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REGION »>l NOIVO-OüEST,
DÉPARTEMENTS.
ASPECT PHYSIOLOGIQUE
nu PAYS.
PRODUCTIONS AGRICOLES
CHEFS-LIEUX.
CHEFS-LIEUX
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Le département de la Loire - Infé-rieure présente en général une surfaceunie, si ce n’est vers le nord où s’é-lèvent plusieurs suites de collines. Sescotes sont busses, exposées aux ensa-blements. On y remarque quelques(lunes; la vigne y réussit assez bien,
A mesure que l'on s’avance dans l'in-térieur, le pays devient aussi variéipie le permet sa nature plate. Lescoteaux de la rive gauche de la Loire soûl plantés de vignes. Ce lieau Ueuve,qui traverse tout le département, est,depuis sou embouchure jusqu'au des-sin de Nantes , animé par le commercele plus actif ; ses rives sont riches etbien cultivées. Le plus souvent ses bordsles plus procives consistent en prairiesexcellentes; celles des îles innombra-bles qu’il forme jusqu’à Baiuibœuf,sont meilleures encore. Plus loin réus-sissent les cultures de froment, deseigle, de millet, qui occupent uu tiersde la superficie départementale. Ellesse mêlent ici aux furèls; là à un assezgrand nombre de terres vagues ou ma-récageuses. Presque partout de beauxbestiaux, des fermes bien tenues, an-noncent une richesse territoriale peucommune. Le pêcheur, le marin, ou lepaludier des côtes (fabricant de sel)vivent facilement de leur industrie. Lepaysan,hospitalier, bon, travailleur, demoeurs très-simples, mais opiniâtre etpeu instruit, est plus heureux (pie dans| la plupart des départements.
Des bestiaux, des céréales, un assez grandnombre de vignes et de forêts ; des marais sa-lants, qui occupent une très-longue étenduede terrain, quelques grandes tourbières,beaucoup d’arbres à fruit pour le cidre, desplantations de betteraves, des mines de ferqui alimentent une vingtaine d’étahlisscmeutsmétallurgiques; de bonnes houilles, de bellescarrières de granit, forment la principale ri-chesse territoriale du département de la Loire-Infér. Son commerce l’emporte de beaucoupsur son industrie manufacturière. Dans celle-cinous citerons les produits des forges, des fa-briques de câbles, de sucre indigène, d’étof-fes de fil et de laine, des ateliers de cons-truction pour les bateaux à vapeur, des tan-neries , corroicries, coutelleries, etc.
Quant au commerce, Nantes est encorel’uu des premiers ports de France . Il y en-tre mi sort, année commune, 8,000 vais-seaux de long cours ou caboteurs. Cetteville importe surtout des denrées coloniales,des marchandises des Indes et de la Chine .Elle commerce même avec l’Espagne par Bil-bao ; elle exporte surtout des vins et des eaux-de-vie, des sels, des fers et des ouvrages ma-nufacturés. Les gros navires s’arrêtent àPaimbienf.
I.a pèche delà sardine occupe en tout prèsde 700 barques appartenant aux côtes du dé-partement. Cette pèche a lieu à la lin demai ; celle du hareng lui succède. Nantes armeaussi depuis peu pour la pèche de la baleine.Les paludiers qui exploitent les marais salants,sont près de 7,000 dans le département.Nantes commerce d’ailleurs avec tout l’in-térieur. Ses bateaux à vapeur remontent jus-qu'à Orléans .
Nantes, . à 15 lieues de ht mer,dans une position admirable sur laLoire , cpù y forme plusieurs îles,répond par sa beauté intérieure à saréputation commerciale. Une ligne de({nais superbes, animés par un mou-vement toujours nouveau et bordésde constructions régulières et remar-quables ; plusieurs quartiers dignesd’une capitale, comme ceux, de l’ileFeydeau, de la place du Graslin,d’une partie du faubourg de la Fosse ;des monuments en accord avec cesquartiers, des établissements remar-quables de toute espèce, assureut àce chef-lieu la prééminence sur tou-tes les villes du Nord-Ouest. U ne lecède à aucune du royaume pour l’as-pect général.
Évêché. Quartier général de la12' division mil* Monnaie.
90,000 habitants*
L’intérieur de Nantes , ou la ville pro-prement dite, est beaucoup moins beauque les faubourgs et les alentours des(juais. Parmi ses édifices publics, nousciterons le théâtre, l’hôtel de préfec-ture, la bourse, l’ancienne cathédralegothique, 1 hôtel do ville', la halle aublé, les htUiinents de l’école de navi-gation. Puis le magnifique établisse-ment duSanilat, le cabinet d’histoirenaturelle, qui n’a de rival dans lesdépartements que celui de Strasbourg .
CHATEAU TRIANT,.
Sur la gauche du Cher,a 4,(K)0 habitants. C'estune \ille peu importante.Jri s’y tient un mmclié auxbestiaux fréquente. N. E..
SAYENÀY y
Petile ville de 2 à 3*000-Ames, n’a de même rien deremarquable. Elle s’étendsur uu coteau à une certainedistance de la Loire , dontelle aperçoit au loin l’um-bouehiire. N. O.
PÀIMBOEUF,
Située plus lias vers relieembouchure, et sur la rivegauche,est renommé commeport de commerce. On re-marque son ntôle magni-fique. Les plus grands vais-seaux entrent dams son port.On y compte 4,000 habi-tants, et plusieurs bellesconstructions particulières.O.
À 0 lieues au-dessus deNantes , sur la droite de laLoire , a le meme nombred’Jiabilants que Paimhiruf.C’est une ville bien situéeparmi des coleaux vigno-bles, el passablement com-mercante. Son port sertd'entrepôt à lu navigationsupérieure de la Loire . Unchâteau assez remarquablele domine. E.
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Le département des Uôles-iIu-Nordprésente sur lu Mnnrhc une étenduede côtes d'environ eeut lieues; cescôtes sont presque toujours découpée*par (les dentelures plus ou moins pro-fondes. Elles sont avoisinées par devastes plaines d’une fertilité remar-quable. Puis les sables succèdent à cesplaines, et le pays se hérisse de montsI arides, rocailleux et semés de passesJ difficiles. La contrée est des plus va-\ riées ; ici, des broussailles ; là , de fortI beaux patinages, des forêts remarqua-bles de chênes et de bouleaux ; ou degrandes cultures de chanvre et de lin.Partout des habitations basses, malsai-nes, cachées dans des fossés et entou-rées souvent des sitesles plus agréables.Sur les côtes une population de har-dis pêcheurs; dans l’intérieur plutôtdes hameaux que des villages, plutôtdes bourgs que des villes.
Le département produit à peu près ce qu’illui faut en grains et en cidre. Il cultive eugrand le chanvre et le lin ; ses pâturages sontexcellents; ses chevaux sont beaux cl uoin-breux; on estime le miel et la eue de ses
ruches.
Saint - Brieuc , Dinan , Lnnuiou armentpour la pèche de la morue; les deux der-nières places font un cahotage important.Le département a d’ailleurs quelques minesde fer, de bonnes carrières de granit et d’ar-doises, un bel établissement d’eau minéraleà Dinan , et quelques marais salants.
Lu fabrique de fil et îles toiles est au pre-mier rang'parmi les industries; vient ensuitela préparation des cuirs et des peaux. Guin-gamp est renommé pour les tissus qui portentson nom. Il y a aussi dans le départementquelques établissements métallurgiques , despapeteries, des fabriques de poterie et defaïence, etc.
Saint-Brieuc , sur le Gouet ,est une assez jolie ville, com-merçante et manufacturière. Lesmontagnes qui l’entourent luidérobent la vue de l’Océan.
Évêché. 10,000 habitants.
Elle a néanmoins un petitport fréquenté, au village I.égué-Saint - Brieuc.
La bibliothèque de la ville estconsidérable par rapport à sagrandeur.
S'élève «air une monta-gne près de la rive gauchede U Rance. Son port, for-mé par celte rivière, coin-mimique à la inurée hauteavec celui de Saint-Malo ;8,000 habitants. E.
LANNrON,
Sur le petit bras dk merdu Léguer, compte ;» à0,000 hululants. C’est unebonne petite ville de com-merce. N. O,
Sur le Trieux, entouréde fort jolies promenades,est célèbre par ses tissu*légers. 7,000 habitants* C>»
Centre d’une fabriquéconsidérable de totlex, ratsitué près d'une vaste fo-rêt. 7,000 luihilautx. S.
REGION RI' NORD-OUEST.
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LIEUX REMARQUABLES.
HOMMES UTILESet cÉi.Ènnns. i
SOUVENIRS HISTORIQUES.
L'arrondissement de Nantes ne manque pasde lieux remarquables. C’est d’abord lu petiteville de ClUson, au confinent de la Sèvre etde la Maine, ancien chef-lieu des seigneursde Clisson, et où l’on voit aujourd’hui labelle villa Lenios et Valentin; puis le bourgde Palet, pairie d’Abailard , et celui deSaint-Fiacre, avec ses environs ravissants;Marcbecoul, petile cité de 3 à 4,000 habi-tants , sur le Tencé. Enfin rétablissement émi-nemment remarquable d'Indret, dans l’ile dumême nom, qui renferme, outre les chantiersde construction, la fonderie royale de canons,les utelier* de construction des machines àvapeur.
II faut aussi citer les marais de /' F.rlire,le lac de Grand-lieu, qui, suivant unetradition, occupe l’emplacement d’une an-cienne grande ville nommée llerbaddla,a près de 7,000 hectares d’étendue, reçoitplusieurs rivières et se décharge dans là I.oirepar le canal.
Hans l'arrondissement de Cbàleaubriant,nous lie remarquerons guère que le bourg dela MeiUcraye, célèbre par une anrienne ab-baye de trappistes; le bourg de Lion , fameuxdans les guerres de la.'Vendée ; l’arr. de Saee-nay est plus riche. Nous y trouvons ; Gué-rande, près des marais salants, très-ancicnnc-menl port de mer, plus tard évêché et forte-resse des pins importantes; Main, bourg de4,000 habitants, et qui n’a rien de remar-quable; le Croisic, petite ville de 2 à 3,000habitants, qui s’adonnent à la pèche, au ca-botage ; son phare est remarquable.
Dans l'arrondissement de l’aimbieuf, il fau-drait citer Pornic , bourg sur l’Océan, ayantun petit port ; Bourgneuf, petite ville mari-time de 2 à 3,000 habitants.
l’armi les Bretons célèbres de la Loire- Inférieure , nous citerons surtout le fa-meux professeur Abailard , le malheureuxamant d’Héloïse , né uu pittoresque vil-lage de Palet, non loiu dé Clisson ; lemaréchal Gilles de Retz , dont les crimesont donné naissance aux histoires deBarbe-Bleue, et qui fut un guerrier dis-tingué ; le connétable Olivier de Clisson ,si fameux à la fin du 12” siècle; Lanoue,l’un des capitaines les plus renommés deCharles VIII ; Cassart, que IIugay-Trouinse préférait à lni-mème comme hommede mer, au 17" siècle; le savant béné dictin Dom Hlathnrin VeyssUre de laCroze ; le poète René le Pays; le poèteDesforges, au i8" siècle; l'astronome etmathématicien Rongaer; Charette, le plushabile des chefs vendéens; llandodine,républicain qui mérita le surnom de Ré-gulas nantais; le général de la garde im-périale Cnmbronne, auquel on attribue le,mot : •< La garde meurt, mais ne se rendpas»; Fouché, ministre do la police sousl’empereur; Crucy, auquel Nantes doitplusieurs belles constructions; le vicomtede Valsk, célèbre de nos jours par sespublications religieuses; Dubois, de laLoire-Inférieure , l’im des hommes politi-ques du jour les plus estimés de tous lespartis ; M. de St-Aignun , administrateurremarquable; Guepin, historien de Nan tes .
Le pays de Nantes compte aussi quel-ques femmes illustres, comme la reineAnne île Bretagne, et plusieurs poètesde nos jours, madame Dufresnoy, l’in-fortunée Éliza Mercceur, et la princessede Saint . '
Les Kamnètes, compris parmi les peuples de l'ancienne Armorique, habitaientautrefois la majeure partie, du territoire du département, et furent rangés commeces peuples sous le sceptre des premiers ducs et rois de Bretagne . A la mort duroi Salomon, 874, Nantes , qui existait depuis très-longtemps comme capitule desNamnètes, Nantes entrepôt des métaux que les Romains tiraient de l’Armoriqueet de la Bretagne , et déjà célèbre au 6’’ siècle par son -évêché établi vers 250, etpar sa résistance aux Huns, qui l'attaquèrent avec fureur, devint le chef-lieu ducomté qui porta son nom. Les Normands pillèrent plusieurs fois scs environs,et pénétrèrent même dans son cuccinte. Le comté fut réuni au duché deBretagne par Gonan 1Y , en 1158 , et suivit les destinées ultérieures de la province.
Ce fut dans les murs de Nantes que par le mariage d’Anne de Bretagne et deLouis XII , la réunion de la Bretagne à la France reçut sa presque consomma-tion. Celte ville se faisait alors déjà remarquer par son llorissant commerce ; elleavait glorieusement traversé les guerres des Anglais , et assiégée par eux loin' avaitrésisté jusqu’à l’arrivée de Clisson qui la délivra. Les troupes de Charles VIII l’avaient vainement attaquée quelques années avant le mariage de Louis XII ; elleprit une part glorieuse aux voyages et aux entreprises maritimes lointaines de la(in du 15 e siècle et du seizième.
U lui était réservé une illustration plus triste, et son nom devait rester at-taché aux calamités les plus cruelles attirées sur les peuples par l’aveuglementpolitique et religieux. L’édit de Nantes , signé par Henri IV , en 15t)8, dans levieux château des ducs de Bretagne, assurait aux protestants le libre exercice deleur culte; la révocation de cet édit, en 1GS5, par Louis XIV , fut plus désastreusepour la France que scs guerres et ses prodigalités, ruina l’industrie et le commercede cent villes et de plusieurs provinces.
A un siècle de cette révocation, un autre fanatisme choisit Nantes pour lethéâtre favori de ses crimes absurdes : tout le monde a entendu raconter les ter-ribles inventions de Carrier et de ses complices. La prospérité s’enfuit en quel-ques jours de la ville soumise à cet homme. Nantes n’a jamais bien retrouvésa splendeur d’avant la révolution. Cependant ses habitants, en 95, résistèrent àl’attaque fougueuse de 90,000 Vendéens, lin 1830, elle fit, avant d’avoir reçuaucune nouvelle de Paris , sa protestation contre les ordonnances de juillet.
l’aimbieuf, aujourd’hui si commercant, n’était encore au commencement dudernier siècle qu’un pauvre hameau peuplé de pêcheurs.
La jolie petite ville de l.arnhaJ!i' , peupléede 4,000 habitants; Qtiinliu, bourg qui fa-brique des toiles fines renommées, et prèsduquel on voit sur une colline deux de cespierres druidiques si communes dans le pays;Paimpol , port sûr et commode, dont lesmarins sont estimés, et qui renferme 2,000âmes, sont les seules places remarquablesde l'arrondissement de Saiiit-Brieuc.
Celui de Guingamp nous offre la petiteville de Poutrieur, joli poil sur le Trieux,et 1,500 habitants.
Ilaus relui de Lannion,nous remarquonssurtout Tréguicr ; c’est une petite ville com-merçante dont le port, formé par les ri-vières de Guindy et du Jaudy, se trouve en-é-ore à deux lieues de la Manche ; sa cathé-drale gothique passe pour jolie et curieuse.
dlzel, dans l'arrondissement de Loudeac ,®*t lm tir* marcliés principaux de la Bretagnel’»ur les ii ssus de liu.
Le maréchal (le licaumanoir, quicommandait au combat des Trente;ïoesJieloi, surnommé l’avocat despauvres ; Donann, jurisconsulte, amide Cujas ; Toussaint de Sainl-l.ru ,historien des Bretons célèbres; levertueux Lagassaye; Dttelos , histo-rien de Louis XL, et secrétaire del’Académie française ; de Lahourdon-uave , illustre administrateur de nospossessions des Indes , et marin dis-tingué qui, dit M. Iluot, après avoirrelevé l’éclat de nos armes dans cepays, n’ohliiil pour toute récompensequ’un cachot à la Bastille; lUicaultdelà f'ictiiil/e, fondateur de l’ancieninstitut de la Providence à Paris ;l'archevêque actuel de cette ville, levertueux Hyacinthe de Qitclen.
Ancien territoire des Curiosolites et des Ambiliatcs, dont la capitaleparait avoir occupé remplacement de Lamballe , le département desCôtes-du-Nord compte beaucoup moins d’antiquités que le reste de laBretagne , et peu de souvenirs importants. Il lut néanmoins un llieàtreanimé des guerres entre les Anglais et les Bretons, puis des guerres dela Ligue , et enfin des luttes vendéennes. Plusieurs circonstances notablesprouvent que les flots de la mer ont, à une époque encore peu reculée,couvert une grande partie de son territoire.
Dugucsclin soutint à Dinan un combat singulier contre un fameux chefanglais nommé lxantorbéry ; cette ville et Saint-Brieuc furent prises parlui et Clisson. Lanoue Bras-de-fer fut tué au siège de Lamballe .
Saint-Brieuc parait devoir la naissance à un monastère fonde par saint Brieuc . Cette ville n’eut jamais une grande célébrité historique.
L’origine de Dinan est. incertaine. Henri IV , en 1585 , le livra commeplace de sûreté au duc de Mercoeur; le maréchal de Brissac le repriten 1598. Cette ville paraît être l’ancienne Dianlitir de Ptolemée ; son chà-leau féodal, l’un (ha plus remarquables de France par la force de sesmurailles, sert il de résidence aux duos de Bretagne .