste bien arrosée et susceptible des culturesdes plus belles et des plus v uriérs.

PROVINCE DORAN.

Oran , capitale de la province, sélève au bordde la mer sur deux collines séparées par un ravinprofond, et ne contient quenviron fiOOO habitants-Ses fort ilieat ions, dues aux Espagnols , soûl encoreassez bonnes.

Moslaganem , à un quart de lieue de la mer, sixlieues à la gauche du Chelilî, occupe une collineélevée. On remarque son ancien château dans l'in-térieur. Elle n'a conserv é que quelques milliersd'habitants. Missigran , à une lieue ouest deMoslaganem, n'est presque plus rien.

Arsetr, entre ( Iran et celle dernière, sur une col-line, est ruinée; son port passe pour excellent. OUtrouve dans le voisinage une immense saline.

Tiemecen ou Tleinssèn, dans Tinlcrieurdcs terreset dont la citadelle (le Méclmnar) fut si long-tempsdéfendue contre Ahd-cl-kadcr par nos alliés leskoulouglis; ('allait, ISedrmmia , (inzounia sontencore dans la prov ince. Callali est la plus consi-dérable.

PROVINCE DE C0NSTANT1NE.

Coxstaxtini-, Tancicnnc Cirlba, est située dan*une position très forte , à environ 20 lieues île lamer, mieux bâtie et plus belle qu'Alger . Ou y voitdes ruines romaines. 10,1101) habilanls. Celte vilàsest dernièrement rendue célébré par ses deuxrésistances à nos troupes en 1830 et 1837.

llone, près de lancienne //i/ipoiic, au fondgolfe qui porte son nom , commande à la magnétique plaine de la Soy bouse. ûOIIO habitants. C'es*jdans ses murs que fut préparée la glorieuse expé'dilion sur la précédente.

lleignu, excellent mouillage au fond du golfe d 1son nom, entourée dune région montagneuse lu 1 "bitée par les kabailes, eut autrefois àb,0(H) habitcétait la capitale des Vandales. On trouve encoredans la province, les poi ls de Callti, Djijét i, Sloi'djLa Calle, nous nous sommes rétablis, et qui es 1le port le plus proche de Taburku.

SOUVENIRS HISTORIQUES DALGER .

Les premiers habitants île l'Afrique septentrionale Turent, selon toute apparence,des Clumanéens chassés de Palestine par les premiers chefs hébreux. Un certain Mu-lek-Afriki y vint plus tard avec une colonie d'Arabes de Sahée (Léon T Air.), et aujour-dhui encore les Juifs africains appellent les kabailes, Philistins (ou Palestins ). Lestribus amenées par -Malek ont encore des descendants dans la Métidja, dans le Bey-liek de Titterj et le royaume de Maroc . Hérodote appelle déjà A baies les Monta-gnards de la Cyrénaïque . Plusieurs autres circonstances prouvent que lu langue arabeest depuis long-temps celle du pays.

Parmi les peuples civilisés , les Phéniciens vinrent les premiers sur les côtes nordde lAfrique , et y fondèrent Clique 1520 ans avant Jésus-Ghrist. Carthage ne s'é-tablit que plusieurs siècles après , et occupa bientôt toute la côte depuis les colonnesd Hercule (Gibraltar ) jusqu'aux Syrthes ( golfe de la Syilre) ou a la Cyrénaïque ,Colonisée par les Lacédémoniens, et depuis assez fertile en hommes distingués. Ouappelait alors Lybie , la partie connue de lAfrique (moins l'Egypte ). Les habitantsdes côtes avaient reçu le nom de Marusiens , dont les Romains ont fait celui desMaures ; on les appelait aussi Mumides (Nomades) ; ils étaient répartis dans un grandnombre de pci ils états. On sc rappela' comment les Romains se servirent de lun desprinces numides contre Carthage ; et la rivalité de Siphaxel de Massinissa, illustréepar les historiens de l'antiquité : Ton avait pour capitale Sigtt, dont ou prétend voirdes ruines dans le heylirk dOran , nu golfe de llarsrh-Goone ; le second, régnaità Cyrlha que nous appelons Constantine . Massinissa , lallié de Rome , lami deScipion, lemporta ; il aida à renverser les Carthaginois, et Rome sétablit elle-mêmeen Afrique . Elle ne tarda pays à se trouver en un contact hostile avec le roy autue Nu-mide, et Salluste nous a décrit, dans des lignes immortelles, la guerre que Metcllus,Murius et Sylla tirent a J ugiirtlia, arrière-neveu de Massinissa ; la ruine de son empireet l'élévation de celui de Uocchus, qui régnait plus a louest et qui avait aidé Sylla . Liu-tluencc que celte guerre eut sur Rome fut immense, cl Tou a souvent essaye d'en tirerdes allusions plus ou moins justement applicables à nos guerres dans la régence.

Juba, lun des successeurs de ltocrhus, sétant déclaré pour lompée dans les oragesilvils qui succédèrent, César ajouta sa défaite à tant dautres triomphes et emmenason lils a Rome., ce jeune homme sut se faire aimer dAuguste , et le. successeurde César lui rendit le royaume paternel. Il y retourna, changea le nom à'ial, sa ca-pitale, en celui de tésarée, eu mémoire de son bienfaiteur. Celle ville est aujourd'huiCItéréhel. Alors aussi sétablirent ça et la dans le royaume numide, une foule de co-lonies romaines : Suldœ, qui est Daugie ; Darius ntagnus, que les Arabes ont tra-duit en ilers-el-liebir; lyilyi (Djidjéri); Cartonna (Tenez), Arsenaria (Arzcvv), etd'autres, comme Uusloniuin tues dAL.cr. ftolémée, successeur de Juba, fut assas-siné par ordre de Caligula , qui était, ilil-on , jaloui de son luxe. Claude partagea laMauritanie en Mauritanie Tingitane, capitale 'Tanger , et Césaréenne, dont Cesaréeresta la métropole. Dans la suite , lAfrique romaine fut divisée en neuf prov inccs,qui comprenaient toute la rote nord et l'Egy ptc. Les ASaurilanies césaréenne et siti-fienne , la Numidie , qui s'étendait de lAmpsuça (Oucd-i 1-kebir ou El-Rummcl) jus-quà la Tusca (Zai e), auraient [dus particulièrement correspondu a la régenceactuelle. Eu civilisation romaine, a son déclin, et le christianisme fleurirent surhuile celle côte Au partage de lempire , l'Alïiquc lit partie de t'empire dOcridciit,l'Egypte et lu Cyrénaïque de t'empire d'tlrient. Saint Augustin illustra, vers le com-mencement du Y" siècle, le siège d'Ui'ii/mne (Roue ).

Au même temps, ill8, alors que Valentinien lit gouvernait loccident sous la tu-telle. de sa mère, t'iaridie, le comte lloniface, préfet de l'Afrique , ayant asc plaindrede. celte princesse, appela dans sa province, les Vandales. Ceux-ci, sous la con-duite de leur roi, Genserie, qui lit de Cartilage sa capitale, sy établirent à demeure.Les colonies romaines lurent ruinées, et la civilisation senfuit pour long-temps dece. pays tuagnilique. Vainement, en .'cil, sous Justinien , Bélisaire renversa le derniertoi vandale, Gélimer : jumuis les empereurs d'orient ne régnèrent en maîtres sur lepays ; caches dans les montagnes, li s Vandales indigènes résistèrent a tous les gé-néraux ; ils ont sans douta donné naissance a une partie des kabailes actuels. Lesc. tes restèrent dépeuplées.

, Tel était l'état des choses, quand après lu conquête, de l'Égypte par Amrou (Miincru), général d'Oim.r, second successeur de. .tiuhnmcl, apres celle de la Cyré-naïquc pur Ocba, son lieutenant , celle de l'ancien pays de Cm Ilinge , par Abdallah ,successeur d'tlrba, le nord dit l'Afrique , fut détinitivemnit occupé par l'heureux ethabile Alouca (sous le calife Walid), te même qui, tm peu plus lard , conquit TEs-buguc sur les Gnihs. Ce grand homme convertit facilement les .Maures qui étaientriens, elles kabailes adonnés a toutes sorles de superstitions. La communauté do-rigine favorisait la fusion.

Les Arabes adminislrèrcnt le pays avec sagesse; ils le dix isérent en provinces gou-vernées par des oualis ayant sons leurs ordres des hnïds; les eadis rendaient lajustice, et des cheiks électifs conduisaient les tribus. Le gouvernement général avaits ji résidence a liairaan. I.a tranquillité régna dans leur conquête jusqu'à la ebùlehrs Ommiadcs : alors des révoltes partielles éclatèrent. Lutin vers 800, Ibrahim-hen-Adjclch, gouverneur, se, rendit indépendant, et sa dynastie régna sur mie partie dul.'hys jusquen «12; nous disons nue partie, car aussi vers 800, Edri-heaiAbdallahbuiilu le royaume de t'es. Eu «12, un chef des révoltés, Mohammed-Obeidallali,

J en versa la d; naslie d'ibrahim, et rendit tributaire le royaume de Eez , que les cu-mes d,. Cmii,,,,,, réunirent à leur empire en 085En 072, un arrière prlil-lils dOhcidallah, Aloéz. chef de lu dvnastie des Eulimitrs,clam. ..< .' ' . .. . c à Joussoufbâti-

sseurs, régnèrent

alors les côtes de la Méditerranée sous les auspices des sultans. Harotidj ac-courut, chassa les Espagnols , mais se mit à la place de celui qui l'avait appt, clbientôt ayant chassé le roi de Tunis , Muley-Assan , sc fortilia dans ce port de ma-nière à s'eu faire une retraite redoutable. Son frère et surerssmr, kair-Eddin (Ché-reddin), en lit autant pour Alger : il fortilia cette ville, a chaque instant menât ée patles Espagnols , joignit lile à la terre ferme par un môle puissant. Enfin, il partit pours'entendre directement avec, le sultan sur lorganisation de la complète de son frère.

Éharles-Quint erul linstant favorable pour écraser dans Alger une puissance quimenuvttitla chrétienté entière par une suite de continuelles et prnnam nlrsdrpréCa-tions ; la haine de lEspagne contre les Maures l'animait aussi, tl rassembla, en consé-quence, une armée magnilique commandée par les meilleurs généraux du temps ; maisAssan-Agha, autre renégat qui avait remplacé kair-Eddin, nétait pas moins hululeque les Barberousse, et une tempête atTrcusc unie à ses armes lit avet ter l'expédition.

Gel insuccès accrut dune façon exorbitante l'audace des corsaires barbaresqurs,et ta forte les prit détinilivemcut sous sa protection, Une milice turque fut établieen permanence a Alger , et le chef de cette milice, gouverneur de lu ville et des pos-sessions conquises, prit le titre (le piclta. 1

llassan-Barberoussc, lils de kair-Eddin , renversa déliiiilivena iil le roy aume deTrémecen.En liitH), 1rs descendants des Marnes chassés (lEspagne pur linquisition,vinrent fortitiev la puissance algérienne et lui communiquer une haine encore plusforte contre lu chrétienté. Vainement les Espagnols , et quelque temps après les An­ glais , essayèrent de nouveaux éllbrts: ils furent malheureux.

En 1027, une rév olution eut licuà Alger ; la milice turque voulut nommer elle-mêmeson chef; la forte v consentit, mais a condition quelle aurait toujours un pacha dansla ville. Ce pacha fut chassé en 1710, et les nouveaux mailles dAlger , quon appe-la Deys (Oncles), régnèrent seuls avec laide dun conseil supérieur ou dix an qu'ilsne tardèrent pas a annuler. Leur état formait ainsi une république dont le chef étaitélectif; mais les Turcs seuls participaient à la puissance : le reste des habitai.ts étaitopprimé, i.es élections se faisaient au milieu de troubles souvent furieux. Les deysnommaient les gouverneurs des provinces; il y avait trois de ces gouverneurs appelésBeys; Unit à Constantine , lantre à Tilterv, le troisième à QramlVndnnl (nn^ i-fc Z».(iw........i. i- r........ .

( -< V . t> , \i VMM MMIIUIII) AlIRV.l CIH*I (10 Itl (IJIlUSt

! sélant. emparé de lÉgypte , laissa le gouvernement (h; la Barbarie .

frii i-hcn-Mrnad, qui se rendit indépendant. Les Zrïriles, sessuccct .

ihsqii'en tus. En peu avant, sous le règne du roi de Castille Alphonse Vt (1005,*'<>!), Ji!Ussuul'-ben-Tas( l.lin loin.a l'empire de -Maroc et abaissa de beaucoup lafoissance des précédents : ses descendants prirent le nom de Marabouts ou Ahnov.:-M'ic. Mohummeo-hcu-Abdalluh rhcf des Mahidditis ou Ahmdiadcs . ne larda pastle remplacer. Itcmarquous ici que toutes ces révolutions se présentent avec les rarne-Rtrrs religieux de celle de .Mahomet te prophète; ce sont presque tes mêmes événements.

Les Malbddins léguèrent bientôt sur toute la côte de l'Afrique ; cest a leur chuteQue se formèrent les rovtmmes de Tremessen, Tunis et Triiudi. l.e premier renièr-huiit à peu piès tout ce qui composa plus tard ta régence dAlger ; il commença enet, mi gouverné pur la famille des Ilen-Ziuiuii, dont il resta encore (les viesflh«Iants dans le pays, jusqu'en 15150. Ils avaient sons eux des princes moitié dépen-uuijts, moitié libres, à Bougie , Tenez, Alger . LélatdeTugurt, formé au même temps,ne lui jii| lm ; s (Vjieudaut et ne iest pas encore.

'à', vers te commencement du WR siècle, les Espagnols étant venus s'établir sur'ne sorte dile roeheuse.cn face d'Alger et qui forme aujourd'hui un côté de sonTjh'L le gouverneur du cette ville eut recoins pour les chasser au fameux renégat'luroudj Rut hennisse, le chef le plus puissant lie tous et s corsaires qui dévastaient

., ..... , .(.me a i mery, ic troisième a (Iran .

fendant tous ces événement s, la force des corsaires algérirns'if avait cessé de gran-dit ; ils écornaient la Méditerranée, ne respectant (pie les pavillons qui leur payaientun tribut. Louis XIV lit hombarhcrlriir retraite par Duquesne qui leur causa un mala (lieux, et plus tard pur Tourville et le maréchal dEslrées; mais la piraterie recom-mençait aussitôt les vaisseaux de guerre éloignés. I.es Espagnols, chassés d'Oran , yrentrèrent en 17.12, sous la conduite du due de Morlematt. Eue expédition doCharles 111, dirigée par O-Roilly, en 1775, échoua complètement. Ees États-Unis achetèrent la paix pour un tribut annuel de 2t,OUO dollars, lu 17!)0, Orau, renversépar tm tremblement de terre, fut abandonné des Espagnols . Ees vingt-cinq annéesde guerres européennes qui suivirent permirent aux corsaires de réparer tontes leurspertes. Ees Anglais , en tslli, envoyèrent contre eux lord Exmoulb. I.expédition futassez heureuse pour mettre un terme à lesclavage des chrétiens : tous les captifsreçurent leur liberté. Néanmoins, Oniai'-Eacha, le dey dalors, ayunt de nouveauTortillé Alger, les courses des Algériens recommencèrent. Une flotte anglo-françaisevint, au nom du congrès d'Aix-la-Chapelle , pour mettre tm terme délinilifâ cettepiraterie. I ne flotte anglaise reparut, en 1821, devant Alger . Eiitin, en 1827, unegrossière insulte (aile à notre consul dans celle ville, par le dey llussein-Eacha,amena de la pari de la Erance des démonstrations Hostiles. En blocus de plusieursannées navait amené aucune soumission : loin de, puisque nos établissements dela Galle, qui dataient de Louis XIV , avaient été détruits : le gouvcrneii'cnl deCharles X se dérida à frapper un euttp décisif. Une expédition fut rassemblée àToulon avec le [dus grand soin. Nous savons tous comment elle réussit, grâce àl'habile sage;se de M. de Rourmonl et à la bravoure tic nos soldats. Notrearmée, débarquée te 1 i juin 18;;u, remporta te 19 la bataille de Staouéli, et le 5 juilletÎH.'IO, entra dans Alger , dont une soumission pleine et entière du dey luiuuvtiiles portes.

Notre cadre ne nous permet [tas dentrer dans le détail des événements qui se sentpassés depuis en Aréique. Nous nous contenterons den donner la suite principale.

Concentrée d'abord autour dAlger , notre armée, dont le chef avait été remplacé,après la révolution de juillet, par le général Clanzcl, fui obligé, peur se déharrusx rdes attaques continuelles du bey de. TiUcry qui avait été nommé général (agita) parHussein, et qui continuait la guerre, daller le chercher dans ses montagnes. Ce lie yse rendit le 2G novembre de la même aimée, après la prise de Belida et phtsirtuscombats dans lesquels il eut le dessous, l.e général Clanzcl s'occupa aussi, avec unsuccès varié, dorganiser la nouvelle conquête que l'opinion de la l'ranee entière dé-clarait devoir ne pas être passagère. Ladministration du général Bertliezènelut moins favorable à nos armes et a notre influence ; cependant, sous lui, nousnous établîmes déHuilivemeut àOruu, dont la province reçut aussi une organisationanalogue à celle dA ger.

Le duc de llovigo remplaça le général Bcrlhczènc en décembre 18:tt, et administrala cotoide jusqu'en is:t2. Ses cruautés amenèrent une insuirection générale de lu partdes Arabes , insuirection dont le théâtre principal fut dans ta province d'Orun; lapaix se rétablit sous le général Yoirol dans la province dAlger . Le général Donii-cbcls la consolida, dans lu province d'Oran , par un traité qui assurait au rhef que sé-taieut donné les Arabes , à Ahd-ct-kador, l'administration dune partie de cette pro-vince. A celte époque, une commission fut envoyée de Erunee pour véritiee Ténu dela colonie qui reçut , sur ses rapports , une organisation a pou près deliinlive. Legénéral Yoirol traça dés routes et lit beaucoup pour la considération et ta prospéritéde la colonie. . ...... ...

Sous le comte d'Erloo, de nouvelles concessions ayant été faites a Abd-ol-Kador,ce chef ne connut plus de bornes à sou ambition ; la guerre recommença ; mie im-nrudcmcdu brave général Trézelvalm,dil-on, alors a nos (rotiposla défaite de Sa Maolr.

I e général Clauzel, élevé à la dignité de maréchal de Erance, fut onvové pour toutréparer: rnellW, une première expédition dirigée par lui contre Mascara, et à la-quelle prit part le due d'Orléans , eut un entier succès, feu de temps après, le généralBugeaiid, cnvnyécnmme eonummdanl des troupes a Orau, remporta, près de ta Sick-kak , une victoire plus décisive sur Abd-ol-Kmlcr.

U.epêiidanl le bey de Gonslantine, Aelmiet-Rey sut sc maintenir dans sa province nous occupions la ville, de llone; des griefs accumulés décidèrent enlin le gou-vernement.à une tentative contre sa capitule, tentative que des préparatifs trop lentset la mauvaise saison tirent échouer. Gel insuccès releva les. espéra nées d'Ahd-c!hader; le général Bugeaiid envoyé une seconde fois eonlre lui, couelul le traité de laTalïna, que nous tt'ons exposé ailleurs. Une nouvelle expédition contre Goiistanlinc,conduite comme un sait, par le général Dammuonl, a été [dus heureuse ([lie la pre-mière, et la prnxinee iT Vrlmirt-Rey n mimait aujourd'hui notre autorité.